‹ Sermons de Bossuet (volume 2)Chapitre 57 sur 76 · SUR LA LÈPRE DU PÉCHÉ, ETC · texte numérisé non relu

SUR LA LÈPRE DU PÉCHÉ, ETC

maculatus fuerit lepra, et separatus est ad arbitrium sacerdotis, habebit vestimenta dissuta, caput nudum, os veste contecturrij contaminatum ac sordidum se clamabit : solus habitabit extra castra ^. Le pécheur doit être séparé de peur de la contagion : c'est pourquoi la victime pour le péché [s'immolait] « hors du camp : » Extra castim 2; et Notre- Seigneur [a été crucifié] « hors des portes de Jérusalem : » Extra portam ^ : excommunication que Jésus-Christ a soufferte.

Offeres munus quod prœcepit Moyses^ : « Vous offrirez le « don que Moïse a prescrit, » deux passereaux. On en immole l'un ; on délivre l'autre, on le lâche en liberté, après avoir été trempé au sang de l'autre ^. Jésus-Christ immolé ; toute la nature vivante : elle est délivrée; mais il faut qu'elle soit trempée au sang de Jésus-Christ par la mortification. La vie délicieuse ne souffre pas qu'on soit trempé dans ce sang. Celle qui vit dans les délices est morte, « quoiqu'elle paraisse vivante : » Vivens mortva est 6.

Le lépreux était obligé de couper tous les poils, ses cheveux, sa barbe, ses sourcils. La lèpre s'attachait principalement aux cheveux et aux poils. « L'homme de la tête de qui les cheveux tombent, est chauve et pur : » Mr de cujus capite capilli fluunt^ calvus et mundus est ^ : c'était une marque. [Les poils sont] un superflu : le superflu retranché; c'est là que les péchés s'attachent. Ne demandez pas ce qu'il faut retrancher : retranchez quelque chose, la lumière vous viendra pour retrancher toujours davan-

^ Levit. xiii, 44, 45, 4G.

2 Levit. IV, 21.

2 Hebr. xni, I2.

>* Mattli,\\u, ^.

5 Levit. XIV, 4, 5, 0^ 7.

« \. Tim. \, 6.

''Levit XIII, 4 0.

:m SUR LA LÈPRE DU PÉCHÉ, ETC.

tage. Retranchez par Taumône; retranchez tous les joursquelque chose à la vanité. On objecte toujours la bienséance : il faut couper même les sourcils et la barbe : il n'importe pas quand le visage sera un peu défiguré. Personne plus obligé aux aumônes que les lépreux purifiés, les pécheurs guéris.

Deux raisons pourquoi l'aumône ôte les péchés : 1° Le péché naturellement demande d'être puni par la privation de tout bien. Qui est ingrat et rebelle envers Dieu, mérite la soustraction de tous ses dons, et ne doit rien avoir de son empire : il a abusé de tout. Si l'on n'est pas effectivement privé, il faut compatir à ceux qui le sont, souffrir avec eux : a Exercer la patience à l'égard des uns, et la (( miséricorde envers les autres : » Alios per patientiam, alîos per miser icordiam i.

2'' Par l'aumône on empêche les péchés des autres, une infinité de péchés où la pauvreté engage ; péchés inconnus, incestes pour n'avoir point de lits, et autres abominations. Rien de meilleur pour expier nos péchés commis, que d'empêcher que les autres n'en commettent. « La charité « couvre la multitude des péchés : » Charitas operit niultitudinem peccatorum ^ : nous avons besoin d'un remède qui en remette et en couvre plusieurs, car nous péchons sans cesse.

Aumône, excellente préparation pour la communion. Le don de l'aumône, préparation au don sacré. Donner à Jésus-Christ, préparation à l'action par laquelle il se donne à nous.

i s. b'o, ^ Velr. iv, S.

SERMON

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