ENTRETIENS
PREMIERE GONFÉREiliGE.
DE LA CERTITUDE DE lA FOI.
Nous avons dit que la raison conduisait infailliblement à la foi * , et que nous vous exposerions , à Tappui des vérités du christianisme, des motifs de certitude tellement forts, tellement inébranlables, qu*un homme qui voudrait douter de la religion serait obligé de douter de toutes les choses sur lesquelles il fonde chaque jour ses convictions.
Dans le temps où nous vivons, non-seulement nous avons besoin de croire, mais encore de savoir les raisons que nous avons de croire. Les familles se confient aux médecins pour guérir les maladies ordinaires.
1 Ces Conférences ou Entretiens sont des improTisations recueillies par des sténographes et revues par Tauteur.
* Le mot de foi est pris iei dans le sens que saint Paul lui donne souvent quand il dit : Évangéliser la foi , prêcher la foi ; 1* Apôtre parle des objets de notre croyance , des vérités qu*il faut croire.
388 CONFÉBBIICBS.
Mais nous avons vu , il y a très-peu d*ai un fléau contagieux se répandit parmi »< decins se rassembler et publier une instr-^jK^^c J4 raie y afin que toutes les familles pussent ^^MM^s^ se préserver d'un mal dont Teffet était si rs»^:^^ d n'avait pas le temps d'aller chercher aill^ ] cours. On peut dire qu'il en est de même a par rapport à la religion.
Nous vivons dans une atmosphère rempls ^ ^J' dulité, les objections nous arrivent de tous M^^^ de rhorizon; elles viennent d'Allemagne, «:I^L^ terre, d'Amérique, d'Espagne, de Portugal - £. donc nécessairement que nous sachions les w^gj:^^ qu'on peut y faire, pour garantir 4e la contagio^^ qui nous entourent.
Dans la famille, le père et la mère doivent Y^m-^* ver leurs enfans, les frères se prémunir entre ^1^ il n'y a pas un moment où nous ne devions veiller^ ^^ garder ce précieux dépôt de la foi dont parlait l^Aj. tre, depositain cusiodl.
Il importe donc d'abord de connaître bien les moci que nous avons de croire. Il faut que nous soyons Coc persuadés qu'il n'y a pas moyen d'exister sans la loi Pendant que les incrédules cherchent partout des objections, les croyans doivent partout chercher des preuves.
L'évéique d'Hermopolis disait que ce qui était sufBsant il y a cent ans ne Test pas aujourd'hui, et qu'il serait véritablement téméraire de se lancer dans un monde impie et pervers, sans avoir pris toutes les précautions nécessaires pour défendre sa foi 5 que sans cela on ressemblerait à un soldat qui se jetterait sans armes au milieu des bataillons ennemis.
Voyons donc quels sont les motifs sur lesquels la foi repose. Ces motifs doivent êtres forts , ces motifs doivent être incontestables ; car Dieu ne peut pas avoir envoyé sur la terre son Fils sans l'entourer de caractères tellement frappans qu'il soit impossible ei> effet à rhomme de résister à l'évidence d^une pareille mission.
La mission divine de Jésus-Christ , voilà ce qu'il importe avant tout de démontrer; car, lorsque nous en aurons acquis la preuve, il nous sera impossible de ne pas recevoir tout ce qu'enseigne l'Eglise. Pour cela il faut bien distinguer entre les objets de la foi et les motifs de la foi.
Les objets de la foi sont ineompréliensibles -, mais l'incompréhensibilité, comme disait un philosopha moderne, n'est pas l'absurde. Pour qu'il y ait absurdité , il faut qu'il y ait contradiction , car Tincomprébensibiiité n'est qu'une marque de la Divinité , puisque l'homme ne peut pas pénétrer l'essence de Dieu. Mais ce qu'il importe avant tout d'établir, c'est que notre foi repose sur les motifs les plus raisonnables.
