‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 20 sur 74 · POUR UN MARIAGE · texte numérisé non relu

POUR UN MARIAGE

Monsieur et mademoiselle^

Ce saint autel devant lequel vous êtes prosternés» ce silence, cet appareil religieux qui vous environne, ces parents, ces amis qui prient avec ferveur, tout vous dit ici qu'il n'y a rien au monde de plus grave et de plus solennel que la sainte promesse que vous allez prononcer, et les engagements sacrés que vous allez prendre.

Ce n'est pas assez pour la religion de conserver au mariage cette première dignité qu'il tient de la nature, et cette force morale qu'il puise dans les serments mutuels de deux époux chrétiens; elle y ajoute une sanction plus auguste en l'entourant d'une garantie divine, en faisant du contrat humain qui vous unit un mystérieux symbole de l'u-

nion de Jésus-Christ avec son Église, un sacrement réparateur qui donne la grâce puissante de porter avec constance et courage les sévères obligations du mariage, et les grands devoirs qu'iKimpose.

Elle rehausse et sanctifie Tamour mutuel des époux, en le renfermant dans un cercle qu'il ne peut franchir sans crime, et en lui donnant un aliment toujours nouveau dans les qualités de l'âme, et non dans les charmes passagers d'une jeunesse, hélas! si vite passée.

Elle vous dit par ma bouche, à vous, monsieur, d'aimer votre femme comme un autre vous-même, comme une compagne inséparable qui va vous suivre et partager toutes les vicissitudes de ce court voyage qu'on nomme la vie, de l'aimer toujours et sans partage, de lui prodiguer sans cesse ces égards touchants, ces soins empressés du cœur, cette vive et constante sollicitude de Tamitié, d'un attachement exclusif qui se fortifie des sacrifices qu'on lui fait, et qui rend plus de vrai plaisir qu'on ne lui en demande; de la diriger dans le monde avec une ingénieuse prudence, et de n'oublier jamais que, si vous êtes le chef de la famille^ c'est moins encore pour votre bonheur que pour le sien que Dieu vous donne ce titre.

La religion vous dit à vous, mademoiselle, d'aimer votre mari, non pas seulement avec cette nou-

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