VIII NOTICE
voyage avant son départ pour l'Angleterre. Il y trouva, comme dans le pays qu*il quittait, de nombreuses colonies fondées par les réfugiés protestants de France à Amsterdam, à Rotterdam, à La Haye, à Leyde, à Utrecht. Plus de soixante-quinze mille de ces exilés volontaires avaient trouvé un asile dans les sept provin* ces dont se composait la république des Pays-Bas. Us contribuaient puissamment à y faire fleurir les lettres et les arts , et en même temps ils communiquaient un vif essor à l'agriculture, à l'industrie et au commerce. Saurin visita ces communautés réformées qui se reconstituaient sur la terre d'exil , et partout sa prédication excita le plus vif enthousiasme. A La Haye, l'effet qu'il produisit fut tel qu'on créa, pour le retenir, la place extraordinaire de ministre des nobles, il accepta et remplit cette charge jusqu'à sa mort.
Pendant les vingt-cinq ans que dura son ministère, Saurin resta en possession de la gloire précoce qu'il avait acquise, et il y puisa ime autorité de langage et une assurance d'esprit qui ne se sont rencontrées au même degré chez aucun des autres orateurs du refuge. Par l'étendue de ses connaissances, l'élévation de ses pensées, l'élan de son imagination, la force de ses arguments , la méthode lumineuse de son exposition , il produisait l'impression la plus profonde sur les flots de réfugiés qui se pressaient dans l'enceinte trop étroite du temple. Des échelles étaient dressées contre les murs pour recevoir ceux qui n'avaient pu trouver place dans la vaste nef de l'église. L'élite de la population hollandaise de La Haye, les Heinsius, les van Haren, les Was-