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SUR L IMPÉNITRNCE FINALE 465
le grand saint Paulin : « Je m'emporte au delà de ce que je dois, pendant que je ne prends aucun soin de me modérer en ce que je puis : » Quod non expediebat admisi, dum non tempero quod licebat *.
Après cela, chrétiens, si Dieu ne fait un miracle , la licence des grandes fortunes n'a plus de limites : Prodiit quasi ex adipe iniquitas eorum ' : « Dans leur graisse , dit le Saint-Esprit, dans leur abondance , il se fait un fonds d'iniquité qui ne s'épuise jamais. » C'est de là que naissent ces péchés régnants, qui ne se contentent pas qu'on leï souffre ni môme qu'on les excuse , mais qui veulent encore qu'on leur applaudisse. Car il y a, dit saint Augustin ', deux espèces de péchés : les uns viennent de la disette ; les autres naissent de l'excès. Ceux qui naissent du besoin et de la misère, ce sont des péchés serviles et timides : quand un pauvre vole, il se cache; quand il est découvert, il tremble ; il n'oserait soutenir son crime , trop heureux s'il le peut couvrir et envelopper dans les ténèbres. Mais ces péchés d'abondance, ils sont superbes et audacieux , ils veulent régner, vous diriez qu'ils sentent la grandeur de leur extraction : « Ils veulent jouir, dit Tertullien , de toute la lumière du jour et de toute la conscience du ciel : » De- Ikta vestra et loco omni, et luce omni, et universa cœli conscientia fruuntur *.
Combien en avons-nous vu qui se plaisent de faire les grands par la licence du crime , qui s'imaginent s'élever bien haut au-dessus des choses humaines par le mépris de toutes les lois, à qui la pudeur môme semble indigne d'eux, parce que c'est une espèce de crainte. Ah! si je pouvais vous ouvrir ici le cœur d'un Nabuchodonosor ou d'i;i Balthasar dans l'histoire sainte, d'un Néron, d'un Domitieo