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u. li Cor., na. «4.
gnent et s'ils en murmurent contre la Providence divine, Seigneur, permettez-moi de le dire, c'est avec quelque couleur de justice : car étant tous pétris d'une môme masse, et ne pouvant pas y avoir grande différence entre de la boue et de la boue, pourquoi verrons-nous d'un côté la jcie, la faveur, i'affluence, et de l'autre, la tristesse, et le dés^ espoir, et l'extrême nécessité ; et encore le mépris et la servitude? Pourquoi cet homme si fortuné vivrait-il dans une telle abondance, et pourrait-il contenter jusqu'aux désirs les plus inutiles d'une curiosité étudiée; pendant que ce misérable, homme toutefois aussi bien que lui, ne pourra soutenir sa pauvre famille, ni soulager la faim qui le presse? Dans cette étrange inégalité, pourrait-on justifier la Providence de mal ménager les trésors que Dieu met entre des égaux, si, par un autre moyen, elle n'avait pourvu au besoin des pauvres, et remis quelque égalité entre les hommes? C'est pour cela, chrétiens, qu'il a établi son Église, où il. reçoit les riches, mais h condition de servir les pauvres; où il ordonne que l'abondance supplée au défaut, et donne des assignations aux nécessiteux sur le superflu des opulents. Entrez, mes frères, dans cette pensée : si vous ne portez le fardeau des pauvres, le vôtre vous accablera; le poids de vos richesses mal dispensées vous fera tomber dans l'abîme : au lieu que, si vous partagez avec les pauvres le poids do leur pauvreté, en prenarrtpart à leur misère, voua mériterez tout ensemble de participer à leurs privilèges.
TROISIÈME POINT
Sans cette participation des privilèges des pauvres, il n'y a aucun salut pour les riches ; et il me sera aisé de vous en convaincre, en insistant toujours aux mômes principes. Cai s'il est vrai, comme je l'ai dit, que l'Église est la ville des pauvre», s'ils y tiennent les premiers rangs, si c'est pour
DES PAUVRES DANS L'ÉGLISE 38i
eux principalement que cette cité bienheureuse a été bâtie, il est bien aisé de conclure que les privilèges leur appartiennent. Dans tous les royaumes, dans tous les empires, il y a des privilégiés, c'est-à-dire des personnes éminentea qui ont des droits extraordinaires : et la source de ces privilèges, c'est qu'ils touchent de plus près, ou par leur nais. aance ou par leurs emplois, à la personne du prince. Gela ggtdela majesté, de l'état et de la grandeur du souver^iin, ^ue l'éclat qui rejaillit de sa couronne se répande en quelque sorte sur ceux qui l'approchent. Puisque nous apprenons par les saintes Lettres que l'Église est un royaume si bien ordonné, ne doutez pas, mes frères, qu'elle n'ait.aussi ses privilégiés. Et d'où se prendront ces privilèges, sinon de la société avec son prince, c'est-à-dire avec Jésus-Christ? Que s'il faut être uni avec le Sauveur, chrétiens, ne cherchons pas dans les riches les privilèges de la sainte Église. La couronne de notre monarque est une couronne d'épines : l'éclat qui en rejaillit, ce sont les afflictions et les souffrances. C'est dans les pauvres, c'est dans ceux qui souffrent, que réside la majesté de ce royaume spirituel. Jésus étant lui-même pauvre et indigent, il était de la bienséance qu'il liât société avec ses semblables, et qu'il répandît ses faveurs sur ses compagnons de fortune.
Qu'on ne méprise plus la pauvreté, et qu*on ne la traitft plus de roturière. Il est vrai qu'elle était de la lie du peuple ; mais le roi de gloire l'ayant épousée, il l'a ennoblie par cette alliance, et ensuite il accorde aux pauvres tous les privilèges de son empire. Il promet le royaume aux pauvres, la consolation à ceux qui pleuront, la nourriture à ceux qui ont faim, la joie éternelle à ceux qui souffrent. Si tous les droits, si toutes les grâces, si tous les privilèges de l'Évangile sont aux pauvres de Jésus-Christ, ô riches ! que vous reste-t-il, et quelle part aurez-vous dans son royaume»? Il
1. Le moyec de communiquer, c'est de s'associer avec eux par la compassion.
BBt SERMON SUR L'ÉMINENTE DIGNITÉ
ne parle de vous dans son Évangile que pour foudroyer votre orgueil : Vœ vobis, divitibus^l «Malheur à vous, riches! » Qui ne treixiblerait à cette sentence? Qui ae serait gaisi de frayeur? Contre cette terrible malédiction, voici votre unique espérance. Il est vrai, ces privilèges sont donnés aux pauvres; mais vous pouvez les obtenir d'eux, et les recevoir de leurs mains : c'est là que le Saint-Esprit vous renvoie pour obtenir les grâces du ciel. Voulez-vous que vos iniquités vous soient pardonnées? «Rachetez-les, dit-il, par aumône: » Peccata tua eleemosynis redime^. Demandezvous à Dieu sa miséricorde? cherchez-la dans les mains des pauvres, en l'exerçant envers eux ; Beati miséricordes • : a Heureux ceux qui sont miséricordieux, » Enfin, voulezvous rentrer au royaume ? Les portes, dit Jésus-Christ, vous seront ouvertes, pourvu que les pauvres vous introduisent : « Faites-vous, dit-il, des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels *. » Ainsi la grâce, la miséricorde, la rémission des péchés, le royaume même est entre leurs mains; et les riches n'y peuvent entrer, si les pauvres ne les y reçoivent.
Donc, ô pauvres ! que vous êtes riches I mais, ô riches ! que vous êtes pauvres ! Si vous vous tenez à vos propres biens, vous serez privés pour jamais des biens du Nouveau Testament ; et il ne vous restera pour votre partage que ce Vœ
acheter leurs prsriléges eu les assistant, expier la contagion qu'on contracte piî les richesses. Saint Paulin rapporte des grands du siècle, qui accompagnèrent à Noie saiate .Mélanie, qu'ils croyaient s-e purifier de la contagion de leurs ri« chesses, s'ils étaient assez heure'ix pour recueillir avec leuiS vêlements pré' ieuj qu'ils éLendaient sous ses pieds, quelque orilura de ses traces ou de ses habita très-pauvres : « Vestimenta sna velleribus, auro, arte pretiosa, pedibiis ejus subaternere, pannisque conterere gestiebant; expiari se a divitiarum contagio ju.lieantes, si quam de vilià,sirao ejus habita mi vesligio sordem colligere mero- Teniur. » Epist. xxxix, ad Sever.