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S0 ARTICLES ADDITIONNELS A L'ORDONNANCE, ETC

Les autres nominations comprises dans l'ordonnance du 2 décembre 1840 sont maintenues.

Donné à Orléans, en notre palais épiscopal, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contreseing du secrétaire général de notre évéché, le 18 juillet 1845.

t JEAN JACQUES, évêque d'Orléans.

Par mandement de Monseigneur :

RICHARD, chanoine, secrétaire.

Les mandements publiés chaque année par les premiers pasteurs, au commencement du carême, étaient autrefois de fort peu d'étendue; ils se bornaient ordinairement à quelques courtes et pieuses réflexions sur la nécessité de faire pénitence, et à quelques règlements particuliers sur la manière d'observer saintement le précepte de l'abstinence et du jeûne dans chaque diocèse. Plus heureux que nous, les évêques de ces temps de foi parlaient à des peuples véritablement catholiques. La pratique des devoirs religieux n'avait point abandonné les foyers domestiques. La piété régnait dans toutes les familles; elle passait des pères aux enfants

comme un bien héréditaire; on pouvait perdre tous les autres biens, celui-là restait toujours pour consoler de leur perte.

Mais que les temps sont changés ! loin de préoccuper les esprits, et de tenir la première place dans la conduite, le service de Dieu n'est plus compté au nombre des obligations humaines. Les pratiques de religion sont si profondément oubliées, que la plupart des chrétiens ont cessé d'y attacher la moindre importance; c'est tout au plus si elles vivent encore dans la mémoire comme un léger souvenir de la première enfance et la stérile occupation des premiers jours de la vie; on les dédaigne» on se les renvoie les uns aux autres comme un fardeau que personne ne veut porter.

Si, dans cet état des esprits, vos pasteurs n'avaient à vous entretenir que de mortifications chrétiennes, d'abstinence et déjeune, neserait*il pas à craindre que leur parole ne fût point entendue de ceux-là mêmes qu'elle est destinée à convertirt Peut- on demander les œuvres de la foi aux chrétiens qui n'ont point la foi, et va-t*on cueillir des fruits sur larbre que les vents ont jeté par terre avant la sai* son des fleurs? Ne sommes-nous pas arrivés, hélas! à ces temps malheureux où toytes les vérités ont péri, et où le Fils de THomme peut préparer son dernier avènement, tant il y a peu de fai dans le

POOR LE SAINT TIMPS DO GABÊME DE 1844. ât5

monde? JN'ayons^nous pas la douleur d'entendre nos bien-aimés coopérateurs, qui exercent le saint ministère dans les campagnes, nous ayouer, en gé* missant, que là corruption et l'incrédulité gagnent leurs paroisses, que Fignorance et la superstition commencent à y dresser des autels à tous les vices des grandes villes? Vivez chrétiennement, confesser vos péchés, faites pénitence, leur disent avec amour ces zélés pasteurs; et l'on va bientôt leur répondre, tout haut, ce qui déjà se répète à l'oreille : Qu'est-ce que c'est que cette vie chrétienne dont on nous parle? Nous n'avons pas besoin de pénitence, quel mal faisons-nous? La confession nous est inutile, quel profit nous en reviendrait-il? Assez d'autres soins nous tourmentent, sans nous surcharger de tous ces soins-là.

Il nous serait impossible de vous exprimer* nos très-chers frères, l'extrême aflliction que nous causent de semblables aveux. Le mal est déjà bien profond quand il se manifeste par de pareils symptômes; ei comment y porter remède? comment comprendre que, dans ces hameaux et dans ces mêmes villages où naguère habitaient la piété, la simplicité des mœurs et le bonheur de Tinnocence, on oommence à se Cure une loi de violer toutes les lois divines, et de ne reconnaître pour devoirs reli* gieux que le droit de n'en remplir aucun? Permet-

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tez-nous donc, nos très-cbers frères, d'oublier un moment le bercail où reposent les brebis fidèles pour courir, à l'exemple du bon pasleur, après ces brebis égarées; elles sont la portion le plus à plaindre de notre troupeau : c'est donc à elles que s'adressera principalement celte première instruction où la simplicité du langage répondra fidèlement au tendre intérêt, à la vive alTection qu'elles nous inspirent.

Si vous ne passiez sur la terre, nos très*chers frères, que pour mourir éternellement, si le soufQe divin qui vous anime devait s'éteindre quand vos corps UMnberont en poussière, nous ne voudrions pas vous arracher un seul moment aux continuelles sollicitudes qui dévorent votre courte existence. Vous ne seriez à nos yeux que les hommes du temps, il serait tout simple que vous fissiez les œuvres du temps; jusque-là tout serait dans Tordre. Mais voir clairement que vous êtes appelés à uiie autre vie, elf parmi les pensées qui vous préoccupent, les désirs et les projets qui vous agitent, n'en pas trouver un seul qui se rapporte, de près ou de loin, à votre salut étemel, ce spectacle nous remplit d'une douleur inconsolable. Contents de pratiquer quelques devoirs humains et vulgaires avec une probité commune, une conduite sans scandale, mais sans aucun frein pour les passions intérieures, sans prié-

res^ sans repentir, vous vous croyez donc assez jus* tes, assez parfaits pour n'avoir rien à redouter au delà du tombeau. Mais, si grande que soit ordinairement la dissipation de la vie, nos très^hers frères, et malgré les continuelles préoccupations qui en absorbent tous les moments, il y a cependant des jours tranquilles où l'absence des plaisirs et le calme des affaires vous laissent encore en face de vous-mêmes et de votre propre conscience. Qui n'a rencontré, dans le cours d'une longue existence, quelques-unes de ces heures de silence et de réflexion où la raison seule parle à nos âmes et dirige nos pensées et nos sentiments? L'esprit, alors, dégagé comme d'un nuage, s'élève naturellement aux jrfus graves méditations; il voit à découvert la brièveté de la vie, la vanité de nos ambitions, la chimère de nos attachements et la fragilité de nos plus belles entreprises; la triste pensée de la mort vient se mêler à toutes ces pensées, elle nous fait sentir, malgré nous, que tout passe, que tout s'en va, et que de cette riche fortune, amassée avec tant de peine, de ces belles fermes, acquises à si haut prix, réparées et agrandies avec tant d'art et de persévérance, nous n'emporterons, peut-être d^ main, dans la nudité du tombeau, que le pauvre linceul où nous serons ensevelis. Alors s'éveillent aussi les tendres et délicieux souvenirs de Ten-

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