PAR NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX
A l'occasion de son exaltation
Les acclamations des peuples qui viennent d'acr cueillir dans le monde entier l'heureuse exaltation de Sa Sainteté Pie IX au trône pontifical présagent à l'Église un de ces règnes glorieux qui l'ont toujours ranimée et consolée au milieu de ses plus grandes tribulations. Si jamais cette sainte Église, épouse souffrante d'un Dieu crucifié, ^'eut plus besoin qu'aujourd'hui d'un chef suprême capable de dominer son ^ècle par l'ascendant de son caractère, de ses lumières et de ses vertus^ jamais aussi la divine Providence n'a plus manifestement désigné
au choix du Sacré-Collége la tète auguste qui devait soutenir le poids de la tiare pontificale. Â peine le nouveau successeur de saint Pierre a-t-il eu pris possession de cette chaire sacrée, contre laqvelle les portes de l enfer ne prévatidroat pas, qu'il s'est hâté d'adresser à tous les patriarches, primats, archevêques et évoques du monde, une lettre encyclique qui prendra place parmi les plus beaux monuments de Thistoire ecclésiastique, et que nous regardons comme un devoir de vous faire connaître. A la place de notre faible voix, vous allez donc entendre, nos très-chers frères, la voix forte et puissante du vicaire de Jésus-Christ, et, à la hauteur des pensées qu'elle exprime, à la profondeur des vérités qu'elle enseigne, aux saints gémissements qui éclatent dans son incomparable langage, vous pourrez juger des maux inouïs qui accablent l'Église et des douleurs qui lui sont encore réservées dans la suite des temps: prêtez une oreille attentive. Sa Sainteté, après avoir parlé des craintes qu'elle a éprouvées au moment de son exaltation au pontificat, de la confiance qu'elle a en Dieu et dans le concours des évêques, continue ainsi :
w Vous savez tous, vénérables frères, quelle guerre acharnée et terrible on a déclarée, dans notre malheureux siècle, à tout ce qui tient à la rdigion catholique : des hommes liés par un pacte
coupable, ne pouvant soutenir la saine doctrine et fermant les oreilles à la voix de la vérité, ont exhumé de la poussière mille opinions bizarres, qu'ils ont revêtues des couleurs les plus spécieuses; et, les produisant au grand jour, ils se sont efforcés, par tous les moyens, de les répandre. Nous sommes saisi d'horreur et accablé de la douleur la plus amère, quand nous repassons dans notre esprit tant d'eireurs monstrueuses, tant de moyens divers de nuire, tant d'embûches et de pièges inventés par ces ennemis de la lumière et de la vérité. Rien ne coûte à ces habiles artisans de mensonge pour éteindre dans tous les cœurs l'amour de la piété, de la justice et de la vertu, pour corrompre les mœurs et ébranler tous les droits divins et humains, pour agiter enfin, ébranler, et, s'il était possible, détruire de fond en comble la religion catholique et la société civile; car vous n'ignorez pas, vénérables frères, à quels excès une aveugle rage et la fureur de l'impiété ont poussé ces ennemis irréconciables du nom chrétien. Entraînés par la licence de penser, ih vcrniissetU avec une atidace inouie des blasphèmes contre Dieu^ et ne rougissent pas d^enseigner publiquement que les mystères de notre sainte religion sont des fables inventées par les hommes;
* Apocal., XIII, 6.
ir.x MANDEMENT
que les dogmes de la religion catholique sont contraires aux intérêts et au bien de la société humaine; enfin ils ne craignent pas d'abjurer Jésus- Christ et* Dieu lui-même. Et, afin de tromper plus facilement les peuples, de séduire les esprits légers et ignorants et de les entraîner avec eUx dans Terreur, ils se vantent de connaître sêiils le chemin du bonheur; ils s'arrogent hautement >é nom de philosophes, comme si la philosophie, qui s'applique à la recherche des vérités naturelles, devait rejeter celles que le suprême et clément auteur de la nature a daigné, dans son infinie bonté, révéler aux hommes, leur enseignant la voie du salut et de la vraie félicité. Ainsi, par une nouvelle et dangereuse manière de raisonner^ ils ne cessent d'exalter l'excellence et la force de la raison humaine, de rélever au-dessus de la sainte M du Christ, et, par une hardiesse effrénée, ils prétendent qu'elle esl en opposition avec la raison. Rien de plus absurde, de plus impie, de plus contraire à la raison ellemême, ne pouvait être imaginé par Tesprit humain.car, bien que la foi soit au-dessus de la raison, l'œil le plus exercé ne saurait apercevoir entre elles ni contradiction ni répugnance, puisquie toutes deux découlent de la même source, de Dieu, qui est l'immuable et éternelle vérité : elles se prêtent même un mutuel appui. C'est, en effet, la raison
qui démontre la vérité de la foi, qui la défend et la protège; la foi, à son toùp, affranchit la raison de toute erreur, Tenrichit de la connaissance des choses divines, raffermit et la perfectionne, lis ne nous trompent pas moins, vénérables frères, ces ennemis de la révélation divine, quand, ne voyant rien au-dessus du progrès humanitaire, par une téméraire et sacrilège audace, ils nous proposent de l'introduire dans la religion catholique; comme si la religion n'étaii pas l'œuvre de Dieu, mais des hommes; comme si c'était un système philosophique qui pût être perfectionné par des méthodes humaines. Misérables rêveurs sur qui retombe le reproche que TertuDien adressait aux philosophes de son temps, quand il les accusait a d'avoir composé un christianisme avec Zenon, Platon et Aristole ' ! » Si, en effet, notre sainte religion n'est pas une invention humaine, mais une manifestation de Dieu aux hommes, n'est-il pas facile de concevoir qu'elle emprunte toute sa force de la parole de Dieu même, et que la raison humaine ne saurait lui donner ni marche progressive ni perfectionnement? Sans doute, pour ne pas s'égarer dans une affaire de cette conséquence, la raison doit examiner avec le plus grand soin le fait de là révélation, s'assurer
' TertuU.» de Pnescrip., c. viii.
