A L'OUVERTURE DU CONCILE
DANS LÉGLISE METROPOLITAINE DE PARIS
LS 17 JUIH 1811;
DU DISCOURS POUR LE CONCILE (i)
Il serolt assez tiifBcilé de dire quel est le nom qu'il faut donner à ce concile. Est-ce un concile national de France et d'Italie , comme on Vappeloit alors? Est-ce même un concile y puisqu'il ne fut point approuvé du Pape , soit dans sa convocation , soit dans ses résultats ? C'est aux canonisâtes à discuter ce point , comme c'est à la postérité qu'il appartient de porter son jugement sur une assemblée si nom-
(i) Cette Préface est , pour le fond , de M. de Boulog;ne , et nous n'avons fait qu'en abréger un peu le commencement > et y ajouter quelques deVeloppemens à la fin.
Quant au discours , nous nous sommes fait iine loi de le publier tel qu'il fut prononcé alors. Peut-être quelques passages paroitront aujourd'hui deplace's, et quelques éloges excessifs. Il est de toute justice de se reporter aux circonstances où on e'toit alors. La crise étoit terrible ; M. de Boulogne crut sans doute ne pouvoir se dispenser de mêler quelques louanges aux choses fortes et hardies que lui arrachoient les malheurs de l'Eglise. Rien n'est si beau , par exemple , que le morceau où l'Orateur prbclame l'attachement profond et inalte'rablQ des e'yêques pour le saint siège. Ne pouvoit-on se faire pardonner ces courageuses protestations en brûlant quelques grains d'encens devant l'arbitre des destinées de l'Eglise et de l'Etat 7 II est facile aujourd'hui de blâmer ces éloges , et nous ne prétendons pas approuver également le discours dans toutes ses parties ; mais on y admirera, comme nous, de belles et grandes idées, et des traits d'éloquence dignes à la fois du talent de Forateur et du zèle d'un évêque. Enfin il faut se rappeler que ce discours 9 malgré quelques concessions , déplut extrêmement à Buonaparte, et fut une des premières causes de la disgrâce de Tévéque de Troyes. Cette seule considération ne .peut-elle pas adoucir la sévérité des critiques ? et les lecteurs sages et éclairés ne seront>ils pas disposés à juger le discours d'autant plus Êiyorabkment 9 que l'cimcini de la* religion s'en montra plus irrité 7
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breuse , lacjuelle ,~ quelque nom. qu'on lui donne et quelque idée que Ton s*en former n*en est pas moins un des événemens les plus împortans de l'histoire de TEglise dans ces derniers temps. Les irrégularités qu'offrit la tenue de celte assemblée sont sans doute moins imputables a ses membres qu'aux circonstances extraordinaires oii Ton se trouy oit alors» Les évêques purent n'y voir d'abord qu'un moyen d'amé-. lior^tiqn et de pacification , dans l'état pénible où étoit l'Église , et nous aimions nousmême à nous flatter de cet espoir , lorsque nous prêchâmes le discours d'ouverture ^ qui va pour la première fois être livré à l'impression.
Le lendemain de ce discours, Napoléon nous fit signifier, par une lettre ministérielle , l'ordre exprès de ne pas le faire imprimer, et les journaux reçurent aussi de la police défea-?se d'en rendre compte. A l'humeur que notre discours a voit causée à l'Empereur, se joignit le mécontentement que lui avoit fait éprouver la cérémonie de l'ouverture du concile. Cette cérémonie avoit été aussi pompeuse que touchante • la présence de tant d'évêques , la piété qu'ils montroient j^ la lecture de la profession de foi de Pie IV,et le serment que firent tous les évéques de se tenir attachés à cette foî,^ et de rendre au pontife romain une véritable obéissance ,' tput cela fut imposant , mais tout cela déplut excessivement à un homme ombrageux. Il vit avec dépit que le premier acte d'une assemblée , convoquée au fond contre le saint siège , fût une reconnoissance des droits de ce même siège. Dei\x mesures inattendues annoncèrent l'irritation de cet esprit allier. A la première congrégation générale , le 2Q juin, on fut tout surpris de voir arriver les deux ministres des cultes de France et d'Italie , qui prirent place à côté du président , et parurent d'honnêtes espions destinés à en? traver la liberté des suffrages. Le premier lut un message