Jésus-Christ lui-même , quand il s'est présenté dans la Judée , a dit à tous ceux qui l'entouraient ce que je vous dis aujourd'hui : que sa mission divine était manifeste pour tous. « Sondez les Ecritures, elles vous parleront de moi. » Il en appelait ainsi à la preuve des prophéties. Pendant quatre mille ans, en effet, il a été annoncé , et tous les traits de son avènement avaient été marqués d'avance. Il ajoutait encore : » Voyez mes œuvres, elles vous parleront, elles vous rendront témoignage de moi. » Voilà donc comment notre Seigneur s'est présenté lui-même dans la Judée -,
il a dit : « Croyez-en moi parce que je vous apporte des preuves manifestes de ma mission divine. Dieu m'a envoyé, toutes mes paroles doivent être reçues de vous comme les paroles mêmes de Dieu. »
Les motifs raisonnables de notre foi , tel sera le sujet de cet entretien.
Tous les motifs de notre conduite ici-bas reposent sur trois sortes de certitude : la certitude qui nous vient du témoignage des sens, la certitude que nous obtenons par le raisonnement , la certitude que nous tirons de l'histoire. Toutes les connaissances naturelles sont celles qui tombent sous nos sens. Tout l'ordre des faits extérieurs de l'univers , le changement des saisons , la constitution de l'homme , la notion si variée de tous les êtres y tout ce que nous voyons enfin appartient à la première certitude des sens.
Nous sommes assurés que les objets que nous voyons sont des objets réels. Nais il est un autre ordre de preuves sur lequel nous appuyons nos connaissances : c'est l'ordre de raisonnement. Ainsi nous disons que le tout est plus grand que la partie y que la ligne droite est le chemin le plus court pour aller d'un point à un autre-, nous disons que lorsque les deux angles d*un triangle sont donnés, le troisième est connu. Toutes les sciences intellectuelles , toutes les sciences mathématiques, reposent sur ce genre de preuves.
Mais il y a d'autres connaissances, et qui ne sont pas les moins importantes : ce sont les sciences historiques, les sciences qui s'appuient sur le témoignage. Nous ne sommes pas moins assurés de l'existence des villes quenous n'avons pas vues , des hommes que nous
n*avons pas connus , que nous ne le sommes des villes où nous habitons, des hommes au milieu desquels nous vivons. Pourquoi avons- nous Tassurance que Rome et Conslanlinople existent? Parce que les personnes qui ont vu Gonstantinople et Rome , et nous en ont parlé , n'ont pas pu se tromper, n'ont pu vouloir nous tromper, et n'ont pu être trompées.
Quand nous avons ces trois caractères pour nous assurer d'une vérité , nous possédons ce qu'on appelle la certitude morale , la certitude du témoignage. Toutes nos connaissances les plus essentielles , ce qu'il nous importe le plus de savoir, l'existence des sociétés, l'existence des hommes , reposent sur cette espèce de certitude.
L'homme est placé au milieu de l'univers et des générations. 11 doit savoir tout ce qui s'est passé avant lui et tout ce qui se passe autour de lui , et , comme l'a dit un poète, nous ne sommes pas seulement contemporains de tous les âges, nous sommes citoyens de tous les lieux.
Gomment savez-vous la manière dont tous les faits vous ont été transmis? Vous remontez les siècles, vous trouvez à l'origine du monde les divers peuples qui ont brillé sur la terre, vous savez les événemens qui se sont tout-à-coup manifestés au milieu des hommes, vous connaissez Fhistoire de Rome, de l'Egypte, de la Grèce , et vous n'êtes pas moins sûrs de plusieurs de ces faits que vous ne l'êtes de ceux que vous avez tous les jours sous vos yeux.
La certitude historique , la certitude du témoignage est d'une telle force qu'elle détermine la plupart de vos actions. Vous ne sauriez pas ce que vous êtes, à quelle
famille vous appartenez , dans quel pays vous êtes né; vous ne connaîtriez rien des relations des hom-' mes sans le témoignage ^ et Téducation tout entière n'est fondée que sur la foi de l'enfant dans sa mère, du disciple dans son maître. Voilà l'ordre le plus naturel, l'ordre d'après lequel toutes les sociétés existent. Eh bien ! la religion chrétienne est tout entière fondée sur. cette certitude historique, et toutes les preuves que vous pouvez demander pour vous déterminer dans le cours de votre vie, vous les retrouverez à l'appui du christianisme.
Mais, dit-on , ce sont là des faits miraculeux , au lieu que les autres faits qui nous sont transmis par l'histoire sont des faits naturels. Nous pouvons bien croire les hommes qui témoignent de faits semblables à ceux que nous voyons tous les jours *, mais des faits miraculeux , c'est fort différent. Et pourquoi ? Est-ce que ces faits miraculeux ne peuvent pas être soumis au témoignage comme les faits naturels ?