que Dieu a parlé^ a et lui rendre ainsi, selon le conseil si sage de l'apdtre, un hommage raisonnable \» Mais, dès qu'il est constant que Dieu a parlé, qui donc ignore ou peut ignorer qu'il faut avoir une foi entière en ses paroles, et qu'il n'y a rien de plus conforme à la raison elle-même que d'adhérer pleinement à tout ce qui porte le cachet de Celui qui ne peut ni errer ni tromper?
« Qu'elles sont nombreuses, admirables et éclatantes, les preuves qui convainquent entièrement la raison humaine de la divinité de notre religion, et qui lui montrent que ce nos dogmes ont leur racine en haut, dans le Seigneur des cieux *, et que, dès lors, il ne peut rien exister de plus certain, de plus saint, de plus sâr que notre foi, rien qui soit appuyé sur des principes plus solides! Cette foi, guide de la vie, maîtresse du salut, ennemie de lous les vices, mère et nourrice féconde des vertus, conGrmée par. la naissance, la vie, la mort, la résurrection, la sagesse, les prodiges, les prédictions de son divin auteur et consommateur Jésus-Christ, brille de toute la splendeur de la doctrine qu'elle a reçue d'en haut, et renfermo tous les trésors des richesses divines. Illustrée par les oracles de tant de prophètes, par l'éclat de tant de miracles, par
* Rom., XIII, ir
* S. Joan. Chrysost., Ifomil. I, in Isai.
la constance de tant de martyrs, par la gloire de tant de saints^ elle porte partout avec elle les lois salutaires du Christ, et acquiert^ de jour en jour, de nouvelles forces parmi les plus cruelles persécutions. Armée du seul étendard de la croix, elle a parcouru, du couchant à Taurore, l'univers entier, sur terre et sur mer; et, dissipant les ténèbres de l'erreur, elle^a aboli le culte des faux dieux et triomphé de tous ses ennemis. Les nations et les peuples les plus barbares, si différents de mœurs, de caractère, de lois, d'institutions, elle les a éclairés de la lumière des vérités divines et les a soumis au jpug si suave de Jésus-Christ, annonçant à tous la paix et les véritables biens. Tous ces faits sont tellement marqués au coin de la sagesse et de la puissance divines, que l'esprit le plus borné pourra aisément reconnaître que la foi chrétienne est l'œuvre de Dieu. Appuyée sur des preuves aussi inébranlables, aussi éclatantes, la raison verra clairement, évidemment, que Dieu est l'auteur de notre religion; mais elle ne pourra aller. plus loin, et, méprisant toutes les difficultés, écartant tous les doutes, elle devra se soumettre entièrement à son enseignement, convaincue qu'elle tient de Dieu tout ce qu'elle prescrit aux hommes de croire et de pratiquer
« Vous connaissez encore, vénérables frères, les autres erreurs déplorables et les manœuvres perfides par lesquelles les enfants de ce siècle s'efforcent avec acharnement de détruire la religion catholique et la divine autorité de TÉglise, de renverser ses lois et de fouler aut pieds tous les droits de la puissance ecclésiastique ou civile. . . . Tel est le but du système de TindifTérence en matière de religion, système affreux et contraire aux lumières mèrtles de la raison, qui effacerait toute différence entre la vertu et le vice, la vérité et Terreur, la pudeur et l'effronterie, et qui, au'direde ces imposteurs, conduirait au salut éternel les sectatetirs de toutes les religions; comme s'il pouvait y avoir une alliance entréla justice et l'iniquité, une union entre la lumière et les ténèbres, un pacte entre le Christ et Bélial ! Tel est aussi le but de cette infôme conjuration dirigée contre le sacré célibat des clercs, et embrassée, hélas! par quelques ecclésiastiques; qui, oublieux de leur éminente dignité, se sont laissés captiver par les charmes et lés caresses de là volupté; le but de celle pernicieuse méthode d'enseî^Aement, adoptée surtout dans les cout^ de philosophie, qui entraîne dans de funestes ët-^eurs une jeunesse imprudente, la déprave et lui verse te fiel du dragon dans la coupe de Babylone ; de cette exécrable doctrine, dite du
communhmej si- opposée au droit nalurel, el qui, une fois admise^ renverserait tous les droits, confoiidrait toutes les propriétés et défkiirait jusque dans ses fondements la société humaine; de ces embûches tendues dans les ténèbres par des hommes qui, cachant sous une peau de brebis la férocité des loups, affectent les- dehors trompeurs d^Une piété plus pure, se glissent fen rampant sous le manteau d'une vertu plus austère, d'une discipline plus exacte^ et, séduisant les âmes par -le^rs flatteries, les enlacent dans de mielleux raisonnements, ies tuent dans l'ombre, les détourneAt de toute pratique religieuse, et qui égorgent et dispersent le troupeau du Seigrteur. Tel est, enfin, pour passer sous silence les autres maux qui vous Sont parfaitement coubus, le but de ce fléau contagieux de tant de mauvais livres qu'on r^nd partout, et qui enseignenft ptibliquemeht lé vice; ces ouvrages., habilement composés, pleins de mensOfiges et d'artifices, imprimés à grands frais et propa gé* en tous lieux, pour la riiiTië dti peuple chrétien, sèment au loin des doctrines de mort, séduisent et dépraverii les esprits, surtout des ignorants, et causent à la religion des pertes irréparables. Avec un pareil déluge d'eri'eurs, une liberté aussi effrénée de tout penser, de tout dire, de tout écrire, faut-il s'étonner si les mœurs se- dépravent de jour éh
