‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 79 sur 223 · Gen., u, S · texte numérisé non relu

Gen., u, S

Dieu, qui fait tout sans peine par sa volonté, n'a pas besoin de se délasser de son travail, et vous n'ignorez pas non plus qu'en consacrant ce jour de repos, il n'a pas laissé depuis d'agir sans cesse. « Mon Père, dit le Fils de Dieu, agit sans relâche ». » Et, s'il cessait un moment de soutenir l'univers parla force de sa puissance, le soleil s'égarerait de sa route, la mer forcerait toutes ses bornes, la terre branlerait sur son axe ; en un mot, toute la nature serait en un moment replongée, je ne dis pas dans l'ancien chaos, mais dans une perte totale et dans le non-être. Quand donc il a plu à Dieu de sanctifier le septième jour, et d'y établir son repos, il a voulu nous faire comprendre qu'après la continuelle action par laquelle il développe tout l'ordre des siècles, il a désigné un dernier jour, qui est le jour immuable de l'éternité, dans lequel il se reposera avec ses élus : disons mieux, que ses élus se reposeront éternellement en lui-même. Tel est le sabbat mystérieux, tel est le « jour de repos qui est réservé au peuple de Dieu, » selon la doctrine de l'Apôtre : Itaque relinquitur salbutismus populo Iki, dit la savante ÊpUre aux Hébreux*.

Le fondement de ce repos des prédestinés, c'est que l'éternité leur est assurée. Car, mes frères, l'Éternel médite des choses éternelles ; et tout l'ordre de ses conseils, par diverses révolutions et par divers changements , se doit enfin terminer à un état immuable. C'est pourquoi, après ces jours de fatigue, après ces jours de l'ancien Adam, jours pénibles, jours laborieux, jours de gémisseaients et de pénitence, où nous devons subsister et gagner le pain de vie par nos sueurs , nous serons conduits à la « cité sainte que Dieu, dit le même apôtre, nous a préparée*,

\. Joann., ii, 2.

î. Hebr., iv, 9.

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