I. Quœst. in Jcs., lib. VI, t. IV Reg , xvii
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de ce premier Être. Reddam tibi vota mea quœ distinxeruni labia rnea^: «Je vous rendrai mes vœux, dit le roi-prophète, que mes lèvres ont distingués; » c'est-à-dire, selon la pensée de saint Augustin*, qu'il faut adorer Dieu distinctement : et qu'est-ce que l'adorer distinctement, sinon de le distinguer tout à fait de la créature, et ne lui rie» attribuer du nôtre.
« Que ne peut-on dire de Dieu ? dit saint Augustin ; mais que peut-on dire de Dieu dignement? » Omnia possunt dici de Beo, et nihil digne dicitur de Deo^. Il est tout ce que nous pouvons penser de grand, et il n'est rien de ce que nous pouvons penser de plus grand ; parce que sa perfection est si éminente, que nos pensées n'y peuvent atteindre, et que nous ne pouvons pas môme dignement comprendre jusqu es à quel point il est incompréhensible.
Ainsi, pour me servir des paroles de saint Augustin, « si nous trouvons quelquefois dans les Écritures des choses qui nous paraissent peu dignes de la grandeur de cet Être incompréhensible, répondons-nous à nous-mêmes, qu'il faudrait juger ces expressions ou ces comparaisons indignes de Dieu, si l'on pouvait en trouver qui fussent dignes de lui : » Ego vero cum hoc de Beo dicitur, indignum aliquid dici arbitraver, si aliquid dignum inveniretur quod de illo diceretur'^.n Par conséquent, puisque sa puissance éternelle et sa divinité surpassent infiniment toutes les paroles qui forment le langage humain, tout ce qu'on dit de lui humainement, qui peut paraître méprisable aux hommes, doit servir à avertir l'infirmité humaine, que les choses mômes qui lui semblent dans les Écritures saintes dites de Dieu, d'une manière convenable à son excellence, sont plus proportionnées à notre capacité qu'à la sublimité de i'Êir©