Voyez quelqu'un les pieds reposant sur la terre ou voyez-le tout-à-coup s'élever dans les airs, ce sont deux faits qui tombent également sous vos sens et dont vous pouvez rendre témoignage. Dans ces deux cas il ne s'agit que de savoir si les témoins sont dignes de confiance. Si ces témoins n'ont pas \)\x se tromper, ni être trompés , ni vouloir tromper , il est certain que vous devez admettre leur rapport. Et si ces. témoins, comme ceux du christianisme, sont morts pour confesser ce qu'ils ont vu, il faut dire:, comme l'illustre Pascal, j'en crois des témoins qui se font égorger.
11 me semble qu'il faut admettre que dans des faits
GONFÉAENGES. 393
qui s*écartenl de l'ordre naturel on peut exiger que les témoignages soient plus nombreux^ plus positifs , plus formels. Si Ton avait été témoin de pareils faits, on les aurait étudiés , avant de les croire^ avec une attention plus particulière ; on aurait interrogé toutes les circonstances environnantes avec plus de soin ^ on peut donc exiger des témoins qu'ils aient agi comme nous aurions agi à leur place. Plus un fait est difficile à croire , plus Tenquête doit être complète et sévère. Du reste , les faits du christianisme n'ont qu'à gagner à la sévérité de cette enquête.
Voyons si les miracles du christianisme ont été transmis par des hommes qui n'avaient pu se tromper, être trompés, ni vouloir tromper.
Jésus^Glirist a paru au milieu de la Judée -, il a guéri des paralytiques; il a rendu la vue aux aveugles, Touïe aux sourds; il a ressuscité des morts, et des morts ensevelis dans le tombeau depuis plusieurs jours.
Voilà des faits sur lesquels il était impossible de se tromper. Il est certain qu'il n'y a pas un homme qui ne puisse rendre témoignage de ce qu'il a vu ; et quand même ce qu'il aurait vu serait d'un ordre miraculeux, si cet homme affirme qu'il a vu , et s'il est dans les conditions par lesquelles on peut s'assurer de la réalité du fait, il n'est pas possible de douter de son témoignage.
Mais les hommes qui ont entouré Jésus-Christ ont-ils pu être trompés ? Non , mes frères : comment être trompé sur la résurrection d'un mort , sur la guérisoh d'un paralytique de trente-huit ans présenté à Jesus- Christ, et que Jésus-Christ a fait marcher devant lui ?
II est ccrtaiu que le paralytique ne pouvail pas se tromper sur le mal dont il avait été affligé pendant tant d'années.
Les hommes qui l'avaient apporté ne pouvaient pas non plus avoir été trompés sur le fiiit qu'ils avaient sous les yeux. II n'y a pas moyen de dire qu'ils ont été trompés. Ont ils pu vouloir tromper ? Mais dans quel intérêt ? Quand on trompe, c'est par amour des honneurs y des richesses , de la gloire et de la réputation.
Ici c'est un très-grand nombre dliommes qui ont vu et qui rendent témoignage. €e sont des bateliers que Jésus-Christ a trouvés sur les bords du lac de Génésareth ^des hommes grossiers, et non des philosophes qui veulent de la réputation à tout prix.
Reste une autre objection : les histoires qu'ils ont écrites sont- elles bien véridiques ?
