‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 40 sur 223 · s. Bern., de Consid.y lib. III, cap. iv. J. Prag. S. Lud · texte numérisé non relu

s. Bern., de Consid.y lib. III, cap. iv. J. Prag. S. Lud

SDR L'UNITÉ DE L'ÉGLISB n5

la formalité qu'il faut observer d'en ciemander la dispense. Et plût à Dieu que ces formule» conservent du moins, avec le souvenir des canons, l'espérance de les rétablir! C'est l'intention du aaint-siége, c'en est l'esprit. Il est certain. Mais s'il faut, autant qu'il se peut, tendre au renouvellement des anciens canons, combien religieusement faut-il conserver ce qui en reste, et surtout ce qui est le fondement de la discipline! Si vous voyez donc vos évoques demander humblement au pape l'inviolable conservation de ces canons et de la puissance ordinaire dans tous ses degrés, souvenez-vous qu'ils ne font que marcheur sur les pas de saint Louis et de Gharlemagne, et imiter les saints dont ils remplissent les chaires. Ce n'est pas pour nous diviser d'avec le saint-siége, à Dieu ne plaise! c'est au contraire conserver avec soin jusqu'aux moindres fibres qui tiennent les membres unis avec le chef. Ce n'est pas diminuer la plénitude de la puissance apostolique ; l'Océan môme a ses bornes dans sa plénitude, et s'il les outrepassait sans mesure aucune, sa plénitude serait, un déluge qui ravagerait tout l'univers.

Au reste, la puissance qu'il faut reconnaître dans le saint-siége est si haute et si éminente, si chère et si vénérable à tous les fidèlea, qu'il n'y a rien au-dessus que toute l'Église catholique ensemble ; encore faut-il savoir connaître les besoins extraordinaires et les extrêmes périls où il faut que tout s'assemble et se réunisse. Ces maximes sont de tous les siècles; mais dans l'un des derniers siècleb, un besoin pressant de l'Église , un grand mal , un schisme efEroyable, obligea toute l'Église à les expliquer et à les mettre en pratique d'une façon plus expresse dans le saint concile de Pise et dans le saint concile de Constance. La France fut la plus zélée à les soutenir : mais la France fut suivie de toute l'Église. Ces maximes, supposées comme indubitables du commun consentement des papes, de touf? les évoques et de tous les fidèles, rétablirent l'autorité du

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saint-siége, affaiblie par les divisions. Ces maximes mirent fin au schisme, extirpèrent les hérésies que le schisme fortitiait, et firent espérer au monde, malgré la dépravation des mœurs, la réforme universelle de la discipline dans toute la chrétienté, sans rien excepter.

Ces maximes demeureront toujours en dépôt dans l'Église catholique. Les esprits inquiets et turbulents voudront s'en servir pour brouiller; mais les humbles, les pacifiques, les vrais enfants de l'Église , s'en serviront toujours selon la règle, dans les vrais besoins et pour des biens effectifs. Les cas cù on le doit faire seront aisés à marquer, puisqu'ils sont si clairement expliqués dans les décrets du concile de Constance*; mais il vaut mieux espérer que la déplorable nécessité de réfléchir sur ces cas n'arrivera pas, et que nos jours ne seront pas assez malheureux pour avoir besoin de tels remèdes. Ah I si le nom de concile œcuménique, nom si saint et si vénérable, doit ôtre employé, que ce ne soit pas en matière contentieuse et pour faire durer de funestes divisions, mais plutôt pour réunir la chrétienté déchirée par tant de schismes, et pour travailler à l'œuvre de réfoimation, qui jamais n'est achevée durant cette vie 1 Cependant conservons ces fortes maximes de nos pères, que l'Église gallicane a trouvées dans la tradition de l'Église universelle; que les universités du royaume, et principalement celle de Paris, ont apprises des saints évoques et des saints docteurs qui ont toujours éclairé l'Église de France, sans que le saint-siége ait diminué les éloges qu'il a donnés à ces fameuses universités*. Au contraire, c'est en sortant du concile de Bâle, où ces maximes avaient été renouvelées avec l'applaudissement de tout le royaume, que Pie lî, qui le savait, puisqu'il avait autrefois prêté sa piume à ce concile, s'adressant à un évoque de Paris, dans

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