QUI INDIQUE UN JUBILÉ UNIVERSEL
POOR IMPLORBm U fBGOUES DIV»
Pie IX, à tous les fidèles qui verront les présentes lettres, salut et bénédiction apostolique.
Élevé par les impénétrables desseins de la Provi* dence, malgré notre indignité, au faite du siège apostolique, Nous connaissons trop bien les difficultés des temps et des circonstances présentes pour ne pas sentir combien Nous avons profondément besoin du secours d'en haut pour préserver le troupeau du Seigneur des embûches cachées partout, et pour relever et régler, selon le devoir de notre charge, les affaires de l'Église catholique. Aussi, jusqu'à ce jour, Nous n'avons cessé d'adresser des prières continuelles au Père des miséricordes, afin qu'il daigne fortifier de sa vertu nos faibles forces cl éclairer notre esprit de la lumière de sa sagesse, pour que le ministère apostolique qui Nous est confié tourne à l'avantage et à la félicité de la chrétienté II. ?o
tout entière, et qu'enfin, les flots s'apaisant, levaisseau de l'Église se repose des longues agitations de la tempête. Mais, comme ce qui est un bien commun doit être demandé par des vœux communs, Nous avons résolu d'exciter la piété de tous les fidèles de Jésus-Christ, afin que, leurs prières étant jointes aux nôtres, Nous implorions avec plus d'ardeur le secours de la droite du Tout-Puissant. Et, comme il est certain que les prières des hommes seront plus agréables à Dieu s'ils viennent à lui avec des cœurs purs, c'est-à-dire avec des consciences libres de toute souillure, Nous avons résolu d'imiter l'exemple que Nous ont donné nos prédécesseurs, au commencement de leur pontificat, en ouvrant, avec une libéralité apostolique, auK fidèles de Jésus-Christ, les célestes trésors d'indulgences dont la dispensa tion Nous a été confiée, afin qu'excités plus vivement à la vraie pjété, et lavéa des taches du péché par le sacrement; de Pénitence, ils approcbeot avec plus de confiance du trône de Dieu, obtiennent sa miséricorde et trouvent: gr&ce auprès de lui.
Tour ces motifs. Nous annonçons à l'univers catholique une indulgence en forme de jubilé. C'est pourquoi, Nous confiant en la miséricorde du Dieu tout-puissant, et en l'autorité de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul, en vertu de cette puissance de lier et de délier que le Seigneur Nous a conférée»
POUR LE JUBILÉ UNIVERSEL. iC7
quelque indigne que Nous en soyons, Nous donnons et accordons, par la teneur des présentes, indulgence plénière et rénaission de tous leurs péchés à tous et chacun des fidèles de Tun et de l'autre sexe demeurant dans notre bonne ville, lesquels, depuis le deuxième dimanche de l'Avent, c'est-à-dire depuis le 6 décembre inclusivement jusqu'au vingtseptième jour du même mois inclusivement, jour de la fête de saint Jean, apôlre, visiteront deux fois, pendant ces trois semaines, les basiliques de Saint-Jean-de-Latràn, du Prince des apôtres et de Sainte-Marie-Hajeure, ou bien Tune de ces églises, y prieront avec dévotion durant quelque espace de temps, jeûneront le mercredi, le vendredi et le sa* mcdi de l'une de ces trois semaines, et, dans le même intervalle de ces trois semaines, se confesseront et recevront avec respect le très-saint sacrement de l'Eucharistie, et feront quelque aumône aux pauvres, chacun selon sa dévotion ; et pour tous ceux qui, demeurant hors de Rome, en quelque lieu que ce soit, visiteront deux fois les églises désignées, au reçu de la présente, soit par les ordinaires, soit par leurs vicaires ou ofTiciaux, soit d'après leur ordre, et, à leur défaut, par ceux qui ont la conduite des âmes dans ces mêmes lieux, ou quelqu'une d'elles, dans le même espace de trois semaines (lesquelles semaines seront déterminées,
en même temps que les églises, par les autorités indiquées ci-dessus), et qui accompliront avec dévotion les autres œuvres ci-dessus énumérées; Nous leur accordons aussi, par ces présentes, Tindulgence plénière de tous leurs péchés, comme on a coutume de raccorder, dans Tannée du jubilé, à ceux qui visitent certaines églises dedans ou dehors la ville de Rome.