444 MANDeMBirr
jour, si la sainte religion du Christ est méprisée, la majesté du culte divin abaissée, la puissance du siège apostolique combattue, l'autorité de TÉglise attaquée et réduite à une honteuse servitude, les droits des évêques foulés aux pieds, la sainteté du mariage violée; si Ton voit, dans le christianisme comme dans les états civils, tant d'autres maux qui doivent nous arracher à tous des larmes amères?
« Vivement préoccupé, dans des temps si. critiques pour la religion, du salut de tout le troupeau que le Seigneur Nous a confié, Nous sommes résolu à tout oser, tout entreprendre, dans les limites de notre ministère apostolique, pour procurer de toutes nos forces le bien de la grande famille chrétienne. Nous nous faisons aussi un devoir d'exciter dans le Seigneur votre insigne piété, votre vertu et votre prudence, et Nous vous exhortons, vénérables frères, selon le poste que vous occupez ou la dignité dont vous êtes revêtus, à défendre courageusement avec Nous, appuyés sur le secours d'en haut, la sainte cause de Dieu et de son Église. Vous sentez quels combats acharnés il vous faudra soutenir, vous qui connaissez les nombreuses et profondes blessures dont est couverte l'épouse sans tache de Jésus-Christ, vous qui savez à quels terribles assauts elle est exposée de la part de ses ennemis. Le preniier devoir de votre charge, vous ne l'ignorez pas,
c'est de protéger et de défendre avec une vigueur épiscopale la foi catholique, et de veiller avec le plus grand soin à ce que votre troupeau y demeure fermement et invariablement attaché, puisque « cece lui qui ne la conserve pas pure et sans tache ne ce peut manquer de périr éternellement \ » Employez donc toute l'activité de votre sollicitude pastorale à protéger et conserver cette même foi; ne cessez jamais de faire entendre à tous ses enseignements, de reprendre ceux qui la combattent, de fortifier ceux en qui elle chancelle, de soutenir ceux en qui elle est plus faible, et, en un mot, ne souffrez rien qui puisse porter la moindre atteinte à son intégrité. Ne montrez pas moins de zèle pour entretenir dans tous les cœurs l'union avec l'Église catholique, hors de laquelle il ne peut y avoir de salut, et l'obéissance à cette chaire de Pierre sur laquelle repose, comme sur une base inébranlable, tout l'édifice de notre sainte religion. Déployez une égale énergie pour garder intact le dépôt sacré des lois de l'Église, si propres à maintenir et à faire fleurir la vertu, la religion et la piété. Et, comme ce c'est un acte de grande piété de démasquer c( les manœuvres des impies et de combattre, dans c< leur personne, le démon dont ils sont les minis-
* El symbolo Quicumque.
44C MAMOEMENT
« très \ » Nous vous avertissons et Nous vous conjurons d'employer tous vos soins, tous vos talents, à dév<Hleraux yeux du peuple fidèle tous les artifices des ennemis de ia religion, leurs perfidies» leurs (erreurs, leurs fourberies, leurs complots; engagez ceux qui \om sont soumis à éviter les mauvais livres comme une peste, à fuir comme un serpent ia société et les assemblées -des Impies, à s'éloigner avec horreur de tout cc^qui serait contraire à la pureté de la foi, de la religion et de Immorale. Pour atteindre ce but, prêchez continuellement TÉvan^ gile; que le peuple chrétien, instruit de plus en plus des saintes prescriptions^ de la loi chrétienne, croisse dans la science de Dieu, évite le mal, fasse le bien et marche dans les voies du Seigneur. Vous tenez la place de Celui qui s'est dit doux et huuible de cœur, qui n'est pas venu appeler les justes, mais les pécheurs; nous laissant ses exemples, pour que I nous marchions sur ses traces. Si donc vous voyez
i quelques-uns abandonner les commandements de
Dieui s'écarter du sentier de lavérité et de la justice, f)e manquez pas de les corriger dans un esprit 1 de douceur et de mansuétude; adressez-leur des
I remontrances, des avis des conseils tout paternels;
I reprenez-les, priez-les, conjurez-les en toute bonté,
* s. Léo, Seinio VHI, c. iv.
