ÉCRITURE SAINTE
Il existe un livre dans le monde, un livre qui a averse tous les âges, qui a lire le monde moral du tiaos, un livre pour tous les temps, pour tous les ommes : ce livre , c'est la Bible.
La première page de ce livre contient l'histoire de a création du genre humain, la dernière page , la fin le Vhomme sur la terre ; et toute l'histoire de l'huma- :iilé s'y trouve renfermée.
Ce livre contient les notions les plus pures sur la philosophie, sur la législation, sur la morale. Il est rempli en même temps d'une poésie que l'homme n'a jamais égalée.
La parole de Dieu est donc visible dans l'univers comme sa puissance. Celte parole nous a été conservée avec un soin particulier^ Dieu a voulu que le bienfait de la vérité fut pour nous aussi assuré que le bienfait de la vie 5 et, de même que la paternité transmet la vie, le sacerdoce transmet la vérité , et porte dans tous les âges le livre sacré objet de loules nos espérances, gage de noire immortalité.
Ce livre a été attaqué dans son inspiration , dans son authenticilê , dans son înlêgrité. C'est surtout dans le dernier siècle que nous avons vu des hommes s'élever contre la Bible.
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It est donc très-important pour nous d*établir») authenticité, son inspiration, son intenté. Ces» le sujet de cet entretien.
Les premiers chapitres de la Bible contiennent création, le déluge, la dispersion des peuples. C: grandes vérités ont été attaquées sous toutes les fo mes, afin d'infirmer Tautorité de Moïse ; et si Moi^ eût, en effet, enseigné dans les premiers chapitres c la Genèse des erreurs formelles, il est certain qui n'eût pas été inspiré de Dieu. On a donc nié d'abort la création par des argumens tirés des sciences, a& de faire crouler Tédifice de la religion sur sa base.
Les six jours ont été, pour les incrédules du dernier siècle, le sujet d'une yiolente attaque contre la vérité du récit de la création ^ ils trouvaient dansb géologie, science qui ne faisait que commencer, d<:^ objections contre l'œuvre des six jours; mais il a suffi de répondre que ces jours dont parle Moïse pouvaieDi avoir une durée indéterminée pour que la science moderne n'eût plus rien à objecter, parce que sh périodes, au lieu de six jours, expliquent tous les phénomènes de la création.
On s'étonnait que Moïse eût placé la création de b lumière avant la création du soleil ^ et, comme od soutenait alors que le soleil répand la lumière, on affirmait que Moïse avait ignoré les notions les plus simples de la physique. Depuis, la science a déU'uit elle-même cette objection, et il a été prouvé que la lumière est un fluide lumineux répandu dans Tespaoe, fluide que le soleil met en mouvement. Ce
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Lde pouvait et devait donc exister avant la création soleil. La science elle-même, après avoir fait éjection , Ta résolue de cette manière.
H existe un moyen très-simple de répondre à tout qui a été avancé sur les découvertes récentes de asiles gigantesques ensevelis dans les couches de la rre au-dessous des couches appelées diluviennes, il effet , le premier verset de l'Ecriture dit : Au cornencement Dieu cria le ciel et la terre ; et ensuite nous jons : Or la terre était informe et nue. Il y a évidemlent , entre ces deux versets du livre sacré , un grand itervalle de temps. Moïse ^ après avoir raconté la réation du ciel et de la terre, ne rappelle ni la créa- Ion des anges ni la chute des démons. Moïse peut lone n'avoir parlé ^ après avoir posé le grand dogme le la création dans ces mots: In principio, que d'une estauration de la terre au moment où l'homme fut îrée.
Plusieurs docteurs pensent que Satan avait été placé sur la terre , différente alors de ce que nous la voyons aujourd'hui; at quelle désordre s'étant introduit dans le monde par l'effet du crime de Satan , Dieu intervint pour chasser les anges devenus rebelles, et qu'il remplaça Satan par l'homme. On comprendrait ainsi le second verset de la Bible : ^r la terre était informe et nue. En effet , il ne peut rien y avoir dans la création de désordonné -, et cette expression de Moïse indiquerait un véritable chaos, le mot principal de ce verset signifiant la ruine et la dévastation. Tous les phénomènes géologiques s'expliqueraient alors sans blesser la foi.
