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DES PAUVRES DANS L'ÉaLTSE 379
le besoin ; quel est le fardeau des riches? c'est l'abondance* « Le l'ardeau des pauvres, dit saint Augustin, c'est de n'avoir pas ce qu'il faut ; et h fardeau des riches, c'est d'avoir plus qu'il ne faut. » Onus paupertatis non habere, divitiarum onus plus quam opiis est habere i. Quoi donci est-ce un fardeau incommode que d'avoir trop de biens? Ahl que j'entends de mondains qui désirent un tel fardeau dans le secret de leurs cœurs ! Mais qu'ils arrêtent ces désirs inconsidérés. Si les injustes préjugés du siècle les empêchent de concevoir en ce monde combien l'abondance pèse, quand ils viendront en ce pays, où il nuira d'être trop riches, quand ils comparaîtront à ce tribunal, où il faudra rendre compte non-seulement des talents dispensés, mais encore des talents enfouis, et répondre à ce Juge inexorable non-seulement de la dépense, mais encore de l'épargne et du ménage ; alors, messieurs, ils reconnaîtront que les richesses sont un grand poids, et ils se repentiront vainement de ne g'en être pas déchargés.
Mais n'attendons pas cette heure fatale, et pendant que le temps le permet, pratiquons ce conseil de saint Paul : Alter alterius onera portate. « Portez vos fardeaux les uns les autres. » Riches, portez le fardeau du pauvre, soulagez sa nécessité, aidez-le à soutenir les afflictions sous le poids desquelles il gémit; mais sachez qu'en le déchargeant vous travaillez à votre décharge; lorsque vous lui donnez, vous diminuez son fardeau , et il dim.inue le vôtre ; vous portez le besoin qui le presse ; il porte l'abondance qui voua surcharge. Communiquez entre vous mutuellement vos fardeaux, « afin que les charges deviennent égales : » Ut fiai œquaUtas, dit saint Paul *. Car quelle injustice, mes frères, que les pauvres portent tout le fardeau, et que tout le poids des misères aille fondre sur leurs épaules! S'ils s'en plni-