‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 17 sur 51 · SUR L EXCELLENCE · texte numérisé non relu

SUR L EXCELLENCE

sole , et pour le riche qu'elle corrompt ; ilon cette pénible métaphysique , qui ne sait vivre que d'abstractions , qui , dans sa 4ureté superbe , se vante de négliger les détails pour embrasser l'ensemble , compte pour tout l'espèce $ et les individus pour rien; Don cette humanité de théâtre , qui n'a jamais produit une seule vertu , comme elle n a jamais essuyé une seule larme.

Ainsi elle demeure à jamais prouvée cette importante vérité , cette vérité indestructible , puisqu'elle est appuyée sur la conscience de l'univers , que la religion est nécessaire pour le frein du riche et la consolation du pauvre; que tout ce qui tend à l'avilir dans l'esprit des peuples est donc un attentat contre l'humanité ; qu'on ne peut affoiblir le respect qui lui est dû sans altérer la morale , ni altérer la morale sans détruire la bienfaisance, et que c'est insulter au genre humain que de se dire bienfaisant, en blasphémant le plus beau code de charité qui ait été jamais donné aux hommes.

Ainsi , Chrétiens , si nous voulons honorer dignement notre foi^ rendons-lui gloire par l'héroïsme de notre charité; songeons qu'une miséricorde vulgaire n'est pas digne de nous ; prouvons , par nos exemples , que la religion va plus loin que la nature, et que , lors même que nous sommes généreux aux yeux du monde , à peine sommes-nous justes aux yeux de Jésus-Christ. Faisons rougir tous les ennemis de notre foi par l'abondance de nos aumônes: ils nous attaquent par des sophismes, répondonsleur par nos bonnes œuvres , et que nos libéralités^

DE LA CHARITÉ CHRÉTIENNE. 2lZ

plus éloquentes que les raisonnemeus et plus puissantes que les miracles, suivant l'énergique exprès-* sion de saint Chrysostôme , les forcent de reconnoitre qu'il y a quelque chose de plus qu^umain dans cette charité sainte , douce, hénigne , patiente , qui souffre tout , qui supporte tout , qui croit si aisément au:^ besoins des pauvres. Elle n'a qu'un intérêt, l'intérêt de tous , qu'une ambition , celle de fainé des heureux 3 et plus élevée que le monde, supérieure à tout ce vil encens dont se nourrit la vanité, elle ose se croire digne ne pouvoir être payée p^ir' d'sit^tres mains que par celles de Dieu même.

SERMON

Page 1