Is., XTin, 1, î
CHRÉTIENNES ET MORALES o2i
Il y a des gens qui commencent à vivre lorsqu'il faut cesser de vivre, ou plutôt qui ont cessé de vivre avant de commencer. Ceux-là commenceront, à la mort, une malheureuse stabilité. La Providence de Dieu a ses fins déterminées, auxquelles arriveront enfin, sans y penser, ôeux qui ne se déterminent jamais. Ce sera la fin de leur inconstance. Il faut donc se déterminer ; « il faut donc régler sa vie, et l'accomplir de manière que chaque jour nous tienne lieu de toute la vie : » Id ago ut mihi instar totius vitœ sit dies *.
Je converse avec moi-môme comme avec le plus légitime censeur de ma vie.
DB LA SOCIBTâ
La société consiste dans les services mutuels que se rendent les particuliers; c'est pourquoi elle se lie par la communication et permutation : et tout cela est né du besoin, parce qu'il n'est pas possible qu'un seul homme puisse suffire à tout. Ainsi la société demande la diversité des ouvrages; car s'il n'y en avait que d'une sorte, chacun serait suffisant à soi-même. De là vient que deux médecins ne composeront jamais une société; mais le médecin, par exemple, et le laboureur. Ils se donnent donc l'un à l'autre les choses dont ils ont besoin. Mais d'autant qu'il y en a dont l'ouvrage vaut mieux que celui des autres, afin d'obliger le meilleur adonner au moindre, il a fallu faire une mesure commune, et cela les hommes l'ont fait par l'estimation. Or, afin que cela fût plus commode, d'autant qu'il semblait extrêmement difficile d'égaler des choses de si différente nature, comme une maison et du blé, on a introduit l'usage de l'argent. Je vous donne mon blé, par