POUn LE JUBILÉ UNIVERSEL. Ul
patience et doctrine, puisque, «pour la conversion <( des pécheurs, la bonté fait souvent plus que la « sévérité, les instances plus que les menaces, la « charité plus que l'autorité ^ » Faites aussi tous vos efforts, vénérables frères, pour qu^ les fidèles aiment la charité, recherchent la paix et nie négligent rien pour les entretenir; apaisez toutes les dissensions, les inimitiés, les haines, les jalQusi.es; que, par vos soins, tous s'aiment d'un amo^r nmtuel; que, réunis dans la même affection et les mêmes sentiments, ils n'aient tous qu une même pensée, une même volonté, un même langage en Jésus-Christ Notre-Seigneur. Inculquez au peuple chrétien la nécessité de rendre au^ princes et aux puissances l'obéissance et la soumission qui leur sont dues; rappelez-leur cet oracle de l'apôtre * : Que toute puissance vient de Dieu; que lui résister, c'est résister à l'ordre de Dieu et souscrire par là même à sa condamnation, et que le précepte de l'obéissance aux divers pouvoirs ne peut être violé sans péché, à moins qu'ils nq prescrivent quelque chose de contraire aux lois 4e Dieu ou de l'Église. ; « Mais, comme «rien n'est plus propre à fQrmer « les autres à I9 piété et au culte de Dieu que la vie « et l'exemple de ceux qui se sont consacrés au divin
* (]oiicil. Trident. Scss. m, c. i, de Heibnual. «Rom., XIII, i, ±
« ministère*; » comme, le plus souvent, tels sont les pasteurs, tel est aussi le troupeau qu'ils conduisent, votre éminente sagesse doit comprendre, vénérables frères, avec quel soin et quel zèle vous devez vous efforcer de faire briller dans le clergé la gravité des mœurs, la pureté de la vie, la sainteté et la doctrine, de maintenir exactement la discipline ecclésiastique fondée sur les saints canons, et de lui rendre, sî elle était tombée, son premier éclat. Vous n'avez pas oublié le précepte de Tapôtre, qui vous défend de vous hâter d'imposer les mains; vous n'introduirez dans le sanctuaire et vous n'initierez aux saints ordres que ceux qui, après un examen sérieux et attentif, vous auront paru également recommandables par leur science et leur sagesse, capables de devenir un jour le soutien et l'ornement de vos diocèses; qui, fuyant ce qui est interdit aux clercs, s'appliquent à la lecture, à la prédication et à l'instruction. « Modèles des4idèles par leur con- « duite, leur conversation, leur charité, leur foi,. « leur chasteté *, » qu'ils se rendent dignes de Testime universelle, et qu'ils soient propres à former,, à exciter, à animer le peuple chrétien à la pratique de la vertu. « Car il vaut certainement mieux, sui- « vant le judicieux avis de Benoît XIV, notre pré-
* Concil. Trident. Scss. xiii, c. i, de Refoimat. «ITimoth. lY, 12.
POUR LE JUBILE UNIVERSEL. 4i0
<c décesseur d'immortelle mémoire, il vaut mieux c< avoir un petit nombre de ministres, mais verce tueux, mais capables et utiles, qu'un plus grand « nombre qui ne serviraient pas à édifier le corps « de Jésus^Christ, qui est l'Église ^ » Le principal objet de votre sollicitude doit être de surveiller la conduite et la capacité de ceux à qui sont confiés le soin et la direction des âmes; c'est à vous de vous assurer si, fidèles dispensateurs de tous les trésors de la grâce, ils s'appliquent sans relâche à nourrir et assister le peuple qui leur est confié par l'administration des sacrements, la prédication de la divine parole et l'exemple des bonnes œuvres; s'ils le forment à toutes les règles et les pratiques de la piété, s'ils le conduisent sûrement dans le chemin du salut. Vous sentez, en effet, qu'avec des pasteurs ignorants ou négligents à remplir leurs devoirs, les mœurs se corrompent bientôt, la discipline se relâche, les pratiques de la religion tombent dans l'oubli, et que tous les vices, tous les désordres, se glissent facilement dans l'Église. Et, de peur que la parole de Dieu, si. puissante, si efficace, plus pénétrante qu'un glaive à deux tranchants, que cette parole instituée pour le salut des hommes ne devienne stérile par la faute de ceux qui l'annon-
* Bened. xiv, in epist. encycL ad omnes episcopos, cujus initium, ubi primum.
