‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 184 sur 223 · JoanD., vm · texte numérisé non relu

JoanD., vm

des larrons", mais l'autre a été condamné dans le trône même de miséricorde, à la croix ; il a reçu Madeleine et Pierre, mais il a fermé les oreilles aux prières d'Antiochus ; il a endurci Phaiaon, il a puni d'une mort soudaine le premier péché d'Ananias et de Sapphira. Ne croyez pas qu'il nous laisse pécher des siècles entiers. Il faut mettre fin a tous ces désordres ; et il n'y a que ces deux moyens d'arrêter le cours de nos crime?, ou le supplice, ou la pénitence : si nous ne l'arrêtons une fois par une pénitence fidèle, Dieu sera contraint de l'arrêter par une vengeance implacable. Tu disputes contre Dieu depuis si longtemps à qui emportera le dessus, toi à pécher, lui à pardonner; ta malice conteste contre sa bonté; enfin elle te laissera la victoire. Ah! victoire funeste et terrible, par laquelle, ayant mis à bout sa miséricorde, nous tomberons inévitablement dans les mains de sa rigoureuse justice.

Prévenons, fidèles, un si grand malheur : c'est pour cela que Dieu nous envoie cette grâce extraordinaire du saint jubilé, afin que nous rentrions en nous-mêmes. Si nous ajoutons le mépris d'une telle grâce à celui de tous ses autres bienfaits. Dieu s'irritera d'autant plus que la libéralité méprisée aura été plus considérable ; sa haine s'allumera avec plus d'aigreur, si nous rompons le sacré lien de cette réconciliation solennelle ; nos mauvaises inclinations reprendront de nouvelles forces, après qu'elles auront résisté à un remède si efficace; nos cœurs s'endurciront davantage, si cette grâce extraordinaire ne les amollit; et il vengera d'autant plus rigoureusement la sainteté de ses sacrements profanés, après qu'il aura voulu les accompagner d'une rémission si universelle.

Corrigeons donc enfin notre vie passée; recevons le remède de la pénitence dnns l'une et dans l'autre de ses qualités; qu'elle ! fface les fautes passées, qu'elle prévienne les maux à venir. Recevons-la comme un remède qui purge et comme un préservatit qui prévient La disposition pour la

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recevoir comme remède des péchés passés, c'est une véritable douleur de les avoir commis ; la disposition pour la recevoir en qualité de précaution, c'est une crainte filiale d'y retourner, et une fuite des occasions dans lesquelles nous savons par expérience que notre intégrité a déjà tant de lois fait naufrage. Renouvelons-nous si bien dans la vio présente, que nous allions jouir avec Dieu de ce grand et éternel reiiouvellement, qu'il a prédestiné à ses serviteurs pour la gloire de la grâce de Jésus-Christ son fils bienaimé, qui avec lui et le Saint-Esprit vit et règne aux sièciee iîs i-iècles. A.v^en.,

L'IMPiNITENCE FINALE'

PHÉCEÉ UEVANT LE ROI

différents rl8;r!(^.^- de la servitude des pécheurs; gvandeur de la difïi» culte qu'ils éprouvent au dernier moment pour briser les liens de leurs -er^fiicbes. Causes de la négligence des hommes dans la grandeaffaire du salut. Peinture naturelle de la vie des gens ^lu monde : dans quel état ils se trouvent à l'heure de la mort. Insensibilité que l'attachement aux plaisirs produit dans les riches à l'égard des î)auvres : énormité de ce crime; terrible abandonnement ou ee trouveront ceux qui les auront délaissés.

Mortuus est autem et dives.

Le riche mourut aussi.

Luc, xvi,

Je laisse Jésus-Christ sur le Thabor dans les splendeurs de bu giuiru, pour arrêter ma vue sur un autre objet, moins agréable, à la vérité, mais qui nous presse plus fortement à la pénitence. C'est le mauvais riche mourant, et mourant comme il a vécu, dans l'altache à ses passions, dans l'engagement au péché, dans l'obligation à la peine.

Dans e dessein que j'ai pris de faire tout l'entretien de cette semaine sur la triste aventure de ce misérable, je

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