Pt. LXI
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dit le eaint Apôtre * ; notre consolation, c'est que nous sommes sri'™ la voie, Jésus-Christ est a la voie, la vérité et la vie ». ^ vl'est à lui qu'il faut tendre et c'est par lui qu'il faut avancer. Mais, mes frères, dit saint Augustin, « cette voie veut des hommes qui marchent : » Via ista ambulantes quœrit; c'est-à-dire, des hommes qui ne se reposent jamais, qui ne cessent jamais d'avancer; en un mot, des hommes généreux et infatigables : Via ista ambulantes quœrit. Tria sunt gênera hominum quœ odit, remanentem, rétro redeuntem, aberrantem ^ . Écoutez : « Elle ne peut souffrir trois sortes d'hommes : ceux qui s'égarent, ceux qui retournent, ceux qui s'arrêtent : » ceux qui se détournent, ceux qui s'égarent, ceux qui sortent entièrement de la voie ; ceux qui suivent leurs passions insensées, et qui se précipitent eux péchés damnablee.
Je n'entreprends pas de vous dire tous les égarements et tous les détours, mais je vous veux donner une marque pour reconnaître ia voie, la marque de l'Évangile, celle que le Sauveur nous a enseignée. Marchez-vous dans une voie large, dans une voie spacieuse; y marche-t-on bien aise, y marche-t-on avec la troupe et la multitude, avec le grand monde, etc. : ce n'est pas la voie de votre patrie. Vous n'êtes pas sur la voie, c'est la voie de perdition ; le chemin de votre patrie est un sentier étroit et serré. Le train et l'équipage embarrassent dans cette voie : je veux dire l'abondance, la commodité. Les vastes désirs du monde ne trouvent pas de quoi s'y étendre. Les épines qui l'environnent se prennent à nos habits et nous arrêtent. Tous \m j ours il nous en coûte quelque chose, tantôt un désir, tantôt un autre ; comme dans un chemin difficile le train diminue toujours, et tous les jours dans un sentier si serré, il