XIII. — Du pardon des ennemis
Pour pardonner à ses ennemis, il faut combattre premièrement la colère qui respire la vengeance ; secondement, la politique qui dit : Si je souffre, on entreprendra contre moi ; troisièmement, la justice que l'on fait intervenir pour autoriser son ressentiment. Il est juste, diton, que les méchants soient réprimés ; — oui, par les lois. Mais quand cela ne se peut, et que les lois n'y pourvoient pas, ou ne le peuvent, on doit alors souffrir l'offense comme une suite de la société. L'impuissance humaine ne peut pourvoir à tout; et l'on verrait un désordre extrême, si chacun se faisait justice.