Nous accordons aussi que ceux qui sont sur mer ou en voyage, aussitôt qu'ils seront dans les lieux de leur domicile, puissent gagner la même indulgence, en remplissant les conditions ci-dessus marquées, et en visitant deux fois l'église cathédrale, principale ou paroissiale du lieu de leur domicile. Et, à l'égard des réguliers de Tùn et de l'autre sexe, de ceux même qui vivent en perpétuelle clôture, et de tous autres, quels qu'ils puissent être, tant laïques qu'ecclésiastiques, séculiers et réguliers, même ceux qui sont en prison ou détenus par quelque infirmité corporelle ou autre empêchement, qui ne pourront accomplir les œuvres exprimées cidessus, ou quelques-unes d'elles, Nous permettons pareillement qu'un confesseur du nombre de ceux qui sont déjà approuvés par les oi*dinaires des lieux, puissent leur commuer lesdites œuvres en d'autres œuvres de piété, ou les remettre à un autre temps peu éloigné, et enjoindre des choses que
les pénitents pourront accomplir. Nous autorisons aussi le même confesseur à dispenser de la réception de reucharislie les enfants qui n'ont point encore fait leur première communion.
Nous donnons de plus, à tous et à chacun des fidèles, séculiers et réguliers, de quelque ordre et institut qu'ils soient, la permission et le pouvoir de se choisir, à cet effet, pour confesseur, tout prêtre, tant séculier que régulier, du nombre de ceux qui sont approuvés par les ordinaire$ des lieux (les religieuses mêmes, les novices et les femmes vivant dans le cloître, pourront user de cette permission, pourvu que le confesseur soit approuvé pro Monialibus), lequel pourra les absoudre et délier dans le for de leur conscience, et, pour cette foi seulement, d'excommunication, suspenses, condamnations ecclésiastiques et censures, soit àjure^ soit ah hamine, prononcées et portées, pour quelque cause que ce soit (hormis celles qui sont exceptées plus bas), et aussi de tous péchés, excès, crimes ou délits, quelque graves et énormes qu'ils puissent être, même réservés, en quelque manière que ce soit, aux ordinaires des lieux, ou à Nous et au siège apostolique, et dont l'absolution ne serait pas censé accordée par toute autre concession, quelque étendue qu'elle fût; lequel confesseur pourra, en outre, commuer toutes sortes de vœux même faits avec
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serment et réserves au siège apostolique (exceplé les vœux de chdslelé, de religion, et ceux par lesquels on contracte une obligation envers un tiers, lesquels auraient été acceptés par lui, ou donlTomission lui porterait préjudice, ainsi que les vœux dits préservatifs du péché, ^ moins que la commutation de ces vœux ne sbit jugée aussi utile que leur première matière pour réprimer Thabitude du péché), en d'autres œuvres pies et salutaires, en imposant néanmoins à tous et à chacun d'eux, dans tous les cas susdits, une pénitence salutaire, et autres choses que ledit confesseur jugera à propos de leur enjoindre.
