‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 26 sur 74 · SDR LA VÉRITÉ DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

SDR LA VÉRITÉ DE LA RELIGION

lieu du moAde par sa toute-puissance, guidé par son esprit^ et rendant chaque jour des jugements irréformables? Sainte et merveilleuse institution del'É* glise, de son épiscopal et de son sacerdoce, et de sa divine hiérarchie, sans vous, il serait aussi impossible de concevoir une religion obligatoire que d'imaginer une justice humaine sans tribunaux et sans juges. C'est de vos mains, 6 Église de Dieu, son épouse et sa bien-aimée, que nous recevons les commandements que Dieu nous impose, la foi de ses mystères, ses^grâces et ses bienfaits, le pardon de nos fautes, la justification et le salut. Vous parlez, et il vous inspire; vous prononcez, et il juge; vous condamnez, et il condamne; vous déliez, et il déh'e. Toutes vos sentences sont ratifiées au ciel; les portes de l'enfer ne prévaudront point contre vous; rien ne sera plus éternellement véritable que cette profonde parole : Hors de FÉglm point de salut.

Ainsi, nos très-chers frères, disputer sur les dogmes enseignés par FÉglise, élever des controverses sur la règle des mœurs qu'elle a tracée, mettre en discussion les pratiques du culte qu'elle a sanctionnées, faire un choix dans ses décisions, admettre les unes et rejeter les autres par voie de raisonne^ ment et de critique, c'est substituer sa volonté propre à la volonté de Dieu, et renverser de fond en comble la base nécessaire de toute croyance. Celui

qui écoute r£glise écoute Dieu; celui qui méprise rÉglise est entraîné, tôt ou tard et malgré lui, jusqu'au mépris de Dieu même. Suivez la marche des hérésies qui se sont élevées de siècle en siècle contre l'infaillible autorité de TÉpouse de Jésus-Christ: elles ont commencé par des légers doutes sur quelques points de la discipline; ce premier pas fait, elles se sont insensiblement engagées à discuter la compétence et la force de ses jugements sur la doctrine chrétienne, et bientôt, s'érigeant en juges souverains de cette doctrine elle-même, elles en ont successivement rejeté les dogmes les uns après les autres; et, d'erreurs en erreurs, de négations en négations, elles ne se sont arrêtées dans leurs réformes que lorsque l'édifice de la religion a été démoli pièce par pièce, et que, n'ayant plus rien à croire, elles n'avaient plus rien à nier.

Sans doute, nos très-chers frères, il y a un ordre naturel entre les dogmes divers dont se compose l'ensemble des vérités religieuses; mais cet ordre admirable dans lequel on les voit disposées dans le symbole ne donne pas à un article de foi plus d'importance dogmatique qu'à celui qui le précède ou à celui qui le suit. Rompre la chaîne, à telle hauteur que ce soit, c'est toujours la rompre et s'ôter ainsi tout moyen de remonter jusqu'à Dieu, qui en forme le premier anneau, U en est de même à l'é-

Page 1