Itt Epist. ai Gui., cap, i, u* M
I Ait.y XI, 26.
mais Rome, qui, pour signaler le triomphe de Jésas-Ghrist, est prédestinée à être le chef delà religion et de l'Église, doit devenir par cette raison la propre Église de saint Pierre; et voilà où il faut qu'il vienne, par Jérusalem et par Antioche.
Mais pourquoi voyons-nous ici l'apôtre saint Paul? Le mystère en serait long à déduire. Souvenez-vous seulement du grand partage où l'univers fut comme divisé entre Pierre et Paul; où Pierre, chargé de tout en général par sa primauté, et par un ordre exprès chargé des gentils qu'il avait reçus en la personne de Cornélius le Centurion*, ne laisse pas, pour faciliter la prédication, de se charger du soin spécial des Juifs, comme Paul se chargea du soin spécial des gentils^. Puisqu'il fallait partager, il fallait que le premier eût les aînés; que le chef, à qui tout se devait unir, eût le peuple sur lequel le reste doit être enté, et que le vicaire da Jésus-Christ eût le partage de Jésus- Christ môme. Mais ce n'est pas encore assez ; et il faut que Rome revienne au partage de saint Pierre ; car encore que, comme chef de la gentilité, elle fût plus que toutes les autres villes comprise dans le partage de l'apôtre des gentils, comme chef de la chrétienté, il faut que Pierre y fonde l'Église. Ce n'est pas tout; il faut que la commission extraordinaire de Paul expire avec lui à Rome, et que, réunie à jamais, pour ainsi parler, à la chaire suprême de Pierre, à laquelle elle était subordonnée, elle élève l'Église romaine au comble de l'autorité et de la gloire. Disons encore : quoique ces deux frères, saint Pierre et saint Paul, nouveaux fondateurs de Rome, plus heureux comme plus unis que ses deux premiers fondateurs, doivent consacrer ensemble l'Église romaine, quelque grand que soit tûint Paul, en science, en dons spirituels, en charité, en
i. AcU, X.
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lourage, encore qu'il ait « travaillé plus qub toug les autres apôtres * », et qu'il paraisse étonné lui-même de ses grandes révélations* et de l'excès de ses lumières, il faut que la parole de Jésus-Christ prévale : Rome ne sera pas la chaire de saint Paul, mais la chaire de saint Pierre ; c'est sous ce titre qu'il sera plus assurément que jamais le chef du monde. Et qui ne sait ce qu'a chanté le grand saint Prosperil y a plus de douze cents ans' : « Rome, 'i siège de Pierre, devenue sous ce titre le chef de l'ordre pastoral dans tout l'univers, s'assujettit par la religion ce qu'elle n'a pu subjuguer par les armes? » Que volontiers nous répétons ce sacré cantique d'un Père de l'Église gallicane! c'est le cantique de la paix, où, dans la grandeur de Rome, l'unité de toute l'Église est célébrée.
Ainsi fut établie et fixée à Rome la chaire éternelle. C'est cette Église romaine qui, enseignée par saint Pierre et ses successeurs, ne connaît point d'hérésie. Les donatistes affectèrent d'y avoir un siège ^ et crurent se sauver par ce moyen du reproche qu'on leur faisait que la chaire d'unité leur manquait : mais la chaire de pestilence ne put subsister, ni avoir de succession auprès de la chaire de vérité. Les manichéens se cachèrent quelque temps dans cette Église' : les y découvrir seulement a été les en bannir pour jamais. Ainsi les hérésies ont pu y passer, mais non pas y prendre racine. Que contre la coutunie de tous leurs prédécesseurs, un ou deux souverains pontifes, ou par violence, ou par surprise, n'aient pas assez constamment soutenu ou assez pleinement expliqué la doctrine de la foi ; consultés de toute la terre, et répondant durant tant siècles à toutes sortes de questions de doctrine, de discipling,
». I Cor., XT, 10.