I. Luc, vni
tant de captivités : viens, affligé de tes crimes, ennuyé de tes er^^îirs. détrompé de tes folles espérances, dégoûté dea biena périssables, avide de l'éternité, et affamé de la justice et du pain de vie. Expose-lui toutefois avec confiance, ô fidèle adorateur 1 expose avec confiance tes nécessités même corporelles. 11 veut bien nourrir ce corps qu'il a faitj et entretenir l'édifice qu'il a lui-même bâti ; mais cherche premièrement son royaume, attends sans inquiétude qu'il te donne le reste comme par surcroît*, et bien loin de lui demander qu'il contente tes convoitises, viens saintement résolu à lui sacrifier tout, jusqu'à tes besoins.
L'intention de notre fidèle adorateur est suffisamment épurée; il est temps qu'il vienne au temple en esprit avec le bon Siméon : Venit in spiritu in templum^', c'est-à-dire qu'il y vienne attentif et recueilli en Dieu ; ou bien, si, vous voulez l'expliquer d'une autre manière plus mystique, mais néanmoins très-solide, qu'il vienne au temple, qu'il rentre en lui-même. Montez donc au temple, ô adorateur spirituel ! mais écoutez dans quel temple il vous faut monter. Dieu est esprit, et « n'habite pas dans les temples matériels': » Dieu est esprit et c'est dans l'esprit qu'il établit sa demeure. Ainsi, ra] lelez en vous-même toutes vos pensées, et, retiré de vo- sens, montez attentif et recueilli en cette haute partie de vous-même où Dieu veut être invoqué, et qu'il veut consacrer par sa présence.
Saint Grégoire de Nazianze dit* que l'oraison est une espèce de mort, parce que premièrement elle sépare les sens des objets externes ; et ensuite, pour consommer cette mort mystique, elle sépare encore l'esprit d'avec les sens, pour le réunir à Dieu, qji est son principe. C'est sacrifier
s. Matth., VI, 8S.
s. Lac, II, 26.
a. AoL, vn, 4S.