Nous accordons, en outre, la faculté de dispenser d'irrégularité contractée par violation des censures, en tant qu'elle n'a pas déjà été déférée au for extérieur, ou ne pourrait y être déférée facilement. Nous n'entendons pas néanmoins, par ces' présentes, dispenser d'aucune irrégularité publique ou occulte, défaut, note d'infamie, incapacité ou inhabileté, de quelqde manière qu'elle ait été contractée, ni donner aucun pouvoir de dispenser sur ces objets, ou de réhabiliter et de remettre dans le premier état, même au for de la conscience, ni que les présentes doivent déroger à la constitution de Benoît XIV, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, commençant par ces mots : SacranwiUnn
fœmteiiliœ, ni aux déclarations qui y sont jointes touchant Tincapacité d'absoudre son complice et l^obligation de I4 dénonciation, ni aussi que les présentes^ puissent oii doivent servir, en aucune manière, à ceux qui auraient été nommément excommuniée, suspens ou interdits par Nous on par le siège apostolique, ou pa^ quelque'autre prélat ou juge ecclésiastique, ou qui auraient été autrement déclarés* ou dénoncés publiquement comme ayant encouru des censures et autres peines portées par des sentences, à moins que, dans Tespace desdites trois semaines, ils n'aient satisfait ou. ne se soient accordés avec les parties intéressées. Que si, dans ledit terme, ils n'ont pu satisfaire au jugement du confbssetïr. Nous accordons qu'ils puissent être absous dans le for de la conscience, a TefTet seulement de gagner les indulgences du jubilé, avec l'obligation de satisÊiire aussitôt qu'ils pourront.
C'est pourquoi Nous mandons et ordonnons expressément, par ces présentes, en vertu de la sainte 'Obéissance^ à tous et à chacun de nos vénérables frères les patriarches, archevêques, évéques et autres prélats des églises, à tous les ordinaires des lieux, quelque piart qu'ils Soient, et à leurs vicaires et ofBciaux, ou, à leur défaut, à ceux qui ont la conduite des âmes, que., lorsqu'ils auront reçu copie des présentes, même imprimées, ils les publient
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OU les fassent publier aussitôt que^ devant Dieu, ils le jugeront convenable, en vue du temps et des \\euxy dans leurs églises, diocèses, provinces, villes, bourgs, territoires et lieux, et qu'ils désignent aux peuples convenablement préparés, autant que faire se pourra, par la prédication de la parole de Dieu, les églises à visiter et le temps pour le présent jubilé.
Ces présentes pourront avoir et auront leur effet nonobstant toutes constitutions et ordonnances apostoliques, et particulièrement celles par lesquelles la faculté d'absoudre, en certains cas y exprimés, est tellement réservée au pontife romain, tenant pour lors le saint siège, que^ semblables ou différentes concessions d'indulgences et de facultés de cette sorte ne peuvent être d'aucun effet à qui que ce soit, s'il n'en est fait mention expresse, ou s'il n'y est spécialement dérogé; comme aussi, nonobstant la règle de ne point accorder d'indulgences ad inslarj et nonobstant tous statuts et coutumes de tous ordres, congrégations et instituts réguliers, même confirmés par serment et autorité apostolique, et de quelque autre manière qu'ils aient pu l'être; nonobstant enfin tous privilèges, induits et lettres apostoliques accordés, en quelque forme que ce puisse être, à ces mêmes ordres, congrégations et instituts et aux personnes qui les composent,
même approuvés et renouvelés : auxquelles choses et à chacune d'icelles, comme aussi à tous autres contraires, Nous dérogeons pour cette fois spécialement, nommément et expressément, à l'efTet des présentes; encore que d'icelles et de toute leur teneur il fallût faire mention ou autre expression spéciale, spécifique et individuelle, et non par des clauses générales équivalentes, ou qu'il fût besoin d'observer pour ce quelque autre formalité particulière, réputant leur teneur pour suffisamment exprimée dans ces présentes, et toute la forme prescrite en ce cas pour dûment observée. Et, afin que les présentes, qui ne peuvent être portées partout, puissent plus facilement venir à la connaissance de tous les fidèles, Nous voulons qu'en tous lieux foi soit ajoutée aux copies des présentes, même imprimées, signées de la main d'un notaire public, et scellées du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique, telle qu'on l'ajouterait aux présentes, si elles étaient exhibées et représentées en original.
