‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 18 sur 51 · SUR LA · texte numérisé non relu

SUR LA

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Repleti sunt omnes Spiritu sancto^ et cœperunt loqui variîs linguis.

Ils furent tous remplis du Saiiit-Esprit , et ils commencer reat h, parler diverses langues. Act^ ii, 4'

/XiNSi donc ces apôtres, auparavant si foibles et si pusillanimes, qui jusqu'alors n'a voient su que fuir, dissimuler et craindre, sont-ils changés sout dain en béros intrépides et en magnanimes vainqueurs : et ces mêmes hommes , qui jusqu'ici avoient renié ou abandonné leur divin maître, lui servent de témoins , et se disposent à combattre pour lui au prix même de tout leur sang, La vérité, aupa- . ravant captive sur leurs lèvres , se déborde comme un torrent, et à leur voix puissante les, esprits le^ plus orgueilleux , les cqeurs les plus endurcis se renr dent j trois mille prosélytes sont Ja première conque]^ dç Je»f ;çèle : et pour <}ue rlm ne panijug

fiCR LA MORA,LE CHRÉTIENNE. !llS

h cette étonnaDte merveille , ils parlent plusieurs langues dans une seule^ langue , aûn qu'il soit visible à tous les yeux que ce n'est point eux qui parlent , mais un Esprit plus grand qu'eux qui parle en eux. L'univers verra que les succès de rÉvangile qu'ils annoncent ne doivent être attribués , ni au crédit de la puissance , ni au prestige de l'éloquence, ni aux efforts de la raison , ni aux ressources du génie , ni aux dispositions naturelles des esprits , ni à la politique des prin^ ces , ni à la prudence des sages ou aux talens des orateurs, mais à la force du Très-Haut, mais à cette langue divine qui rend éloquentes toutes les autres j il verra que celui qui préside à ce grand renouvellement qui va s'opérer dans l'ordre moral , est le même que cet Esprit de vie qui, porté sur les eaux aux jours de la création, fécondoit les germes du monde , et préparoit les ténèbres de l'abîme à l'enfantement du soleil j repleti sunt omnes Spiritu sancto, et cœperunt loqui variis lin gui s.

Telle est donc , Chrétiens , la source de cette joie publique et solennelle qui se répand en ce grand jour du couchant à l'aurore ; c'est le mys* tère par excellence de cet Esprit promis de Dieu, qui ouvre le cœur des fidèles et la bouche des prédicateurs; c'est la fête du monde entier, dont Jésus-Christ se met en possiession , pour le remplir de la splendeur de sa lumière et de la gloire de son nom; c'est enfin la promulgation de cette morale céleste , chef-d'œuvre de toutes les per«

2l6 SUK Là MORALE CHRÉTIENNE,

fections de Dieu qui coocoururent à la dicter : seule elle a fait connoître les droits du Créateur et les devoirs de la créature; seule' elle honore Dieu autant que sa grandeur l'exige , perfectionne i'homme autant que sa foiblesse le permet , et non moins sublime dans les biens qu'elle nous promet que dans les sentimens qu'elle inspire, elle sait "nous rendre heureux malgré la fortune , et sages malgré les passions.

Cependant celte loi sainte , ce grand besoin de l'univers , est livrée chaque jour aux contradictions des profanes ; le peuple fidèle, on voudroit le changer en peuple raisonneur; partout on op*pose le monde à Jésus-Christ, le code de l'honnête homme à la grâce qui feit les saints , la triste endure de la raison à la magnificence de l'adoption chrétienne. Sur les ruines de l'Évangile s'élève je ne sais quel culte tout humain et quelle religion mondaine; je ne sais quelle morale naturelle, aussi vague et aussi arbitraire que le nom qu^elle porte ; je ne sais quelle morale artificielle, qui, faite de main d'homme , ne peut avoir aucune prise sur l'homme 5 je ne sais quelle morale crir minelle , qui légitime tous les penchans du cœur ^t définit la vertu par*le plaisir j je ne sais quelle morale universelle , qui , à force d'être la morale de tout le monde, n'est plus celle de personne. A ces impies novateurs qui blasphèment ce qu'ils Ignorent , auccèdent tous ces chrétiens indifi'éren$ qui négligent ce qu'ils connoissent; et tel est au^ îouf^IlKJ^ h déplorable état du christianisme , au'i}

' StR LA MORALE CHRÉTIENNE. S I ^

n'a pas moins à gémir sur ces lâches enfans qui rougissent de l'avouer ou qui craignent de le dé-^ ièndre , que sur ces censeurs sacrilèges qui médi-r tent ouvertement sa destruction et sa ruine.

Vengeons-la donc , puisqu'il le faut , cette céleste loi aussi tristement oubliée que scaddaleusement insultée : instruisons ses disciples , ^t confondons ses ennemis; réveillons l'indifférence des udsj ré? primons , s'il se peut, l'injustice des autres : mon-? trons à tous que Jésus-Christ est le seul maître î^u'il nous faut écouter; que lui seul enseigne avec utilité , et que tous les autres ne sont que des jdéclamateurs ; que lui seul parle avec vérité^ et que tous les autres ne sont que des imposteurs ; que lui seul parle avec autorité , et que tous les autres n'ont ni droit pour être crus, ni titre pour se faire entendre; que la foi seule enfin peut nous donner ce que la philosophie nous promet. Et pour la faire sortir plus brillante et plus pufe du milieu même tles nuages qu'on répand autour d'elle , développons d'abord son excellence et sa grandeur considérée en elle-même ; ensuite montrons-la non moins grande et non moins sublime dans les reproches -mêmes qu'on lui fait, et dans les contradictions qu'on élève autour d'elle : c'est tout mon dessein.

Esprit saint , Esprit de force et de lumière , souffle immortel qui ranimez tout ce qui languit , qui fécondez tout ce qui est aride , donnez-moi cette voix, qui, semblable au vent impétueux ^ont le cénacle fut ébranlé, inspire à tous mes auditeurs ces pense.es salutaires qui enfanteat le

ai8 sua la morale chrétienne.

salut ; et que ma langue toute de feu , ainsi que celle qui reposa sur la tête de chaque apôtre , raconte dignement les beautés de votre morale et les merveilles de votre sainte loi, ^^e^ Manup

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