‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 28 sur 74 · SUR LA VÉRITÉ DE LA RBUGION · texte numérisé non relu

SUR LA VÉRITÉ DE LA RBUGION

pour tous les mensonges et des apologistes de tous les crimes? Va-t-il rêver quelque traité de paix entre la foi et Timpiété, demandant à l'une d*être moins inflexible dans ses enseignements, à l'autre d'être moins hardie dans ses blasphèmes? Fera-t-il semblant, pour sauver les apparences, de reconnaître enfin la néciessité d'une croyance publique comme fondement de la conduite et des mœurs? Publiera-t-il de^ livres nouveaux, principalement destinés à Tenfan^e, moins irréligieux dans la forme que ses anciens livres, mais au fond aussi dangereux, où la vérité catholique sera toujours combattue, soit par le silence qu'on gardera sur ses myslères,«oit par l'exposition incomplète de sa doctrine, parce qu'on aura pour unique but de former un corps de principes à l'usage de toutes les sectes et de toutes les communions, c'est-à-dire à l'usage de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas? Oui, nos très-chers frères, ce sera là, pendant un temps, le travail de l'orgueil humain et l'objet de ses morales spéculations; mais qu'il mette la main à l'œuvre, il ne tardera pas à sentir son impuissance et la stérilité de ses efforts, en voyant s'élargir sans cesse devant lui les profonds abîmes qu'il veut combler. Que fera-l-il donc encore, et par quelle nouvelle découverte raffermira-t il au milieu de nous l'état social qui menace ruine? Il se sou-

viendra que le catholicisme fut autrefois le bienfaiteur des nations; que toutes les, institutions charitables sortirent de son sein, comme un fleuve sort de sa source; qu'il devint le sel conservateur de h terre, en faisant descendre du ciel la douce union dans les familles, le respect du pouvoir qui lient la place de Dieu même, le pardon des injures, la résignation dans le malheur, la modération dans la prospérité, les œuvres de miséricorde, l'amour du prochain, et ces héroïques dévouements qui font du sacrifice de nous-mêmes au bonheur de nos semblables une incomparable vertu digne des acclamations des hommes et des. anges. Ramener doucement les esprits à Tantique foi de nos pères, aplanir le chemin par où ils doivent passer pour y revenir, exposer dans leur vrai jour le^ préjugés et les superstitions philosophiques qui nous ont jetés dans la fausse voie, briser ce que nous avons adoré dans des temps de vertige et d'erreur, adorer ce que nous avons brisé, redevenir chrétiens pour cesser de trembler sur l'avenir, ce serait donc, nos trèschers frères, le moyen naturel de ranaener dans nos foyers la concorde, la paix et la sécurité; mais on n'a pas versé impunément sur la religion catholique la coupe du mépris et de la haine jusqu'à la lie. On regrette ses bienfaits, et on a peur de son influence. On sent universellement le besoin de son assis-

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