‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 30 sur 74 · SUR LA V£R1TË W LA RELIGION · texte numérisé non relu

SUR LA V£R1TË W LA RELIGION

Aussi, nos très^hers frères, l'Église catholique a-t-elle successivement triomphé de tous ses ennemis, non par la force, mais par la patience; non par la haine, mais par l'amour ! Plus on Ta persécutée, et plus elle a aimé ses persécuteurs; plus on l'a livrée au mépris du monde, plus elle a étendu sur le inonde ses conquêtes pacifiques : aussi auguste dans ses angoisses que dans ses victoires, aussi majestueuse dans les fers que sur le trône, la céleste épouse de Jésus-Christ régnera dans les siècles des siècles* Le passé, le présent et l'avenir lui appartiennent également. Quel bonheur est donc le vôtre d'avoir Dieu pour père, Jésus-Christ pour Sauveur et l'Église pour Mère; d'apprendre et de savoir avec certitude, presque en ouvrant les yeux à la lumtère et dès la plus tendre enfance, ce que vous devez croire et pratiquer chaque jour pour faire le bien et pour éviter le mal; de recevoir des mains d'une autorité infaillible la règle fixe de votre conduite dans tous les états et dans toutes les conditions de la vie; quel plus vrai contentement, quel plus doux repos que celui qui naît de l'intime assurance que vous vivez dans la vérité, que la vérité vous éclaire, vous dirige et vous nourrit, et que si vos jours se passent souvent dans la peine, ils passent encore bien vite, et qu'après avoir traversé le tombeau^ emportant vos vertu3 et vos bonnes œu-

i.-jo instruction pastorale

vres, vous vivrez de la vie heureuse et pour ne plus mourir ! Mais est-ce ainsi que Tirréligion traite Bes disciples ou plutôt ses victimes? Hélas! elle les séduit en promettant la découverte de nos future^ destinées à leurs propres méditations, elle les mène de système en système, toujours plus agités et plus inquiets à mesure qu'ils s'enfoncent dans Terreur; et ne pouvant les fixer dans les croyances nettement formulées, elle finit par les abandonner aux tristes perplexités du doute, ou au froid désespoir de l'indifférence.

La doctrine chrétienne, il est vrai, nos trës-chers frères, telle que TÉglise nous l'enseigne, a ses ombres, ses obscurités et ses profondeurs. L'évidence des preuves extérieures n'abaisse pas jusqu'à notre intelligence la hauteur inaccessible de ses mystères : comme la colonne miraculeuse qui marchait devant les Israélites au désert, elle est lumineuse d'un côté et obscure de l'autre* Au premier coup d'œil, la raison murmure contre cette sage disposition de la Providence, elle est tentée de se servir de ce que la religion laisse hors de sa portée dans les dogmes pour repousser ce qu'elle offre de manifeste et de pratique dans les préceptes; mais en ce point elle se trompe comme en tout le reste. Si le Dieu que nous servons avait donné à sa religion cette lumière éclatante du soleil, qui frappe nos

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