I Joan., IV
t. De fuq. in pcrsecut.
tu as été fouiller dans tes coffres pour y trouver le prit honteux de ta liberté? Sache qu'étant rachetés par le sang, étant délivrés par le sang, nous ne devons point d'argent pour nos vies, nous n'en devons point pour nos libertés, et notre sang nous doit garder celle que le sang de Jésus-Christ nous a méritée : Sanguine empti, sanguine munerati, nullum nummum pro capite debemus *. Ceux qui vivent en cet esprit, ce sont, mes sœurs, les vrais chrétiens, et ce sont les vrais successeurs de ces hommes incomparables que l'esprit de force remplit aujourd'hui : car il est temps de venir à eux, et de vous montrer dans leurs actions ces trois maximes que j'ai expliquées.
Et premièrement regardez comme ils méprisent les présents du monde : aussitôt qu'ils sont chrétiens, ils ne veulent plus être riches. Voyez ces nouveaux convertis, avec quel zèle ils vendent leurs biens, et comme ils se pressent autour des apôtres, « pour jeter tout leur argent à leurs « pieds ; » Ponebant antepedesapustolorum'^.Oh vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils font des richesses : car, comme remarque saint Jean Chrysostome*, judicieusement à son ordinaire, ils ne les mettent pas dans les mains, mais ils les apportent aux pieds des apôtres ; et en voici la véritable raison. S'ils croyaient leur faire un présent honnête, ils les leur donneraient dans leurs mains; mais, en les jetant à leurs pieds, ne semble-t-il pas qu'il? nous veulent dire que ce n'est pas tant un présent qu'ils font, qu'un fardeau inutile dont ils se déchargent? et tout ensemble n'admirez-vous pas comme ils honorent les saints apôtres? 0 apôtres de Jésus-Christ! c'est vous qui êtes les vainqueurs du monde, et voilà qu'on met à vos pieds les dépouilles du monde vaincu, ainsi qu'un trophée magnifique qu'on érige à votre %'ictoireî D'où vient à ces