Vous savez, mes chers frères, que dernièrement un homme a prétendu que tout ce qu'on lisait dans l*Evangile était autant de mythes et de symboles , et l'on a vu dans un pays protestant quarante mille personnes soulevées contre la nomination de cet homme à une chaire de théologie. Cet ouvrage a fait un grand bruit en Allemagne et en Suisse. 11 est peu connu en France -, mais cependant on sait l'ordre de raisonnemens sur lequel il s'appuie. Chose remarquable ! le même homme a été conduit lui-même à se réfuter , car dans la troisième édition de son livre il nous a dit que pour supposer les faits de l'Evangile non historiques, il fallait établir qu'ils n'avaient pas été écrits par des hommes témoins de tout ce qui s'était passé ; mais comme il avoue que saint Jean a été témoin de
tout 06 qui était arrivé pendant la vie de Jésus- Christ, dès-lors on ne peut plus douter , ou du moins , suivant lui, il est très-difficile de douter de Taulhenticité du quatrième évangile. Tout ce système s'est écroulé par cet aveu< H y a dans ce fait ceci de frappant, c'est qu'en Allemagne, pays où Ion admet TEcriture, mais où Ton ne reçoit pas la tradition , les adversaires de récrivain qui niait l'existence de Jésus -Christ ont été obligés de recourir à la tradition pour défendre l'existence même de Jésus- Christ ^ et ils ont montré par-là combien nous avons raison , naus catholiques, de nous appuyer à la fois sur l'Ecriture et sur la Tradition , et de répéter avec saint Augustin : « Nous ne croirions pas à l'Evangile si ce n'était pas l'Eglise qui nous le donnât. » Et ne trouvons-nous pas tout l'appui de notre foi dans la tradition constante des faits de TEvangile? Ces faits ont été communiqués aux Eglises avant le temps où ils on t été écrits 5 car ces Eglises ont été fondées sur toute la terre, et elles existaient bien des années avant que les évangiles eussent paru. L'évangile de saint Matthieu n'a été publié que dix ans après la mort de noire Seigneur. L'évangile de saint Marc et Tévan gilede saint Luc ont été écrits par les disciples de saint Pierre et desaintPaul. L'évangile desainiJean n'a paru qu'à la fin de la vie de cet apôtre, et uniquement parce que les Eglises lui demandèrent de réfuter les hérésies de Cérinlhe et d'Ebion répandues dans toute l'Asie. Ainsi les Eglises de Rome, delà Grèce et de l'Asie, existaient avant les écrits du Nouveau Teslament.
11 n'y a donc pas possibilité pour nous de douter des faits miraculeux rapportés dans lEvangile, puisque les hommes qui les ont racontés avaient c(c témoins de tout ce qu'ils nous ont dit.
Nous trouvons la preuve de ce lémoignage dans la I succession constante des pasteurs de l'Eglise , succ^sîon qui n'a pas été un seul înslant interrompue ; et ce qu'il y a de plus remarquable encore , c'est qu'a l'épo-l que où l'Evangile a paru , où la prédication des apôtres a eu lieu , il y avait déjà des hérétiques.
Ainsi dans le second siècle, les Yalentiniens répandaient leurs erreurs. Dès le premier siècle même, nous voyons Cérinthe, Ebion , les hérétiques auxquels saint Jean a répondu. Nous avons les ouvrages des premiers sectaires, la réponse qui leur a été faite, ainsi que les livres des philosophes qui se sont convertis au christianisme, ceux de Tatien , de saint JusliO; d'Athénagore.
Nous lisons même dès-lors plusieurs évangiles cités avec autorité et comme existant depuis long-temps; en sorte qu'à l'époque où l'on a supposé les évangiles écrits par des hommes qui n'avaient pas été témoins ! des faits , l'autorité complète de ces mêmes évangiles i était déjà établie.
Il est donc impossible de détruire cette chaîne admirable par laquelle nous tenons aux premiers jours du christianisme. On nous dit encore : Mais que de livres il faut lire pour s'assurer de la vérité de la révélation ! Non, mes frères, il n'en est pas ainsi-, Dieu ne peut pas avoir voulu envoyer son Fils pour instruire l'univers, sans l'entourer de wjarques tellement infaillibles d'une mission divine qu'en effet tous les hommes pussent êtres amenés facilement à croire en lui.
Aussi c'est par des faits miraculeux , moyen le plus propre à frapper les esprits, que le christianisme s'est propagé.
Toute la question de la religion se réduit aux plus simples argumens.
Que voyons-nous en dehors de ndolàtrie , erreur que nous n'avons pas besoin de discuter ? Des déistes^ des athées y des juifs, des chrétiens , des catholiques et des protestans. Entre les déistes et les athées , qui d*entre nous peut hésiter ? Tout proclame Texistence d'un Dieu bon , sage , rénmnérateur et vengeur , qui a créé le monde y et nous a mis sur la terre pour nous éprouver, afin que nous puissions faire un usage complet de notre liberté, et mériter des récompenses éternelles.