On a prétendu que le déluge n'avait pas été univer-
sel y et depuis il a été constaté que les plus hautes montagnes portent des traces de cette grande catastrophe.
Nul doute que le monde n'ait été soumis à Tactico d*un bouleversement immense produit par les eaui. Les voyageurs ont rencontré dans les montagnes les plus élevées de FÂmérique , au-dessus de Quito , dans les Andes et les GordillièreSy des bancs de coquillages et des pierres qui portent Tempreinte de plantes appartenant visiblement à notre Europe. Ainsi, on ne peut en douter, une grande catastrophe a porté de TAsie en Amérique; de TAmérique en Europe, des plantes et des pierres propres à des climats divers , et de là une foule de phénomènes aujourd'hui sous nos yeux. Le déluge est donc à l'abri de toute discussion. Partout existent de véritables médailles de cette catastrophe.
On a ensuite fait grand bruit de ce que plusieurs hommes sont de couleurs et de formes différentes ; on a nié l'unité de la race humaine. Ici encore les réponses de la véritable science ont détmit toutes les objections ; et il a été biea constaté que les diflerences de couleur sont le produit des climats; car on voit, en Amérique et dans les Antilles, à la troisième , à la quatrième génération, des nègres qui perdent la forme de leur tête. Au lieu d'être aplatie, elle se redresse insensiblement. La rudesse des cheveux se change aussi ; la couleur et la forme elle*méme se modifient donc suivant les temps et suivant les lieux *.
* La forme est la conséquence de la civilisation ; la couleur lient au climat et aux habitudes de la vie.
Que n'avaît-on pas dit sur les peuples découverts Amérique, lorsque la mer environnait de tous tés le continent ? Comment, demandait-on, les >mines avaient-ils pu y aborder ? Il a été prouvé , ^r les voyageurs, qu'il y a peu de distance entre les eux continensy et Ton a reconnu même, par les lanues de ces peuples mieux observées, une identité tonnante entre les idiomes de TAmérique et les lanues de l'Asie.
Nous trouvons, dans cette question des langues jarlées par tous les peuples, si diverses et si nom- )reu$es, puisqu'on en compte maintenant plus de ïiille, la preuve de la dispersion des hommes après [a confusion des langues.
Ainsi tout ce que la science a découvert, et qui sert à détruire les objections répandues si généralement dans le siècle dernier, est pour nous une marque frappante de la vérité, de l'inspiration, de la divinité des livres de Moïse, puisqu'il a été impossible de rien trouver de solide pour les contredire.
Que n'a- 1- on pas dit encore des chronologies des peuples ? On a prétendu qu'il existait chez les Indiens des livres qui avaientpl u de deux millions d'années. A la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci, on fit de grands raisonnemens sur celte découverte. On soutint que la chronologie de Moïse n'avait aucune réalité.
L'examen plus approfondi de toutes ces questions a été un nouveau triomphe pour Moïse. Un homme fameux par son incrédulité, et dont le livre a eu de la vogue au commencement de ce siècle, avait affirmé qu'un des ouvrages indiens apportés en Europe re-
montait à vingt-cinq mille ans. Un Anglais, le docteur Bentley , est allé s'établir dans !'Inde pour étudier le sanscrit et toute la religion des Indiens. Après avoir vérifié les calculs astronomiques de ce peuple, il a rapporté les preuves les plus manifestes que le livre dont les connaissances astronomiques devaient ren* verser toute la chronologie de Moïse était de sept cents ans seulement antérieur à Jésus-Christ.
On avait encore tiré un grand parti d'un autre ouvrage où se trouvait Thistoire de Krisnah. Cette histoire présentant quelques traits de ressemblance avec Thistoire de Jésus-Christ, on concluait de ce que le livre était antérieur au Sauveur que les Evangélistes avaient emprunté leurs récits à des traditions connues avant eux. Le docteur Bentley prouva encore que cet ouvrage avait été imaginé par un Brame, afin de s*opposerà la propagation du christianisme , et ce même docteur anglais établit d'une manière irrécusable que l'histoire de Krisnah avait paru plusieurs siècles après Jésus-Christ.
Vint ensuite Tengouement pour les Chinois : on soutint que leur origine se perdait dans la nuit des temps, et que leur chronologie détruisait la chronologie des livres saints.
