‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 57 sur 223 · SU · texte numérisé non relu

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Deux conditioûs poUr rendre notre culte agréable k Dieu. Idée qn« nous devons concevoir de sa nature. Trois notions principales pour nous porter à l'adorer. Idoles que l'homme abusé se forme des perfections divines. Quel est le seul lieu où il soit adoré en vérité. Comment on connaît pleinement son essence et s&s attributs. Trois qualités principales de l'adoration spirituelle : défauts qui is c6r<roiùpent.

Yeri adoratores adorahunt PatTem if ipiritu et verilate.

Les vrais adorateurs adoreront lé Père en esprit et en vérité.

Joann., iv^ 13.

La d1u9 noble qualité de rhomme, c'est d'ôtre l'humble sujet et le religieux adorateur de la nature divine. Nous sommes pressés de toutes parts de rendre nos hommages à ce premier être qui nous a produits par sa puissance, et nous rappelle à lui-même par l'ordre de sa sagesse et de sa bonté.

Toute la nature veut honorer Dieu, et adorer son principe autant qu'elle en est capable. La créature privée de ''aison et de sentiment n'a point de coeur pour l'aimer, ni d'intelligence pour le comprendre : « Ainsi ne pouvant connaître, tout ce qu'elle peut, dit saint Augustin, c'est de se présenter elle-même à nous pour être du moins connue, et pour BouB faire connaître son divin auteur ; ^ Quœ cum 00-

gm^cne non possit, quasi innotescere veîle videturK C*est pour cela qu'elle étale à nos yeux avec tant de magnificence son ordre , ses diverses opérations et ses infinis ornements Elle ne peut voir, elle se montre ; elle ne peut adorer elle nous y porte ; et ce Dieu qu'elle n'entend pas, elle ne nous permet pas de l'ignorer ; c'est ainsi qu'imparfaitement, et à sa manière, elle glorifie le Père céleste. Mais l'homme, animal divin, plein de raison et d'intelligence, et capable de connaître Dieu par lui-môme et par toutes les créatures, est aussi pressé par lui-même et par toutes les créatures à lui rendre ses adorations. C'est pourquoi il est mis au milieu du monde, mystérieux abrégé du monde, afin que, contemplant l'univers entier et le ramassant en soi-même, il rapporte uniquement à Dieu, et soi-même, et toutes choses; si bien qu'il n'est le contemplateur de la nature visible, qu'afin d'être l'adorateur de la nature invisible, qui a tout tiré du néant par sa souveraine puissance.

Mais, mes frères, ce n'est pas assez que nous connaissions combien nous devons de culte à cette nature suprême, si nous ne sommes instruits de quelle manière il lui plaît d'être adorée. C'est pourquoi « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est venu pour nous l'apprendre'*, » et nous en serons parfaitement informés, si nous entendons ce que c'est que cette sublime adoration en esprit et en vérité que Jésus-Christ nous prescrit.

Pour rendre à Dieu un culte agréable, il faut observer, messieurs, deux conditions nécessaires : la première, que nous connaissions ce qu'il est ; la seconde, que nous disposions nos cœurs envers lui d'une façon qui lui plaise. Il me semble que le Sauveur nous a enseigné ces deux conditions dans ces douces paroles de mon texte : « en esprit et en vérité.» Le principe de notre culte, c'est que nous ayons de Dieu des sentiments véritables, et que nous le

l. De Civ. Dei, lib. XI, cap. iXïa.

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