Tertuil., uh »ui>ra
bêtes, ^h ! portons plus haut nos pensées : considérons la gloire de notre nature si heureusement rétablie. Si la nature est relevée, il faut que les actions soient plus nobles. Rendons grâces au Père éternel, par Notre-Seigneur Jésus- Christ, de ce que, dans le choix des moyens par lesquels il a voulu nous sauver, il n'a pas choisi ceux qui étaient les plus plausibles selon le monde, miis les plus propres à toucher les cœurs ; ni ce qui semblait plus digne de lui, mais ce qui était le plus utile pour nous.
Quand j'entends les libertins qui nous disent que tout ce qu'on raconte du Verbe incarné, c'est une histoire indigne d'un Dieu, que je déplore leur ignorance ! Toutefois, que cela soit indigne d'un Dieu, je ne le veux pas contredire ; mais que Tertullien répond à propos ! « Tout ce qui est indigne de Dieu est utile pour mon salut ; » Quodcumque Beo indignum est mihi expedât *. Et dès là qu'il est utile pour mon salut, il devient digne même de Dieu, parce qu'il n'est rien plus digne de Dieu que d'être libéral à sa créature ; « il n'est rien plus digne de Dieu que de sauver l'homme :» Nihil enim tam dignum Beo quam salus hominis *. Et que l'on peut facilement renverser toutes les vaines oppcsitions ! Car enfin, quelque indignité que l'on s'imagine dans le mystère du Verbe fait chair, Dieu n'en est pas moins grand, et il nous relève; Dieu ne s'épuise pas, et il nous enrichit; quand il se fait homme, il ne perd pas ce qu'il est, et il nous le communique; il demeure ce qu'il est, et il nous le donne : par là, il témoigne son amour et il conserve sa dignité. Voyez donc que si Dieu prend notre nature pour la relever, rien n'est plus digne de Dieu qu'un si grand ouvrage. Mais je n'ai pas entrepris, messieurs, de combattre les libertins; il faut édifier les fidèles : revenons à notre dessein ; et, après que nous [avons] vu la nature si