I. L'ic, xil, 3Î
a. Rom., VIII, 28, ?, Idil , V, 4.
j58 SERMON
ie S'Attveur Jésus qui lui grave dans le fond du cœur ce? belles paroles ; « Ne craignez point, petit troupeau, parce qu'il a plu'^à votre Père de vous donner un royaume*, p Ainsi, à quelque extrémité qu'il soit réduit, jamais on n'entendra de sa bouche ces paroles infidèles, qu'il a perdu tout son bien; car peut-il désespérer de sa fortune, lui à qui il reste encore un royaume entier, et un royaume qui ii'est autre que celui de Dieu? quelle force le peut abattre, étant toujours soutenu par une si belle espérance?
Voilà quel il est en lui-même. Il ne sait pas moins profiter de ce qui se passe dans les autres. Tout le confond et tout l'édifie ; tout l'étonné et tout l'encourage. Tout le fait rentrer en lui-môme, autant les coups de grâce que les coups de rigueur et de justice ; autant la chwte des uns que la persévérance des autres ; autant les exemples de faiblesse que les exemples de force; autant la patience de Dieu que sa justice exemplaire. Car s'il lance son tonnerre sur les criminels, leju^e, dit saint Augustin*, vient laver ses mains dans leur sang; c'est-à-dire qu'il se purifie par la crainte d'un pareil supplice. S'ils prospèrent visiblement, et que leur bonne fortune semble faire rougir sur la terre l'espérance d'un homme de bien, il regarde le revers de la main de Dieu, et il entend avec foi comme une voie céleste qui dit aux méchants fortunés qui méprisent le juste opprimé: 0 herbe terrestre! ô herbe rampante! oses-tu bien te comparer' à l'arbre fruitier pendant la rigueur de l'hiver, Lous prétexte qu'il a perdu sa verdure et que tu conserves la tienne durant cette froide saison? Viendra le temps de l'été, viendra l'ardeur du grand jugement, qui te desséchera jusqu'à la racine, et fera germer les fruits iunuorlels des arbres que la palience aura cultivés. Telles sont les saintes pens(^es qu'inspire la foi de la Providence-