Donné à Rome, près Sainte-Marie-Majeure, sous l'anneau du pêcheur, le vingt novembre mil huit cent quariante-six, la première année de notre pontificat.
Â. Gard. Lambrusghim.
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LETTRE (:IRJ2ULAIRË
■"•'^ • Orléans;!© 6 juillet i«47.
Monsieur le curé,
/ La retraite ecclésiastique .s'ouyrini, cette année, le 16 du mois de septembre prochain. Voua apprendrez arec plaisir qu'elle âera prôchée par M. l'abbé •Hamon, auteur de la vie de monseigneur le cardinal de Gheverus et de plusieurs autres ouvrages également estimés du clergé de France. Sans doute le succès des exercices spirituels, tout le monde le sait, n'est point essentiellement attaché à la science ni i la piété du prêtre qui les dirige; cependant le mérite, personnel du prédicateur, sa foi vive, ses talents, son zèle, disposent merveilleusement les esprits à goûter sa parole et à mettre à profit ses graves enseignements. Sous ce point de vue, nous
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pouvons donc espérer de celte retraite un plein succès et les plus abondantes consolations.
Vous n'attendez pas ici de moi, monsieur le cUré» de longues réflexions sur soh importance et ses avantages; tout a été dit à cet égard depuis longtemps, et jamais la nécessité des retraites ecclésiastiques ne fut plus vivement sentie qu'au milieu des illusions de tout genre qui égarent ou dissipent aujourd'hui les âmes. Elles remplacent, autant quMl est possible, les anciens synodes^ ces vénérables assemblées qui conservaient avec tant de bonheur la sainte intégrité de la discipline et des mœurs sacerdotales; elles tirent le clergé de cet isolement Aineste auquel le condamnent les temps difficiles où nous vivons; elles font époque dans la Vie des bons prêtres, car c'est toujours d'une retraite bien faite que datent, pour eux, les fortes résolutions et les réforifies salutaires. « On y passe dans un autre état, dit saint Vincent de Paul, on n'est plus ce qu'on était, on devient un autre homme. » C'est le temps du prêtre, le seul temps qui soit véritablement à lui. Libre un moment de ses préoccupations ordinaires, dégagé de toute sollicitude extérieure, il entre avec jôie dans cette solitude mystérieuse où Dieu se piait à parler à son cœur, l'éclaîranl de ses divines lumières, le guérissapt de ses langueurs, et lui communiquant un
courage nouveau contre les ennuis mortels et les longs découragements de son laborieux apostolat.
Il ne faut donc pas être surpris si, là où le clergé comprend le mieux l'importance de la retraite ecclésiastique, là où elle est la plus édifiante et la plus nombreuse, là aussi, malgré tous les obstacles, le sacerdoce conserve le mieux son influence et sa dignité. Votre propre expérience vous a appris, monsieur le curé, que le pasteur n'a d'empire sur sa paroisse qu'autant qu'il en a sur lui-même; on se flatte en vain d'apprendre aux autres à triompher de leurs passions, si l'on ne sait vaincre les siennes. Le secret de convertir les âmes, c'est de tenir toujours sa conscience en parfait état de conversion; enfin, il est impossible d'attacher un véritable prix au salut des fidèles si l'on n'a qu'une légère estime de son propre salut. A quel affaiblissement mojral ne serions-nous donc pas arrivés, si nous laissions négligemment échapper l'occasion favorable de ressusciter en nous la grâce de notre sainte vocation? Que faudrait-il penser de l'avenir, et à qui l'Ëglise serait-elle en droit d'imputer l'extinction successive de la foi dans nos contrées? Certes, alors, on n'aurait pas besoin de remonter bien haut pour trouver la cause première d'une si déplorable situation. Tous les saints docteurs nous crient à la fois « que la dissipation de la vie du
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prêtre est le commencement de la désolation de rÉglise. » Qu'il perde peu à peu l'habitude du recueillement et de la méditation, qu'il ne trouve jamais le temps de rentrer en lui-même, il doit inévitablement tomber dans toute espèce d'illusions sur rétendue et la gravité de ses devoirs; il les remplira d'abord sans goût et sans zèle, ils lui deviendront moins chers et moins respectables de jour en jour; s'il y pense encore, souvent ce sera pour les compter, pour les redouter, jusqu'à ce qu'enfin, à l'aide d'une imagination sans règle, il trouve le plausible prétexte d'en diminuer le nombre et le poids. Une fois entré dans cette voie fatale, la pente est trop rapide pour ne pas descendre plus bas. La retraite ouvrirait les yeux et montrerait clairement l'abîme; mais alors plus elle est nécessaire, moins elle platt. Des illusions qu'on prend pour des raisons assiègent l'esprit, et la tiédeur, déjà maîtresse de l'âme, l'engourdît et l'aveugle.
