I. Tit., m
%. Adv. Marcion., lib. Il, n* 27.
donner plus de confiance? Que les anciens aient été effrayés de Dieu, il y avait sujet de trembler. Isaïe l'a vu en sa gloire, et la crainte l'a saisi. Adam l'a vu en sa colère, et il a fui devant sa face. Mais pour nous, pourquoi craindrionS-nous, puisque ce n'est pas cette majesté qui étonne, ni cette justice rigoureuse, qui se présente à nous aujourd'hui; mais que la grâce, la bénignité, la douceur de Dieu notre Sauveur nous est apparue? Apparuit gratia.
Approchons donc, mes frères, par ce grand ai par cet illustre médiateur, approchons avec confiance. Et hoc vobis signum : « Voilà le signe que l'on vous donne. » Qu'on Ae m'objecte plus mes faiblesses, mon imperfection, mon néant. Tout néant que je suis, je suis homme ; et mon Dieu, qui est tout, il est homme. Je viens hardiment au nom de Jésus : je soutiens que Dieu eSt à moi par Jésus- Christ. «Car ce Fils nous est donné ; c'est pour nous qu'est né ce petit enfant*,» et je sais qu'un Dieu incarné, c'est un Dieu se donnant à iious. Je m'attache à Jésus en ce qu'il a de commun avec moi, c'est-à-dire la nature humaine; et par là je me mets en possession de ce qu'il a d'égal à son Père, c'est-à-dire de la divinité même. Soyons dieux avec Jésus-Christ, prenons des sentiments tout divins. Chrétien, élève tes espérances : eh ! dieu , qu'ont de commun avec toi ces passions brutales qui régnent dans les animaux ? qu'ont de commun avec toi les choses mortelles, depuis que tu es si cher à ton Dieu, qu'en prenant miséricordieusement ce que tu es, il te donne si libéralement, si abondamment ce qu'il est lui-même? Dieu veut agir en homme, dit Fertullien, afin que r[homme] apprenne à agir en Dieu : » Ut homo divine agere doceretur^ : et cet homme, que Jésus enseigne à prendre des sentiments tout divins, attache tous ses désirs h la terre, comme s'il devait mourir ainsi que les