I. Aé9. Marcion.. lib. lY, n
œt%e Épîfcre admirable à Volusien *, parpe que, dftns mon sentimeat, l'antiquité n'a rien de si beau ni de ^i pieux tout ensenoble sur cette matière que nous traitons.
Puisque Dieu avait bien voulu se faire homme, il était juste qu'il n'oubliât rien pour nous faire sentir cette grâce, et pour cela, dit saint Augustin, il fallait qu'il prît les infirmités par lesquelles la vérité de sa chair est si ciairemeht confirmée, et il nous va éclaircir ce qu'il vient de dire par cette belle réflexion. Toutes les Écritures nous prêchent, dit-il, que le Fils de Dieu n'a pas dédaigné la faim, ni la soif, ni les fatigues, ni les sueurs, ni toutes les autres incommodités d'une chair mortelle. Et néanmoins, remarquez ceci : un nombre infini d'hérétiques, qui faisaient profession de l'adorer, mais qui rougissaient en leurs cœurs de son Évangile, n'ont pas voulu reconnaître en lui la natij^e humaine. Les uns disaient que son corps ét£!,it un fant-'fime; d'autres, qu'il était composé d'une matière céleste; et tous s'accordaient à nier qu'il eût pris effectivement la n^vture humaine. D'oii vient cela, chrétiens ? C'est qu'il paraît incroyable qu'un Dieu se fasse homme; et, plutôt que (*B croire une chose si difficile, ils trouvaient le chemin plus court de dire qu'en effet il ne l'était pas, et qu'il n'en avait que les apparences. Suivez, s'il vous plaît, avec attent\on : ceci mérite d'être écouté. Que serait-ce donc, dit !»aint Augustin, s'il fût tout à coup descendu des ci^ux, s'il n'eût pas suivi les progrès de l'âge, s'il eût rejeté le sommeil et la nourriture, qt éloigné de lui ces sentiments? N'?urait-il pas lui-naérne confirmé l'erreur? N'aurait-il pas scnibic qu'il eût en quelque sorte rougi de s'être fait homme, puisqu'il ne le paraissiit qu'à demi? N'aurait-il pas p.ffacé dans tous les esprits la créance de sa r)ienheureuse incarnation, qui fait toute notre espérgnce? Et ainsi, dit saint Augustin (que ces paroles sont belles!), « en faisant