Lact^ Divin. /««/., lib. YI, cap. u
vaine ostentation de grandeur, cela n'est pas bienséant à des chrétiens : Si autern p^ropter inanem fastum elationis pom^ pamque superftuam, vel etiam noxiam vanitatiSy non decet *.
La raison, en un mot, mes frères, c'est que c'est une règle certaine eî admirable de la modération chrétienne, de ramener toujours les choses à leur première institution, en coupant et retranchant de toutes parts ce que la vanité y ajoute ; la raison, c'est que le christianisme va chercher ce qu'il y a de plus solide dans les choses, et le démêle de ce qui ne l'est pas. Deux choses à distinguer dans les digni-» tés : la pompe et le pouvoir de faire du bien. Ce dernier seul solide, seul bien véritable, parce que, selon le même saint Augustin au même lieu, le vrai bien c'est celui qui nous rend meilleurs. Or, faire du bien aux autres nous rend meilleurs ; non la pompe, qui au contraire nous rend pires par la vanité ; et c'est la véritable institution de la grandeur. Car étant tous formés d'une même boue, Dieu ne permettrait pas une si grande différence parmi les hommes, si ce n'était pour le bien des choses humaines. Si nous remontons jusqu'à l'origine, nous verrons que la grandeur n'est établie que pour faire du bien aux autres; elle est élevée comme les nues pour verser ses eaux sur la terre ; ou bien comme les astres pour répandre bien loin ses influences. C'est pourquoi Jésus-Christ, dans notre Évangile, refuse la royauté qu'on lui présente, parce que cette royauté n'était pas utile à son peuple. Un jour il acceptera le titre de roi, et vous le verrez écrit au haut de sa croix, parce que c'est là qu'il sauve le monde; et il ne veut point de titre d'honneur qui ne soit conjoint nécessairement avec l'utilité publiquô.
Apprenez de là, chrétiens, de quelle sorte il vous est permis d'aspirer aux honneurs du monde; si c'est pour vous repaître d'une vaine pompe, rougissez en vous-mêiaes de