JoaoQ., IV, S
même : » L'attention de l'esprit se fait à elle-roôme une solitude : » Gignit sibi mentis intentio S\,iUtudinQm i. Dieu aussi s'éloigne de nous quand nous ne Ivi apportons que des désirs faibles. Car, mes frères, il nou-j faut entendre eette belle doctrine de l'Apôtre, que cet esprit tout-puissant que nous adorons est le même qui excite en nous les fervents désirs par lesquels nous sommes pressés de l'adorer. Il n'est pas seulement l'objet, mais le principe de notre culte ; je veux dire qu'il nous attire au dehors, et que lui-même nous pousse au dedans. Écoutez comme parle l'apôtre saint Paul : « Dieu a envoyé en nos cœurs l'esprit de son Fils, qui crie en nous: 0 Dieu! vous êtes notre Père *; » et ailleurs : «L'esprit aide notre infirmité; » et encore : « L'esprit prie en nous avec des gémissements inexplicables'. » Cela veut dire, mes frères, que cet Esprit qui procède du Père et du Fils, et que nous adorons en unité avec le Père et le Fils, est le saint et divin auteur de nos adorations et de nos prières. Mais considérez avec attention qu'il ne nous pousse pas mollement; il veut crier et gémir, nous dit le saint Apôtre, avec des gémissements inexplicables. U faut donc que nous répondions par notre ferveur à cette sainte violence ; autrement nous ne prions pas, nous n'adorons pas en esprit. Le Saint-Esprit veut crier en nous ; ainsi nous l'affaiblissons, si nous ne lui prêtons qu'une faible voix. Cet esprit veut gémir en nous ; nous dégénérons de sa force, si nous ne lui offrons qu'un cœur languissant. Enfin, le Saint-Esprit veut nous échauffer; et nous laissons éteindre l'esprit, contre le précepte de l'Apôtre*, si nous ne répondons à son ardeur, en approchant de Dieu de notre part avec cet esprit fervent qui lait
î. s. Aug., De Quœsl. ad Simpl.. hh. V t. Cal., IV, 6.