‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 93 sur 223 · I. 8. Ang., tract, cm, In Joann., d · texte numérisé non relu

I. 8. Ang., tract, cm, In Joann., d

PREMIER POINT

Pour comprendre solidement de quelle chute le Fils de Dieu nous a relevés, je vous prie de considérer cette pro^ position que j'avance : qu'en prenant la nature humaine, il nous rend la liberté d'approcher de Dieu, que le péché nous avait ôtée. C'est là le fondement du christianisme, qu'il est nécessaire que vous entendiez, et que je me propose aussi de vous expliquer. Pour cela, remarquez, fidèles, une suite étrange de notre ruine : c'est que depuis cette malédiction qui fut prononcée contre nous après le péché, il est demeuré dans l'esprit des hommes une certaine frayeur des choses divines, qui non-seulement ne leur permet pas d'approcher avec confiance de Dieu, de cette majesté souveraine ; mais encore qui les épouvante devant tout ce qui paraît surnaturel. Les exemples en sont communs dans le» saintes Lettres. Le peuple dans le désert appréhende d'approcher de Dieu, de peur qu'il ne meure *. Les parents de Samson disent : « Nous mourrons de mort, car nous avons vu le Seigneur *. » Jacob, après cette vision admirable, crie tout effrayé : « Que ce lieu est terrible! vraiment c'est ici la maison de Dieu ' ! » « Malheur à moi ! dit le prophète Isaïe, car j'ai vu le Sauveur des armées"*. » Tout est plein de pareils exemples. Quel est, fidèles, ce nouveau malheur qui fait trembler un si grand prophète? quel malheur d'avoir vu Dieu? et que veulent dire tous ces témoignages, et tant d'autres que nous lisons dans les Écritures? C'est qu'elles veulent nous exprimer la terreur qui saisit naturellement tous les hommes en la présence de Dieu, depuis que le péché est entré au monde.

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