‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 218 sur 223 · I. Senec, ep tzi · texte numérisé non relu

I. Senec, ep tzi

eyomple, mais j'aurai besoin d'un logement dans quelque temps. Je fais un échange avec Paul afin de me loger; mais Paul n'a pas d« quoi m'accommoder, il substitue de Targeut en la place du logement qu-e je lui demande; et ainsi l'argent m'est comme caution que je pourrai avoir une maison quand la nécessité me pressera, sans quoi il est évident que je ne délivrerais pas mon blé que je ne visse la maison en mes mains. C'est pourquoi Aristote appelle l'argent ! Fidejiissor nummus, sponsor ^

L'argent n'est pas une chose que la nature désire pour lui-même, car les métaux par eux-mêmes n'o.it aucun usage utile au service de l'homme. Aussi, dans l'origine des choses, les richesses consistaient dans la- possession des biens dont la nature avait besoin, et dont le désir nous est naturel, tel qu'est le froment, le vin et les troupeaux : nous le voyons dans les patriarches. Que si l'argent ne nous est nécessaire que comme substitué en la place de ces choses, le désir n'en doit pas être plus grand qu'il serait de ces choses-là même. Le désir maintenant va à proportion du besoin : or les bornes du besoin sont étroites. La nature est sobre et se contente de peu; mais la cupidité est venue, qui ne s'est plus voulu contenter du nécessaire; par les degrés du commode, du plaisant, du bienséant, elle est montée au délicieux, au mou, au superflu, au somptueux. Nous nous sommes fait certaines règles d'une bienséance incommode ; d'où il est arrivé qu'un homme peut être pauvre, et néanmoins ne manquer de rien de ce que la nature désire : et cela c'est absolument ne manquer de rien; parce qu'il faut contenter la nature, non l'opinion. La pauvreté n'est plus opposée à la nécessité, mais au luxe ; et, ainsi, ce que dit Aristote se vérifie en cette rencontre, K que les hommes ne travaillent qu'à irriter îa soif de leurs cupidités 2. »

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