i;30 MANDEMENT
cent,*re€omman(lez sans cesse^ vénérables frères, aux prédicateurs de la divine parole, de se rappeler souvent toute l'importance de leurs fonctions et de ne pas s'appuyer, dans Texercice de leur ministère évangélique, Sur les raisonnements de la sagesse humaine, ni sur le vain appareil ou les charmes profanes d'une éloquence toute mondaine, mais sur la force et la vertu de l'esprit d'en haut. Dignes ministres de la parole sainte, qu'ils ne se prêchent pas eux-mêmes, mais Jésus-Ghrist crucifié; qu'ils exposent, dans des discours simples, clairs et pleins de noblesse, les dogmes de notre religion, les préceptes de l'Église catholique et la doctrine des saints Pères; qu'ils expliquent à chacun, en particulier, les devoirs de son état; qu'ils détournent tous leurs auditeurs du péché et les embrasent du zèle de la piété. Ainsi, les fidèles, heureusement pénétrés de la parole de Dieu, et fortifiés par elle, se corrigeront de leurs vices, pratiqueront les vertus, et mériteront d'échapper aux peines éternelles et d'obtenir la gloire céleste. Engagez enfin tous les ecclésiastiques, avec un ;zèle et une prudence pastorale, à peser mûrement, devant le Sei^eur, le ministère qu'ils ont reçu de lui, à en remplir exactement toutes les fonctions, à aimer la beauté delà maison de Dieu, à s'appliquer sans cesse, et a?ec une tendre piété, à la prière et à la récitation des
heures canoniques qui leur est imposée par l'Église; ce sera le moyen d'attirer sur eux les grâces nécessaires pour bien s'acquitter des devoirs de leur charge, d'apaiser la colère de Dieu et de le rendre propice au peuple chrétien.
<c Mais TOtre sagesse le sait bien, vénérables frères : pour obtenir un jour de dignes ministres de l'Église, il faut avoir des clercs formés avec le plus grand soin, et la bonne éducation qu'ils reçoivent dans leur jeunesse exerce sur le reste de leur vie une immense influence* Vous dirigerez donc toute l'ardeur de votre zèle pastoral vers l'éducation des clercs; ayez soin que, dès leurs plus tendres années, ils soient formés à la piété et à une vertu solide, et qu'ils soient parfaitement instruits dans les lettres, les sciences, et surtout dans les sciences eoelésiastiques. N'ayez rien plus à cœur, ne Yoyez rien de plus important que d'établir, avec toute la prudence et l'activité dont vous êtes capables, des séminaires, selon les prescriptions du concile de Trente \ s'il n'en existe pas encore dans vos diocèses,, et de donner à ceux qui existeraient l'extension dont ils seraient susceptibles. Mettez à leur tête des hommes remarquables, placez-y des maîtres habiles, et exercez la plus grande vigilance
^ Gondl. Trident. Se», xxiii, e.xvm, De Reformât.
pour que les jeunes lévites y soient pieusement et religieusement élevés dans la crainte de Dieu et la discipline canonique; qu'ils s'appliquent particulièrement et qu'ils donnent la plus grande partie de leur temps aux sciences ecclésiastiques exposées selon la doctrine catholique et sans aucun mélange d'erreurs; qu'ils étudient les traditions de T Église, les écrits des saints Pères, les rites et les saintes cérémonies : vous aurez de cette manière une pépinière féconde d'ouvriers savants et courageux, remplis de l'esprit ecclésiastique et parfaitement instruits, qui pourront, quand le temps sera venu, cultiver avec succès le champ du père de famille et combattre vaillamment les combats du Seigneur. Et comme, pour conserver la piété puisée dans ces saints asiles et maintenir la dignité de l'ordre ecclésiastique, rien n'est plus utile que Tinstitutioa des exercices spirituels, votre sollicitude épiscopale ne négligera pas une œuvre si importante; vous ne cesserez d'engager et d'exhorter ceux qui ont choisi le Seigneur pour partage à se retirer souvent dans un lieu convenable pour s'appliquer à ces exercices, et, libres de leurs occupations extérieures, vaquer avec plus de ferveur à la méditation des choses célestes : là, se purifiant des souillures contractées au milieu de la poussière du monde, ils pourront se renouveler dans l'esprit ecclésiastique,
et, après s'être dépouillés du vieil homme avec ses acteS; ils se revêtiront du nouveau, qui a été créé dans la justice et la sainteté. Si Nous nous sommes arrêté aussi longtemps à vous parler de l'éducation et de la discipline du clergé, vous Nous le pardon* nerez sans doute; car vous n'ignorez pas qu'un grand nombre d'hommes, dégoûtés de la variété, de l'inconstance et de la mobilité des opinions hu* maines, et sentant le besoin d'embrasser notre sainte religion, reviennent plus facilement, avec la grâce de Dieu, aux croyances et aux pratiques de l'Église, quand ils voient le clergé se distinguer du reste des fidèles par sa piété, sa pureté, sa sagesse, sa science et la pratique de toutes les vertus. « Au reste. Nous ne doutons pas un. seul instant, frères bienainiés, que, enflammés comme vous l'êtes d'une ardente charité pour Dieu et les hommes, embrasés d'un immense amour pour l'Église, ornés de vertus presque angéliques, animés d'un courage et doués d'une prudence épiscopale, brûlant d'un même zèle pour le bien, vous ne marchiez constamment sur les traces des apôtres, et qu'imitant, comme il convient à des évêques, l'exemple de notre commun pasteur, de Jésus- Christ, dont vous tenez la place, vous n'unissiez vos efTorts pour devenir le modèle de votre troupeau, et que vous n'illuminiez le clergé et le peu-
