‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 33 sur 223 · I. 1. %t9f^, Ëpi9t„ Ub. lU, «pist Lxr, ad Méturic. ÀU · texte numérisé non relu

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ne craignez rien; Dieu uit avec oliù, et' id goutient rtj dedans : mais les princes religieux luî élèvent par leur protection ces invincibles dehors qui la font jouir, disait un grand pape», d'une douce tranquillité, à l'abri de leur autorité sacrée.

Mais parlons toujours comme il faut de l'Épouse de Jésus-Christ : l'Église se doit à elle-même et à ses services toutes les grâces qu'elle a reçues des rois de la terre. Quel ordre, quelle compagnie, quelle armée, quelque forte, quelque fidèle et quelque agissante qu'elle soit, le» a. mieux servis que l'Église a fait par sa patience? Dans ces cruelles persécutions qu'elle endure sans murmurer durant tant de siècles, en combattant pour Jésus-Christ, j'oserai le dire, elle ne combat guère moins pour l'autorité des princes qui la persécutent. Ce combat n'est pas indigna d'elle, puisque c'est encore combattre pour l'ordre de Dieu. En effet, n'est-ce pas combattre pour l'autorité légitime, que d'en souffrir tout sans murmurer? Ce n'était point par faiblesse : qui peut mourir n'est jamais faible; mais c'est que l'Église savait jusques où il lui était permis d'étendre sa, résistance. « Nondum usque ad sanguinem restitistis : Vous n'avez pas encore résisté jusques au sang, » disait l'apôtre* ; jusques au sang, c'est-à-dire jusqu'à donner le sien, et non pas jusqu'à répandre celui des autres. Quand on la veut forcer de désavouer ou de taire les vérités de l'Évangile, elle ne peut que dire avec les apôtres : « Non posmmuSj non possunpu*. Que prétendez-vous ? nous ne pouvons pas; » et en môme temps découvrir le sein où Ton veut frapper ; de sorte que le môme sang qui rend témoignage à l'Évangile, le môme sang le rend aussi à cette vérité : que nul prétexte ni nulle raison ne peut

1 ianoc. Il, epist. C; Gone» Aqois. II; Couc. Gall. 8. Hehr., xu, 4.

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