INSTRUCTION SUR LE GARÊMB DB
félicité. Et vous, nos très-chers frères, priez pour rËglise, ofTrez à Dieu, pendant les saints jours ou nous entrons, vos mortifications, vos abondantes aumônes, et toutes vos bonnes œuvres. Ne mettez votre espérance dans aucun bras de chair. Le salut n'est désormais que dans la pénitence et là prière, parce qu'il est dit : « Soudain, je parlerai contre une nation pour dissiper sa force et ébranler ses fondements; mais, si ce peuple se détourne du mal qui provoquait ma colère, moi aussi je me repentirai du mal que j'avais résolu de laisser tomber sur \m\ »
. ' Repente loquar adversum gentem et adiei^sus regnum, ut ei^diceui et destruam et disperdam illud. Si poeaitentiam egerit gens illa a malo 8U0, quod locutus sum adversus eam, agam et ego poenitentiam super malo, quod cogitafi ut fecerem ei. iei'em., xtiii, 7, 8.
Monseigneur Wiseman^ vicaire apostolique en Angleterre, nous a adressé la lettre suivante. Nous croyons intéresser votre piété en vous la mettant tout entière sous les veux.
Lettre de monseigneur Wisbiun, évêque de Mélipotame, in partibus, coadjuteur de monseigneur le vicaire apostolique du district central^ en Angleterre, ^ monseigneur Tévèque d'Orléans.
c< Monseigneur,
c< Le lien de sympathie qui unit les parties et les membres de l'Église catholique, la confiance qu'un évêque de cette Église (quelque indigne qu'il puisse être de ce nom) doit avoir en la bonté et en la charité des autres pasteui^s ses frères, tels sont, Monseigneur, les titres qui me font espérer que vous
voudrez bien m'accorder votre attention et votre intérêt.
« 11 a plu à la divine Providence de vous placer, pour exercer votre ministère, dans un pays où la religion catholique est reconnue et professée par la presque totalité de la population, où un clergé nombreux, zélé et exemplaire, allège le fardeau de votre charge pastorale, et vous console par des fruits abondants de salut; un pays enfin où, après bien des années d'épreuves, vous voyez la religion et ses vénérables ministres sortir comme l'or de la fournaise, plus purs et plus brillants qu'avant d'y avoir passé. Quant à nous, nous avons, au contraire, été placé, par la même Providence, dans un pays où l'hérésie et le schisme ont longtemps prévalu, et tiennent encore le peuple en masse enchaîné dans les ténèbres, où le nombre des ouvriers évangéliques est insuffisant pour la moisson; en un mot, ou nous avons tout à faire : bâtir des églises, pourvoir à l'éducation et fonder des institutions religieuses. Mais, au milieu de cette trisle désolation, il a plu au Tout-Puissant d'opérer un changement propre à nous remplir de consolation; il a allégé nos travaux et les a rendus agréables, comparativement à ce qu'ils ont été pour nos pères dans le ministère. Nos prédécesseurs ont semé dans les larmes, et nous récoltons dans la joie«
« L'Église catholique tout entière a appris avec allégresse qu'il se manifeste, en Angleterre, un nouvel esprit religieux, que l'on ne peut s'empêcher de regarder comme une manifestation de ce même Esprit-Saint qui agita les eaux du chaos pour produire l'ordre et la lumière, et qui semble agiter aujourd'hui le sombre océan des erreurs humaines, dans le but d'en tirer l'unité, la vérité et un monde nouveau de foi religieuse. Ce n'est pas seulement qu'il s'opère au milieu de nous des conversions plus nombreuses qu'autrefois, et parmi des personnes occupant, dans la société, des positions plus éminentes; mais les vieux préjugés s'effacent, on nous exprime des sentiments affectueux, et les esprits, en nombre plus considérable que jamais, se préoccupent du retour à l'unité et le désirent.
« Dans ce changement, le Tout-Puissant a eu soin de nous prémunir contre les dîingers de la présomption, en nous plaçant dans l'impossibilité de nous attribuer même la plus faible part du bien qui s'opère. Ce qui se passe en Angleterre ne saurait s'expliquer ni par l'activité des catholiques, ni par les prédications de notre clergé, ni par les ouvrages de nos écrivains, ni par le zèle et la piété des fidèles. Ce n'est ni l'habileté, ni la prudence, ni la puissance, ni l'adresse, ni la sagesse de l'homme qui ont, même d'une manière éloignée,
concouru au développement de ce qui se fait autour de nous. Bien au contraire, il semble que toute intervention de notre part, ayant . pour objet de hâter le dénoûment désiré de ce grand mouvement en aidant à venir à nous ceux qui se rapprochent de nos doctrines, ait eu pour résultat de retarder plutôt que de seconder les effets qui se produisent. Une impulsion spontanée de la grâce, et une succession providentielle de circonstances, sont les deux seuls moyens auxquels le Maître des hommes et des choses ait eu recoui^ pour produire les glorieux résultats dont nous sommes témoins.
a La foi nous apprend que nous pouvons favoriser cette action de la grâce d'une manière certaine, en recourant à la prière, et l'expérience nous a dit que c'était là notre seule et notre plus puissante res* source.
c( Les catholiques d'Angleterre ont appris avec une sincère gratitude que leurs frères du continent, et de la France en particulier, ont déjà uni leurs supplications aux leurs. Ils ont vu une preuve d'amour fraternel dans cet empressement à prier pour le retour de l'Angleterre à l'unité de la foi, au moment où Dieu commençait à toucher le cœur de quelques protestants, et à leur inspirer la pensée de chercher leur consolation dans le sein de leur
mère affligée. Ces deux impulsions se sont dévelop* pées simultanément, Tune répondant à Tautre, ou plutôt la secondant, et étant en quelque sorte sa récompense. Ainsi nos prières devaient redoubler d'ardeur en proportion du succès dont elles sont couronnées. C'est là, Monsefgneur, le genre de secours, la charité que le plus humble de vos frères vient solliciter de vous. Nous sommes arrivés à une crise des plus consolantes; les esprits sont plus que jamais agités et inquiets sur ce qu'ils doivent faire. Un grand nombre des hommes qui sont disposés à venir à nous ont à soutenir les luttes les plus terribles; ils sont placés dans Talternative de choisir entre la perte de tous les biens terrestres et le rejet de la vérité; ils ont à vaincre le respect humain, les préjugés, à sacrifier leurs plus chers intérêts de famille, et, souvent, des afCections que respectent la nature et la loi dé Dieu. Toutes ces circonstances concourent à rendre leur conversion plus difficile^ et, pour plusieurs, la démarche d'entrer en communion avec l'Église demande un esprit de sacrifice poussé à un degré héroïque.
« Quel catholique pourrait refuser ses prières? Quel enfant de l'Église ne s'estimerait heureux de venir au secours des âmes engagées dans cette terrible lutte? Plusieurs sont encore chancelants et indécis sur le parti qu'ils doivent prendre. Qui se re-