454 NANDEHEIfT
pie fidèle de tout l'éclat de votre sainteté. Oui, Nous en avons la ferme conviction, vous revêtant d'entrailles de miséricorde, et pleins de compassion pour les âmes égarées ou ignorantes, à l'exemple du pasteur de l'Ëvangile, vous rechercherez avec bonté les brebis qui périssent; vous les poursuivrez, vous les mettrez sur vos épaules avec une affection toute paternelle, et vous les ramènerez au bercail; vous n'épargnerez ni peines, ni soins, ni conseils, pour remplir religiet|sement tous les devoirs de votre charge pastorale, et pour défendre de la fureur, des attaques et des embûches des loups ravissants ces brebis qui vous ont été confiées, et qui nous sont si chères, rachetées qu'elles sont du sang de Jésus- Christ; vous les détournerez des sources empoisonnées et vous les guiderez dans de gras pâturages; en un mot, par vos travaux* vos exhortations, vos exemples, vous les conduirez sûrement au port du salut éternel. Travaillez donc avec un courage vrril, vénérables frères, pour procurer la gloire de Dieu et de son Ëglise; que toute votre sollicitude, votre vigilance, vos efforts, aient pour but de dissiper toute» les erreurs, de déraci* ner les vices, de propager sur la terre le règne de la foi, de la religion, de la piété et de la vertu; d'obtenir que tous les fidèles, rejetant les œuvres de ténèbres marchent comme des enfants de lu-
mière, dignes de Dieu doat ils accompliront en tout la volonté, et produisant en abondance les fruits de toutes les bonnes œuvresi Et, si vous vous sentez pressés par les dangers^ les difticultés et les angoisses inséparables de votre sublime ministère, surtout dans le temps où nous vivons, ne vous laissez point abattre par la crainte, mais armez-vous de courage dans le Seigneur, confiez-vous à la puissance de Celui qui, (c du haut du ciel, nous ce voit lutter pour la gloire de son nom, qui applauc( dit à notre bonne volonté, nous protège dans le a combat et nous .cauronne après la victoire '. » Pour Nous, notre plus grand bonheur, notre plus douce satisfaction, le but de tous nos désirs, serait devons donner dçs marques de notre afTeclion, à vous tous qui Nous êtes si chers dans le cœur de JésasHChrist, de vous aider de nos soins et de nos coÂsetls, de travailler avec vous de toutes nos forces à protéger et étendre la gloire de Dieu et la foi catholique, et à sauver ks âmes pour lesquelles Nous sommes prêts, s'il était nécessaire, à donner jusqu'à notre vie. Venez donc, frères bién-aimés, Nous vous en prions et vous en conjurons instamment, venez avec amour et avec une entière confiance à ce siège du bienheureux prince des apôtres, à ce
* s. Gyprian., Epist. 77 ad Aemesianum et caeteros martyres.
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centre de l'unité catholique, à ce faite de Tépiscopat d'où les évêques empruntent leur nom et leur autorité : venez à Nous toutes les fois que vous croirez avoir besoin de notre secours et de notre protection, ou de l'autorité de notre siège apostolique.
c< Nous espérons aussi que les princes, nos chers fils en Jésus-Christ, dont la piété et la religion Nous sont connues, se rappelleront c< que la royauté ne c< leur a pas été donnée seulement pour gouverner « le monde, mais surtout pour protéger l'Ëglise ', » et que « Nous, de notre côté, Nous ne soutenons ce pas la seule cause de TÉglise, mais celle de leur « royaume, de leur sûreté, de la tranquillité de a leurs provinces '; » et Nous aimons à croire qu'ils joindront leurs vœux aux nôtres; que, par leurs conseils, leurs efforts, leur puissance, ils favoriseront l'autorité de l'Église et ne souffriront pas qu'on porte la moindre atteinte à sa liberté^ afin que la main de Jésus-Christ protège aussi leur couronne.
« Pour obtenir d'aussi grandes faveurs et d'aussi heureux résultats, allons avec confiance, vénérables frères, au trône de la grâce; et tous, dans la conviction intime de notre indignité, adressons sans relâche d'instantes prières au Père des miséricordes et au Dieu de toute consolation, le conjurant, par
* s. Léo, Epi:st. 156, alias 125 ad L.6onem Augustum. ^ S. Léo, Epist. 43, alias 34 ad Theodosium Augustum.
