‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 178 sur 223 · I. Ibid., XX, tt. tt · texte numérisé non relu

I. Ibid., XX, tt. tt

rement que l'esprit qui purge les péchés des hommes doit être communiqué oux fidèles par le ministère des saints apôtres; et c'est ce que nous appelons sacrement, quand un ministère visible opère intérieurement le salut des âmes.

Mais pour mieux comprendre ces trois qualités et la connexion qu'elles ont entre elles, concevez premièrement trois désordres que le péché produit dans les hommes. Le premier de tous les désordres, et qui esi^a source cro touo tes autres, c'est de les séparer de leur créateur, et de rompre le nœud sacré de la société bienheureuse que Dieu avait voulu lier avec nous. « Ce sont, nous dit-il, vos péchés qui ont mis la division entre vous et moi *. » Et de là naît un second malheur : c'est que l'âme étant séparée de Dieu, et ne buvant plus à cette fontaine de vie qui seule est capable de la soutenir, aussitôt ses forces défaillent, elle est accablée de langueurs mortelles; et c'est ce que ressentait le divin psalmiste, lorsqu'il criait à Dieu du fond de son cœur : « Mes forces, ô mon Dieu, m'ont abandonné ; la lumière de mes yeux n'est plus avec moi '; guérissez-moi bientôt, ô Seigneur, parce que j'ai péché contre vous '. » Mais le péché n'est pas seulement une maladie, c'est encore une profanation de nos âmes; et la raison en est évidente, car comme l'union avec Dieu les sanctifiait par une espèce de consécration, le péché au contraire les rend profanées. C'est une lèpre spirituelle, qui non-seulement qffaiblit les hommes par la maladie, mais les met au rang des choses immondes : et ce sont les trois maux que fait le péché. Il sépare premièrement l'âme d'avec Dieu, et par cette funeste séparation, de saine elle devient languis- Bante, et de sainte elle devient profanée.

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