‹ Sermons choisis de J. Saurin sur divers textes de l'Ecriture sainteChapitre 8 sur 33 · XII NOTICE · texte numérisé non relu

XII NOTICE

Dans son discours sur les Frayeurs de la mort y il fait honte à ses auditeurs de s'attacher à la terre, quand Jésus-Christ leur ouvre les portes du ciel, et, s' adressant à eux, comme s'il les apercevait déjà sur le seiiil d'un monde meilleur, il leur demande d'une voix inspirée ce qu'ils regrettent de cette t^rre qu'il faut quitter :

« Vous, regrettez-vous des palais, des sceptres et des couronnes? Vous, regrettez-vous une houlette que vous portez, une cabane qui vous loge? Vous, regrettez-vous une société dont les défauts ou les perfections sont souvent pour vous une source égale de misères? Ah! fantômes de notre cupidité, paraîtrez-vous encore à nos yeux, et tiendrez-vous bon encore contre ces biens réels que la mort de Jésus-Christ nous acquiert? Ah ! citernes crevassées^ l'emportez-vous encore dans nos esprits sur les fontaines vives des eaux * ? Ah ! sacrificateur de la nouvelle alliance, aurons-nous encore de la peine à te suivre, lorsque tu nous conduis dans les lieux saints, à la trace sanglante de ta croix et de ton martyre? Jésus-Christ est un conquérant qui nous a acquis un royaume de félicité et de gloire; sa mort est un gage précieux d'une éternité triomphante.

n La mort n'a donc plus rien de redoutable pour le chrétien; dans le tombeau de Jésus-Christ sont dissipées toutes les frayeurs qui se trouvaient dans le tombeau de la nature : dans le tombeau de la nature, je vois une sombre nuit, à travers laquelle je ne puis percer;

' 1. Jcréin II. 13.

SUR JACQUES SÂURIN. Xlll

daiist le tombeau de Jésus-Christ, je vois la lumière et la vie : dans le tombeau de la nature, je vois les peines de mes crimes; dans le tombeau de Jésus-Christ, je vois mes crimes expiés : dans le tombeau de la nature, je vois la triste destination d*Àdam et de sa malheureuse postérité; tu es poudre, et ttt retourneras en poudre ^ ! dans le tombeau de Jésus-Christ, j'éclate en actions de grâces. Ou est, ô mort, ton aiguillon? Où est, ô sépulcre, ta victoire ^ ? »

Ce qui distingue Saurin de la plupart des prédicateurs du refuge, c'est le soin avec lequel il évite d'approfondir les questions de dogmes, si mystérieuses, si susceptibles d'interprétations diverses et qui divisent si inutilement les communautés chrétiennes. A ces problèmes obscurs il préfère les sujets de morale, dont la pm^tée plus pratique lui parait d'une importance bien supérieure. A lire certains de ses discours, on ne peut s'empêcher de croire qu'il voulait hâter le jour où tous les partis religieux, abjurant leurs haines séculaires, trouveront leur réconciliation finale sur ce terrain commun de la morale chrétienne dont les fondements ont été posés par le divin Sauveur. Son esprit positif repousse la controverse, comme inutile et dangereuse. Ses attaques contre l'Église romaine elle-même sont rares, d'un caractère plus politique que théologique, et presque toujours empreintes d'une modération à laquelle on n'a pas assez rendu justice. A vrai dire , sauf un petit nombre de passages, il est peu de ses discours que

' Genèse III. 19.

' Extrait da sermon tur lei Frayewt de la mort.

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