POtJR LE JUBILÉ UNIVERSEL. 457
les mérites de son Fils unique, d'accorder à notre faiblesse l'abondance de tous ces dons cèles tes, de terrasser par sa force toute-puissante les ennemis qui nous attaquent, de répandre partout la foi, la piété, la dévotion, la paix, afin que sa sainte Ëglise, victorieuse de toutes les erreurs et de toutes les oppositions, jouisse d'une tranquillité parfaite, et qu'il n'y ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur. Et, afin de rendre le Seigneur favorable à nos prières et propice à nos vœux, employons toujours auprès de lui l'intercession de la très-sainte mère de Dieu, l'immaculée vierge Marie, notre bonne mère à tous, notre médiatrice, notre avocate, notre espérance la plus ferme et le plus solide appui de notre confiance, Marie, dont le patronage est le plus puissant et le plus efficace auprès de Dieu* Prions aussi le Prince des apôtres, à qui Jésus-Christ a donné les clefs du royaume des cieux, et qu'il a établi la pierre angulaire de son Église, contre laquelle les portes de l'enfer ne pourront jamais prévaloir; invoquons Paul, son collègue dans l'apostolat, et tous les autres saints du ciel qui ont déjà reçu la couronne du combat, afin qu'ils obtiennent au peuple chrétien l'abondance si désirée des miséricordes divines.
« Enfin, comme présagede tous ces dons célestes, et surtout en témoignage de notre affection pour
VOUS, Nous VOUS accordoniï:^ee amour, et de tout notre cœur^ à voiis, vénérables frères^ au clergé et aux fidèles confiés à vos soins, notre bénédktion apostolique.
« Donné à Rome, jàlSainte-Ma rie-Majeure, le neuf novembre de l^an mil huit cent quarante-six, la première de notre pontificat. ^
En. nous adressant les admira^lea instructions que vous venez d'étendre» nos. tréis^^hers frères, pour être la, règle constaqte de notre conduite dans le gouvernement de nos. églises, le père commun des fidèles les a fait suivre d'autres lettres apostoliques qui vous concernent plus particulièrement. Ces lettres portent Tindiction et la concession dfun jubilé universel, faveur insigne que les souverains pontifes sont dans l'usage d'accorder au monde chrétien à l'époque de leur heureux avènement au trône pontifical. C'est donc avec une grande jpie qu!en publiant dans notre diocèse la bulle relative au jubilé nous vous exhortons, par les entrailles de Jésus-Christ, à profiter des grâces extraordinaires qui vous sont offertes; les trésors des miséricordes divines sont ouverts à tous, tous peuvent y puiser le pardon de leurs fautes, Tabsolution de leurs péchés, et une pleine et parfaite réconciliation avec Dieu.
Nous laisserons à tos vénérables pasteurs à vous expliquer dignement, dans une suite de solides instructions, ce' que c'est que le jubilé; à établir le droit et la pîuissance de l'Ëglise par rapport aux indulgences; comment, ayant reçu de Jésus-Christ le double pouvoir de délier et de remettre, elle Texerce légitimement, tant àVégard àelditoulpe qu'à l'égard de la peine due au péché : dans le premier cas, par Vabêolution: dans le second, par les indulgences. Ces defux parties de la puissance de l'Église sont également coïistantes par l'Écriture et la tradition. La première, qui e$t le fondement de l'autre, ne peut être mieux expliquée que dans la doctrine du concile de Trente, à la session xiv, où il traite de la nécessité et du fruit de la satisfaction ; et la seconde n'est pas moins saintement et moins sagement établie dans le décret des indulgences, où ce concile en expose la foi et en règle l'usage. En vous exhortant autant qu'il est en nous, nos très-chers frères, de prêter une oreille docile à la voix de vos bienaimés pasteurs, « afin de ne pas recevoir en vain la grâce qui vous est offerte ^ » nous nous bornerons ici à prescrire les conditions que vous serez obligés de remplir pour gagner l'indulgence du jubilé.
* ÂdjuTantes obsecramus ne in Tacaum gratiam Dei reci[Matis, IlCor., Ti, 1.
Article premier. Le jubilé universel accordé par Sa Sainteté Pie IX, à l'occasion de son exaltation, s'ouvrira, pour notre diocèse, le dimanche de la Passion, 21 mars prochain, et finira le il avril, dimanche de Quasimodo.
L'ouverture du jubilé sera annoncée le samedi 20 mars, vers les six heures du soir, par le son de toutes les cloches des églises du diocèse.
ART. 21 Le dimanche 21 mars, jour dePouverture du jubilé, on chantera, dans les églises paroissiales, avant la grand'messe, et dans les chapelles, avant la messe de communauté, le Veni Creator^ avec le verset et l'oraison. .
Le même jour, il y aura bénédiction du très- Saint Sacrement avec le saint ciboire; on y chantera, après les prières accoutumées, le Domine, non secnnduwj le psaume Miset'ere mer, Deu$..*, les verset et oraison Pro peccatisj et les verset et oraison Pro papa.
ART. 3. Pendant la durée du jubilé, les prêtres ajouteront à la messe l'oraison Pro papa, le jeudi saint et le jour de Pâques exceptés. .
ART. 4. Pour gagner Tindulgence du jubilé, il est ordonné, par les lettres apostoliques, l"" de visiter deux fois Tune des églises désignées par nous pour les stations, et d'y prier quelques moments aux intentions du souverain pontife; on pourra sa-
POUR LE JUBILÉ UNIVERSEL. 46i
tisfaire à cette obligation en récitant cinq Pater et cinq Ave.
