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éblouit les yeux par sa richesse, il étonne rimagination par sa hauteur, il étourdit tous les sens par le bruit de sa symphonie, et par celui des acclamatioQS qu'on fait autour d'elle; et ainsi l'idole de ce prince, plus privilégiée que lui-môme, reçoit des adorations que sa personne n'ose demander. Homme de vanité et d'ostentation, voilà ta figure : c'est en vain que tu te repais des honneurs qui semblent te suivre ; ce n'est pas toi qu'on admire, ce n'est pas toi qu'on regarde, c'est est éclat étranger qui fascine les yeux du monde ; et on adore non point ta personne, mais l'idole de ta fortune, qui paraît dans ce superbe appareil par lequel tu éblouis le vulgaire.
« Jusques à quand, ô enfants des hommes! jusques à quand aimerez-vous îa vanité et vous plairez-vous dans le mensonge *? y L'homme n'est rien, et il ne poursuit que des riens pompeux : In imagine yertransit homo, sed et frustra contwrbatur* : « Il passe comme un songe, et il ne court aussi qu'après des fantômes. » Que s'il est vrai, ce que nous dit saint Jean Ghrysostome ^, que la vanité au dehors est la marque la plus évidente de la pauvreté au dedans, que dirons-nous, chrétiens, et que pensera la postérité du siècle où nous sommes ? Car quel siècle a-t-on vu où la vanité ait été plus désordonnée? Quand est-ce qu'on a étalé plus de titres, plus de couronnes, plus de balustres, plus de vaines magnificences? Quelle condition n'a pas oublié ses bornes? Qui n'a pu avoir la grandeur a voulu néanmoins la contrefaire. On ne peut plus faire de discernement; et, par un juste retour, cette fausse image de grandeur s'est tellement étendue, qu'elle s'est enfin ravilie.
Mais encore si les vanités n'étaient simplement que vanitéSi elles ne nous contraindraient pas, chrétiens, de faiz-e
i. Ps. IT, 3.