III. — Aveuglement des impies
Que les impies nous disent de bonne foi s'ils sont assurés de ce qu'ils pensent; si le consentement universel, si le changement si soudain de tant de peuples, le commencement si saint et si simple de la religion laisse aucun lieu de douter de la divinité de son origine ? Qu'ils se regardent sur le point de passer à l'éternité, et qu'ils voient dans quelle disposition ils voudraient se trouver à ce dernier moment. Étrange aveuglement de l'homme qui, tout penchant qu'il est à la mort, ne veut prendre qu'à l'extrémité les sentiments d'un mourant qu'elle inspire !
' Luc. ix, 29.
2 Isa. lui, 2.
3 Hebr. n, 18.
Vous vous plaignez de ce que Dieu ne vous a pas communiqué son secret. A qui voulez-vous que Dieu le dise ? Quoi ? qu'il parle à l'oreille à chacun, ou qu'il se montre à tout le monde ? Pourquoi vous plutôt qu'un autre? Choisissez quels hommes vous désireriez que Dieu envoyât pour vous faire entendre sa parole. Ce sont de ceux-là qu'il a pris. Où en trouveriez- vous de plus sincères, de plus propres à vous persuader? et comment pottvtz-vous leur prêter ce complot? Venez, leur faites-vous dire, associons-nous ; inventons une belle fable : disons que ce crucifié est le Fils de Dieu. Mais si cela est véritable, comme tant de faits vous le prouvent, quelle est votre opiniâtreté de refuser do vous soumettre?