L'examen approfondi des faits a montré encore ici, et c'est un des hommes les plus savans de ce siècle qui a établi celle vérité , que les livres les plus authentiques des Chinois, loin d'être antérieurs à Jésus- Christ de quelques millions d'années, | comme on le soutenait, ne remontent pas à plus de sept siècles avant Jésus- Christ.
Les Egyptiens avaient une antiquité qui devait aussi ,
disait-on, détruire tous nos calculs; et il est reconnu aujourd'hui que ce peuple, pour augmenter son ancienneté, mettait à la suite les unes des autres les dynasties qui ont régné en même temps à Tanis, à Thèbes , à Thin et à Memphis.
Le savant qui a eu Tbonneur de lire le premier les hiéroglyphes a prouvé qu'il n'y avait pas un seul monument en Egypte antérieur de plus de deux mille ans à notre Seigneur. Lorsqu'on apporta en France les fameux zodiaques que l'armée française avait trouvés en Egypte, il sembla un moment quon allait renverser la religion chrétienne. Â en croire certains savans , ces zodiaques remontaient , au moins l'un d'eux , à sept mille ans avant Jésus-Christ ; et le zodiaque de Denderah , le plus ancien , examiné avec soin lorsqu'il fut apporté à Paris, a été reconnu postérieur à l'ère chrétienne. Il est du siècle des Antonins-, et ce qui a porté cette démonstration jusqu'à l'évidence, c'est la découverte d'une momie égyptienne dans laquelle on a trouvé ce même zodiaque. Alors il a été manifeste que ces zodiaques n'étaient pas des zodiaques astronomiques, mais des zodiaques astrologiques.
Aucune de ces difficultés ne supporte donc un examen sérieux. Elles viennent toutes de l'imperfection des sciences, et non des fautes de nos textes sacrés. Aussi l'on peut dire maintenant que la religion a triomphé complètement de toutes les objections de la science. religion, tu as vaincu ! Religio, vicistil
Les découvertes de ces derniers temps ont montré encore mieux Taccord entre toutes les traditions des peuples et les récits des premiers chapitres de Moïse.
En efliet y tout ce qui est antérieur \ la confusion d langues appartient à Thumanité entière et se trou chez tous les peuples. Il en devait être ainsi. L hommes, dispersés, ont dû emporter partout les \n ditions générales, communes aux hommes qui vi valent rassemblés dans les mêmes lieux ; et depui seulement les traditions sont devenues particulières, parce qu'elles sont l'histoire de chacun des peuple qui se sont formés après la dispersion.
Si nous examinons quelques-unes de ces premîèrej traditions, nous y trouvons une conformité étonnante avec la création de l'homme racontée par Moïse. Le« Perses , les Indiens, racontent que Dieu créa Thomme et l'univers , qu'il plaça l'homme et la femme dans un grand jardin , et que là ils furent tentés par un ser pent.
Cette tradition se rencontre partout Nous voyons aussi chez les Perses la connaissance de la chute des anges dans l'histoire d'Arimane et d'Oromase. Dans la mythologie des Grecs et des Romains le monde est d'abord tiré du chaos. L'allégorie de Pandore rappelle Eve et le Paradis terrestre ; la boîte remise à la femme, afin qu'elle ne l'ouvrit pas, contenait tous les maux, mais TEspérance était au fond. La promesse du rédempteur fut en effet l'espérance emportée par Eve au sortir du Paradis terrestre.
Nous voyons encore dans la mythologie païenne le combat des dieux et des titans, et le déluge universel. Ces traditions primitives existent chez les Mexicains comme chez les peuples du Nord.
Ainsi , dans tout l'univers , vous trouvez les preiiv** les plus frappantes de la vérité du livre sacré que
les Juifs et les chrétiens^ portent eii tous lieux, coniine le dépôt de Tinspiration divine, de la parole de Dieu même.
Aucune objection ne peut atteindre la Bible, et si on en a contesté l'authenticité 5 si on a prétendu que le Pentateuque, ce livre de Moïse, avait été écrit long-temps après lui, ces objections ont servi au triomphe de la vérîié , et les preuves sont venues de tous les côtés pour mieux l'établir.