Rien de plus vain et de plus futile, en effet, que les tristes prétextes sur lesquels est fondée d'ordinaire l'indifférence pour la retraite ecclésiastique. On ose à peine en parler, tant ils manquent de sens et de vérité. Je vais donc me borner à en citer quelques exemples. La première de toutes ces illusions, c'est la santé, qui ne permet pas, se dit-on, de s'enfermer au séminaire, d'y suivre les exercices
désiastiques du doyenné qui peuvent s'y rendre; ils règlent le meilleur mode de leur remplacement, et ils se facilitent les uns aux autres les moyens d*y participer chacun à son tour. Les supérieurs ecclésiastiques, de leur côté, n'hésitent pas de dispenser les fidèles, s'il le faut, d'entendre la messe, le dimanche qui survient dans le cours de la retraite, tant ils ont à cœur de la voir édifiante et nombreuse, tant ils sont convaincus que de son succès dépend, en grande partie, la sanctification des pasteurs et le bon gouvernement des paroisses. D'illusion en illusion, l'esprit descend quelquefois à d'autres calculs; il peut aller jusqu'à repousser le désir de la retraite, par la crainte des frais de déplacement ; mais qu'on veuille bien peser ce troisième prétexte au poids du sanctuaire; qu'on mette en balance ces sacrifices temporels et les privations qui peuvent en être la suite avec le bonheur de purifier sa conscience et de vivre enfin d'une nouvelle vie; qu'on se demande surtout si cette considération conserve toute sa force, lorsqu'il s'agit des voyages d'utilité passagère ou même de simple agrément; car si dans ce dernier cas nous étions rarement effrayés de la dépense, comment pourrions-nous l'être justement dans l'autre? Évidemment encore nous céderions ici à une trompeuse séduction.
Passons à un autre prétexte qui, pour être moins commun que les précédents, ne laisse pas de tenir certains ecclésiastiques éloignés de la retraite diocésaine. Assurément les retraites particulières offrent de bien précieux avantages ; elles sont conseillées par les maîtres de la vie spirituelle à tous les ministres des autels qui se sont trouvés dans l'impossibilité d'assister à la retraite générale; il y a même des circonstajices exceptionnelles où leur nécessité sp manifeste si clairement à l'âme, qu'il faudrait fermer les yeux pour ne pas la voir; mais, dans l'ordre commun et régulier, donner la préférence à la retraite particulière sur la retraite générale, quand on est libre de choisir entre l'une et l'autre, et cela simplement par goût ou par l'idée d'une perfection plus grande, ce choix accuserait une singularité d[esprit dont il est toujours sage de se défendre, le précepte de l'édification du prochain oblige strictement les prêtres, non-seulement à l'égard des fidèles, mais encore à l égard de leurs bien-aimés confrères; or comment le remplironsnous, si, vivant isolés pendant toute Tannée, nous ne profitons pas des seuls jours où il nous est permis de nous réunir et de vivre ensemble. Qui ne sait, d'ailleurs, qu'il y a des grâces spécialement réservées aux exercices de piété faits en commun? Ce n'est pas à ses disciples séparés les uns des autres,