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croyions ce qu'il est. La suite de cette croyance, c*est que nous épurions devant lui nos intentions, et que nous nous disposions comme il le demande. La première de ces deux îhoses nous est exprimée par l'adoration en vérité, et la seconde est comprise par l'adoration en esprit. Je veux dire que l'adoration en vérité exclut les fausses impressions qui ravilissent Dieu dans nos esprits, et que l'adolation en esprit bannit les mauvaises dispositions qui l'éloignent de notre cœur. Si bien que l'adoration en vérité fait que nous voyons Dieu tel qu'il est, ei l'adoration en esprit fait que Dieu nous voit tels qu'il nous veut. Le Fils de Dieu par les. bonnes dispositions nous mène à la vérité: in spiritu, bien disposés : in veritate^ DiGu bien conçu ; il se fait connaître aux bien disposés. Ainsi toute l'essence de la religion est enfermée en ces deux paroles; et je prie mon Sauveur de me pardonner, si, pour aider votre intelligence, j'en commence l'explication parcelle qu'iUui a plu de prononcer la dernière.
PREMIER POINT
L'adoration religieuse, c'est une reconnaissance en Dieu de la plus haute souveraineté, et en nous de la plus profonde dépendance. Je dis donc, encore une fois, et je pose pour fondement que le principe de bien adorer, c'est de bien connaître. L'oraison, dit saint Thomas*, et il faut dire de même de l'adoration, dont l'oraison est une partie, est un acte de la raison; car le propre de l'acioration, c'est de mettre la créature dans son ordre, c'est-à-dire de l'assujettir à Dieu. Or, est-il qu'il appartient à la raison d'ordonner les deux choses ; donc, la raison est le principe de l'adoration, laquelle par conséquent doit être conduite par la connaissance.
Mais l'effet le plus nécessaire de la connaissance, dana
i, 1, 1, qomsi. lxxxiu. art. i*
e»*»» nrfe de religion, c'est de démêler soigneusement de l'iciéequb nous nous formonsde Dieu toutes les imaginations humaines. Car notre faible entendement, ne pouvant porter une idée si haute et si pure, attribue toujours, si Ton n'y prend garde, quelque chose du nôtre à ce premier être. Quelques-uns, plus grossiers, lui donnent une forme humaine, mais peu s'empêchent de lui attribuer une manière d'agir conforme à la nôtre. Nous le faisons penser comme nous, nous l'assujettissons à nos règles; 3t chacun se le représente à sa façon particulière. Toutes ces idées, dit saint Augustin*, que chacun se forme de Dieu en particulier au gré de son imagination et de ses sens, sont autant d'idoles spirituelles que nous érigeons dans nos cœurs; si bien que nous pouvons dire qu'une grande partie des infidèles sont semblables aux Samaritains que Jésus-Christ reprend dans notre Évangile, et desquels il est écrit, au quatrième livre des Rois, « qu'ils craignaient, à la vérité, le Seigneur; mais qu'ils ne laissaient pas toutefois de servir en même temps leurs idoles : » Timmtes quidem Bominum, sed. nihilominus et idolis suis servientes^. Ainsi, beaucoup de chrétiens qui sont bien instruits par l'Église, mais à qui leur imagination représente mal ce que l'Église leur enseigne, adorent le Dieu véritable que la foi leur fait connaître ; et néanmoins l'on peut dire qu'ils lui joignent les idoles qu'ils se sont forgées, c'est-à-dire les images grossières et matérielles qu'ils se sont eux-mêmes formées de cette première essence.
Il faut donc connaître, avant toutes choses, que Dieu est incompréhensible et impénétrable, parce qu'il est parfait : fct comme tout, nous, comme partie, ne pouvons par cons^ q\^9.j\^ le comprendre ; et c'est par là que nous apprenons h B^parer de toutes les idées communes la très-simple notion