Conformément à cette première prescription, nous désignons, pour y faire les stations du jubilé, notre cathédrale et toutes les églises de la ville et du diocèse, comme aussi toutes les chapelles où se célèbre Toffice divin, de manière que les fidèles aient, à cet égard, une pleine liberté de visiter celles qui leur conviendront le mieux.
ART. 5. La deuxième obligation imposée par notre saint-père le pape, pour gagner l'indulgence du jubilé, c'est de jeûner le mercredi, le vendredi et samedi de Tune des trois semaines de sa durée.
Par un rescrit particulier, Sa Sainteté a bien voulu autoriser les fidèles de notre diocèse à satisfaire, par les jeûnes du Carême, aux trois jeûnes prescrits pour l'indulgence; il suffira, pour cela, d'en appliquer trois dans la même semaine, celui du mercredi; du vendredi et du samedi, à Tintention du jubilé.
Art. 6. La troisième condition imposée par le saint-père, c'est de se confesser et de communier.
La communion pour le jubilé doit être distincte de la communion pascale. Elle pourra se faire dans le cours des trois semaines, dans quelque église ou chapelle que ce soit; nous invitons cependant les
fidèles à la faire, autant qu'il sera possible, dans leurs paroisses respectives.
Art. 7. Enfin, la quatrième condition consiste à faire, selon ses facultés, une aumône aux pauvres.
ART. 8. En vertu des lettres apostoliques, nous donnons aux confesseurs le pouvoir de dispenser en tout ou en partie des stations, des jeûnes ou de Taumône ceux de leurs pénitents qu'ils jugeront avoir un droit légitime à cette dispense, en ayant soin de commuer ces œuvres de piété en d'autres œuvres pieuses, mais plus appropriées à l'âge et à la condition de chacun.
Les enfants qui n'ont pas encore fait leur première communion pourront gagner l'indulgence sans rer cevoir la sainte Eucharistie, et en accom[difisant les autres conditions prescrites, au jugement de leurs confesseurs.
.Vrt. 9. Nonobstant, le temps pascal, les fidèles, de quelque condition qu'ils soient, séculiers ou réguliers, sont autorisés par nous à choisir, pour la confession du jubilé, le confesseur qui leur conviendra le mieux parmi les prêtres approuvés dans le diocèse.
Toutefois les religieuses n'auront à choisir que parmi les prêtres approuvés pour entendre, les confessions des religieuses.
Art. 10. Pendant le jubilé, et même après l'ex-
piration de son temps, pour terminer I\es confessions commencées dans l'intention de le gagner, les pré^ très approuvés pour la confession auront le pouvoir d'absoudre, pour cette fois seulement, de tous les cas et censures réservés au saint-siége ou à nous^ ainsi que là faculté de commuer les vœux des pé^ nitents, sauf les exceptions portées dans les lettres apostoliques, et sans déroger à la constitution et aux déclarations de Benoît XIV ^
ART. 11. Nous révoquons tous les pouvoirs de confesser et d'absoudre, accordés par nos prédéces»seurs, par nous ou nos vicaires généraux, aux prêtres libres du ministère paroissial et, qui ne sont attachés à aucune église en particulier par un titre et des fonctions obligatoires.
Les prêtres dont les pouvoirs sont révoqués par le présent article auront à les faire renouveler par écrit, après la publication des présentes. Leurs demandes, à cet effet, nous seront transmises par MM. les curés des paroisses où ils ont exercé jusqu'ici le saint ministère.
Art. 12. Les confesseurs se souviendront que le jubilé ne supplée point aux dispositions requises dans le pénitent pour obtenir en temps ordinaire la rémission de ses fautes par le sacrement de Péni-
* Voir les lettres pontificales.
tence, et qu'ils sont autorisés à retarder le jubilé à l'égard des fidèles à qui les saintes règles de l'Ëglise prescrivent de différer l'absolution.
Art. 13. Les voyageurs de terre et de mer empêchés de profiter du jubilé pourront le gagner en accomplissant les conditions prescrites aussitôt qu'ils seront rentrés dans leurs foyers.
ART. 14. Le dimanche de Quasimodo, jour de la clôture du jubilé, il sera chanté, après Vêpres, tant dans notre église cathédrale que dans les autres églises et chapelles du diocèse, un Salut solennel suivi du Te Dewn et de l'oraison Pro gratiis agendU.
ART. 15. Et sera notre présent mandement, ensemble l'encyclique et les lettres apostoliques de Sa Sainteté, lu au prône des messes paroissiales de toutes les églises de notre diocèse le troisième dimanche de Carême.
Cette lecture pourra être partagée.
Donné à Orléans, en notre pafais épiscopal, sous notre seing, le sceau de nos armes, et le contreseing du secrétaire général de notre évêché, le 25 février 1847.
t JEAN JACQUES, évêque d'Orléans-
Par mandement de Monseigneur :
RABOTIN, chanoine honoraire, secrétaire généraL