‹ Sermons choisis de J. Saurin sur divers textes de l'Ecriture sainteChapitre 14 sur 33 · XXIV NOTICE · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE

tristes restes des maisons consacrées à notre Dieu, feux, roues, gibets, supplices inouïs jusqu'à notre siècle, répondez, et déposez ici contre l'Étemel ! »

Le prédicateur protestant justifie Dieu, à l'exemple des anciens prophètes, en soutenant qu'il a voulu punir les péchés de son troupeau, et que, même dans ses char timents les plus rudes, il a montré la clémence d'un père miséricordieux. L'étrange dialogue continue. Dieu se plaint à son tour, et lorsqu'il a fait entendre ses justes reproches, Saurin s'éme : « Tel est le procès que Dieu vous intente; telles sont les plaintes qu'il vous fait... Justiflez-vous, plaidez, parlez, répondez; mon peuple, que t'ai'je faitt qu'avez-vous à dire en votre faveur? comment justifierez-vous votre ingratitude?» Et lorsqu'il voit son auditoire confus et consterné, il répond en sou nom, comme Israël répondit à Michée : « Avec quoi {M^viendrai-je l'Éternel? avec quoi me prosternarai-jc devant le Dieu souverain? »

Dans la péroraison de son discours sur les Dévotions passagères^ prononcé dans la solennité religieuse du premier jour de l'an 1710, tes réfugiés lui fournissent le plus magnifique trait de grandeur chrétienne. Saurin adresse en terminant des vœux à toutes les catégories de fidèles qui remplissent le temple : aux magistrats de la république, aux ambassadeurs des puissances alliées, aux ministres de l'Église, aux pères et mères de famille, aux hommes de guerre, aux jeunes gens, aux vieillards, enfin aux réfugiés et au monarque auteur des calamités qu'ils endurent. Ce passage, que nous transcrirons tout onlicr, malgré sa longueur, mérite, nous

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