Apoe., œ
i. Joaan-, ▼, iv.
t. Ibid., xvn. H, 4 Ibid., SI, n.
Une si grande lumière nous éblouirait : desceDdone, el considérons l'unité avec la beauté dans les chœurs des anges. La lumière s'y distribue sans se diviser : elle passe d'un ordre à un autre, d'un chœur à un autre avec une parfaite correspondance, parce qu'il y a une parfaite subordination. Les anges ne dédaignent pas de se soumettre aux archanges, ni les archanges de reconnaître les puissances supérieures. C'est une armée où tout marche avec ordre ; et comme disait ce patriarche, « c'est ici le camp de Dieu *. » C'est pourquoi, dans ce combat donné dans le ciel, on nous représente « Michel et ses anges contre Satan et ses anges'.» Il y a un chef dans chaque parti ; mais ceux qui disent avec saint Michel : « Qui égale Dieu? » triomphent des orgueilleux qui disent : Qui nous égale ? et les anges victorieux demeurent unis à leur Créateur sous le chef qu'il leur a donné. 0 Jésus, qui n'êtes pas moins le chef des anges que celui des hommes, « regardez, et faites selon son modèle ; » que la sainte hiérarchie de votre Église soit formée sur celle des esprits célestes. Car, comme dit saint Grégoire *, « si la seule beauté de l'ordre fait qu'il se trouve tant d'obéissance où il n'y a point de péché, combien plus doit-il y avoir de subordination et de dépendance parmi nous, où le péché mettrait tout en confusion sans ce secours! »
Selon cet ordre admirable, toute la nature angélique n ensemble une immortelle beauté; et chaque troupe, chaque chœur des anges a sa beauté particulière, inséparable de celle du tout. Cet ordre a passé du ciel à la terre ; et je vous ai dit d'abord qu'outre la beauté de l'Église universelle, qui consiste dans l'assemblage du tout, chaque Église placée dans un si beou tout, avec une justesse parfaite, a sa grâce particulière. Jusqu'ici tout nous est commun avec les saints anges : mais saint Grégoire nous a fait
•.. Gènes., xxxii, 2.
2, Apoc, xu, 7.
I, S. Greg., Epiai., lib. V, epist lw.
remarquer que le péché n'est point parmi eux ; c'est pourquoi la paix y règne éternellement. Cette cité bienheureuse, d'où les superbes et les factieux ont été bannis, où il n'est resté que les humbles et les pacifiques, ne craint plus d'être divisée. Le péché est parmi nous: malgré notre infirmité, l'orgueil y règne, et Mrant tout à soi, il nous arme les uns contre les autres. L'Église donc, qui porte en son sein, dans ce secret principe d'orgueil qu'elle ne cesse de réformer dans ses enfants, une éternelle semence de division, n'aurait point de beauté durable, ni de véritable unité, si elle ne trouvait dans son unité des moyens de s'y affermir, quand elle est menacée de division.
Écoutez, voici le mystère de l'unité catholique, et le principe immortel de la beauté de l'Église. Elle est belle et une dans son tout ; c'est ma première partie, où nous verrons la beauté de tout le corps de l'Église : belle et une en chaque membre ; c'est ma seconde partie, où nous verrons la beauté particulière de l'Église gallicane dans ce beau tout de l'Église universelle : belle et une, d'une beauté et d'une unité durables; c'est ma dernière partie, où nous verrons dans le sein de l'unité catholique des remèdes pour prévenir les moindres eommencemeiits de division et de trouble. Que de grandeur et que de beauté ! mais que de force, que de majesté, que de vigueur dans l'Église! Car ne croyez pas que je parle d'une beauté superficielle qui trompe les yeux. La vraie beauté vient de la santé : ce qui rend l'Église forte, la rend belle ; son unité la rend belle, son unité la rend forte. Voyons donc, dans son unité, et sa beauté et sa force: heureux si, l'ayant vue belle premièrement dans son tout, et ensuite dans la partie à laquelle nous nous trouvons immédiatement attachés, nous travaillons à finir jusqu'aux moindres dissensions qui pourraient défigurer une beauté si parfaite. Ce sera le fruit de ce discours, et c'est sans doute le plus digne objet qu'on puisse proposer à un si grand auditoire.
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PREMIER POINT
J'ai, messieurs, à vous prêcher un grand mystère ; c'e«t le mystère de l'unité de l'Église. Unie au dedans par le Saint-Esprit, elle a encore un lien commun de sa communion extérieure, et doit demeurer unie par un gouvernement où l'autorité de Jésus-Christ soit représentée. Ainsi l'unité garde l'unité; et sous le sceau du gouvernement ecclésiastique l'unité de l'esprit est conservée. Quel est ce gouvernement? quelle en est la forme? Ne disons rien de nous-mêmes : ouvrons l'Évangile, l'Agneau a levé lessceaux de ce sacré livre, et la tradition de l'Église atout expliqué.
Nous trouverons dans l'Évangile que Jésus-Christ, voulant commencer le mystè.re de l'unité dans son Église, parmi tous ses disciples en choisit douze; mais que voulant consommer le mystère de l'unité dans la môme Église, parmi les douze il en choisit un. « Il appela ses disciples,» dit l'Évangile * : les voilà tous ; « et parmi eux il en choisit douze. » Voilà une première séparation et les apôtres choisis. Et voici les noms des douze apôtres : le « premier est Simon, qu'on appelle Pierre. * » Voilà dans une seconde séparation, saint Pierre mis à la tête, et appelé par cette raison du nom de Pierre, « que Jésus- Christ, dit saint Marc *, lui avait donné, » pour préparer^ comme vous verrez, l'ouvrage qu'il méditait d'élever tout r on édifice sur cette pierre.
Tout ceci n'est encore qu'un commencement du mystère de l'unité. Jésus-Christ, en le commençant, parlait encore à plusieurs : « Allez, prêchez, je vous envoie ; Ite, prœdi" mte, mitto vos * ,* mais quand il veut mettre la dernière