Maintenant, entre les juife et les chrétiens , qu donc a raison ? Les chrétiens disent que Jésus-Christ est le Messie annoncé aux Juifs pendant quatre mille ansj les juifs d'aujourd'hui, car les premiers chrétiens ont tous été des juifs qui ont rendu témoignage à la venue du Christ, disent que Jésus-Christ n'est pas le Messie. Mais cette question est décidée -, elle a été discutée chez les Grecs et chez les Romains, chez les Egyptiens, chez tous les peuples. Quand Jérusalem a été détruite , la nation juive a été jetée au milieu des nations , et alors les hommes qui croyaient à la résurrection de Jésus-Christ , et qui rendaient témoignage à ces faits éclatans, les hommes qui n'y croyaient pas, les hommes qui croyaient le Messie venu, les hommes qui croyaient que le Messie n'était pas venu, se sont présentés dans les écoles des philosophes, à Rome, à Athènes, à Alexandrie; la ques. tion a été débattue avec le plus grand soin , elle a été jugée, et les païens ont déclaré que les chrétien
avaient raison , que le Christ était véritablement 1
Messie annoncé pendant quatre mille ans, et qu'il était sorti du tombeau. Vous le savez , mes frères y pas un philosophe de la Grèce ou de Rome ne s'est fait juif, presque tous sont devenus chrétiens ; et le inonde changé , et le paganisme détruit , pour faire place au christianisme, toute cette grande révolution est le jugement de Tuniversdans cette question. Le monde, en se faisant chrétien, a déclaré que le Christ était le Messie , le Messie annoncé depuis l'origine des siècles.
Les protestans et les catholiques se présentent ensuite. Nous catholiques, nous soutenons que la vérité apportée sur la terre par Jésus-Christ, et transmise par ses apôtres , ne repose pas seulement sur TEcriture , mais sur une tradition constante. Nous disons que cette tradition a commencé avec le christianisme, que les premières Eglises ont été fondées d'après l'instruction orale des apôtres ; que, par conséquent, celte instruction orale doit être consultée avec soin par nous , et que les premiers livres des chrétiens doivent être lus avec la plus grande attention pour constater toutes les vérités révélées par Jésus-Christ; nous ajoutons que tout ne se trouve pas dans TEcriture.
Il s'agit de décider ce point important comme nous avons décidé les deux autres. La raison nous répond qu'il est impossible de ne pas admettre que les apôtres doivent être crus, non-seulement pour ce qu'ils ont écrit, mais pour c e qu'ils ont dit.
Il faut donc bien établir la tradition : aussi TEglise catholique demande- t-elle le consentement général iles Pères pour déterminer une doctrine venant de s apôtres; aussi ne croyons-nous que ce qui a été cru «niverselfcment, partout et toujours. Lorsque la guerre
entre le protestantisme et le catholicisme fut finie ^ qu*on posa les armes des deux parts , que le traité de Westphalie fut signé, alors on eut recours à la discussion , et le siècle de Louis XIV vînt répondre à toutes les objections du protestantisme.
Arnaud, Bossuet, demandèrent à Louis XIV de I faire venir de Gonstantinople les professions de foi I des Grecs sur les points controversés, surlatranssub- > stantiatioo , la confession , les honneurs qu'on devait I rendre à la Vierge , sur tous les points que les pro- I testans nient comme n'étant pas fondés sur l'Ecriture , ! et que nous reconnaissons d'après la tradition. Les I professions de foi des Grecs se trouvèrent semblables i aux nôtres. On reconnut tous les points controversés ! dans ces Eglises , tels que l'Eglise latine les enseigne ! aujourd'hui. Or TEglise grecque s'était séparée au I neuvième siècle, et les protestans avaient dit que I c'était au onzième siècle qu'on avait inventé la trans- I substantiaiion.
I II fallut abandonner cette supposition. Alors les I protestans furent conduits à infirmer l'autorité de l'Eglise grecque , à prétendre que l'erreur s'était répandue peu à peu dans cette Eglise. Les hommes qui I avaient demandé à Louis XIV de faire venir les profes- I sions de foi des Grecs réclamèrent les professions de ! foi des Nestoriens, des Eutychiens, des sectes qui s'étaient séparées au quatrième et au cinquième siè • I de. Elles furent trouvées identiques sur tous les points I contestés. On dit alors : C'est donc encore ici une tradition apostolique; elle remonte non-seulement au neuvième , mais au quatrième et au cinquième siècle.
DEUXIEME CONFERENCL