Je voys ai parlé d'un texte samaritain découvert chez une tribu au pied du mont Liban. Vous savez aussi que, dans Mnde, une tribu de Juifs noirs conservait précieusement le Pentateuque de Moïse. Ce Pentateuque, apporté en Europe et comparé à celui qui est entre les mains des Juifs et des chrétiens, contenait à peine quarante différences qui tiennent à la ponctuation , ou à des erreurs de copistes , et ces différences n'ont aucune importance en ellesmêmes.
Dernièrement un Anglais a réuni jusqu'à six cents manuscrits des anciens livres de la Bible. On les a compulsés avec le plus grand soin. Les variantes sont si légères qu'elles ne méritent pas même qu'on les rappelle.
Ainsi l'inspiration, l'authenticité, l'intégrité de ces livres, sont à Tabri de toute espèce de doute.
On a encore attaqué quelques récits de l'Ecriture sainte. On s'est étonné de trouver, par exemple, Nabuchodonosor changé en bête. Mais il est évident qu il est question en cet endroit d'une maladie par laquelle Nabuchodonosor se croyait semblable à un
animal.
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la bonté et la justice, caractère de la Divinité. Mous cx)nnaissons donc ainsi l'esprit et le cœur de Dieu.
Pour nous mettre en communication avec Dieu , il faut d'abord le connaître; et quel meilleur moyen pour connaître Dieu que de lire le livre où sont renfermés sa parole et ses actes?
L'Apdtre a dit : Ilfaut quil y ait des hérésies. Cette parole se vérifie aussi par rapport à TEcricure. Les sectes séparées de FEglise catholique , ayant toutes fondé leur foi sur la Bible ^ ont dû la défendre avec le plus grand soin. Aussi les ouvrages les plus savans ont constaté en Allemagne et en Angleterre Tauthenticité y rinspiration et Tintégrité de rEcriture> et ces livres sont entre toutes les mains. Us ont préservé les pays protestant de l'invasion de Tincrédulité.
C'est un grand avantage sans doute, et si les Angliçansy jotgnaient, comme nous, les traditions sur les vé^ rites et les sacremens que l'Eglise conserve^ et qu'elle portera en tous lieux jusqu'à la consommation des siècles^ ils auraient la vérité^ l'unité dans la vérité et la charité; cette charité particulière au christranfsme, qui a enfanté de? institutions dont on ne trouve nulle part de modèle. Cherchez, en effet, ces missionnaires qui vont, au péril de leur vie, porter la foi au milieu des peuples; ces hommes héroïques, qui aspirent à répandre leur sang pour la vérité, afin de renouveler ce grand témoignage des martyrs donné à l'origine de l'Eglise; vous ne les trouverez pas, vous ne verrez chez les protestans ni les hommes apostoliques ni les saintes femmes toutes dévouées au service de l'humanité.
Le caractère propre de notre Eglise c'est d'avoir
enfanté des âmes qui ont vécu uniquement pour Dieu et pour les hommes. Cette charité , Tamour de Dieu et Tamourdes hommes^ subsiste parmi les catholiques, parce qu'avec l'Ecriture ils ont conservé la communion. La communion est la source de toutes les merveilles de la charité que nous voyons éclater parmi nous.
Il est deux aumônes que nous devons faire : l'aumône de la vérité et l'aumône de la charité. La vérité est un des plus grands moyens de faire du bien aux hommes. Voilà pourquoi vous devez vous mettre en état de détruire les objections répandues aujourd'hui dans les esprits , et qui empêchent certaines personnes d'entrer dans le sein de l'Eglise.
Occupez-vous donc sérieusement de vous instruire ^ parce qu'il ne suffit pas^ dans le temps où nous sommeS; d'avoir la foi; il faut encore^ comme disait saint Pierre, pouvoir rendre compte de sa foi. Etudiez sans cesse les preuves admirables de notre religion , mais en même temps répandez votre foi dans vos actions. Saint Clément d'Alexandrie exprimait cette pensée d'une manière admirable : a Nous n'avons pas aujourd'hui à répandre notre sang pour notre foi, mais répandons notre foi dans toutes nos actions. » Et la meilleure manière de prouver notre foi, c'estl'amour de la vérité, ce sont les bonnes œuvres, c'est la charité. C'est ainsi que nous pratiquerons les devoirs que Dieu nous a prescrits , et que nous conserverons en nous les troig grandes vertus divines, la foi, l'espérance et la charité.