‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 162 sur 223 · Matlh., VI, à · texte numérisé non relu

Matlh., VI, à

*. In Matth., homil. Lxxt.

même une partio de sa beauté naturelle : et le peu qu'elle en découvre avec retenue est tellement éloigné de tout artifice, qu'on voit bien qu'elle n'a pas dessein d'être regardée ; mais plutôt d'inviter les hommes par sa modestie à glorifier le Père céleste : Ut videant opéra vestra bona, et glorifimnt Tatr&mvfistrum qui in cœlis esi*.

Voilà l'idée véritable de la vertu chrétienne : y a-t-il rien de plus sage et de plus modeste? C'est' ainsi qu'elle était faite, lorsqu'elle sortait toute récente d'entre les mains des apôtres, formée sur les exemples de Jésus-Christ même. Alors la piété était véritable parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris à s'accommoder au monde, ni à servir au négoce des ténèbres : simple et innocente qu'elle était, elle ne regardait que le ciel, auquel elle prouvait sa fidélité par l'humilité et la patience. La vaine gloire, dit saint Chrysostome^, vient gâter cette bonne éducation ; elle entreprend de corrompre la pudeur de la vertu. Au lieu qu'elle n'était faite que pour Dieu, elle la pousse à rechercher les yeux des hommes. Ainsi cette vierge si sage et si retirée est sollicitée pat cette impudente à des amours déshonnêtes : Sic a lena corruptissima ad turpes hominum amores impellitur. Fuyons, messieurs, ces excès; et puisque tout le bien vient dé Dieu, apprenons à lui rendre aussi toute la gloire. Car, comme dit excellemment le grand saint Fulgence, encore que ce soit un orgueil blâmable que de mépriser ce que Dieu commande, c'est une audace bien plus 'criminelle de s'attribuer à soi-même ce que Dieu donne : » DeteatahiliÉ est coi'dis humani superbia, quia fecit homo quod Deus in hûminibus damnât; sed illa detestabilior, qua sibi tribuithomo gmd Deus hominibus dmat*. Et si par le premier de ces atteù*'

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