PREMIÈRE PARTIE
Pour venger pleinement la divine Providence des
s SUR LA PROVIDENCE.
maux et des désordres qui régnent sous son empire, il suffiroit de remarquer que ces imperfections sont une suite inévitable du néant de notre nature; que, tout puissant qu'il est, Dieu n'a pas pu faire un ouvrage aussi parfait que lui 3 et qu'ainsi demander pourquoi tout n'est pas bien dans ce monde, c^est demander pourquoi la terre n'est pas le ciel , et pourquoi Fhomme n'est pas Dieu, Nous pourrions dire encore que ces désordres sont une suite natu* relie de notre liberté ; que la vertu eût été cliimé-* rique , si le mal eût été impossible , et qu'ainsi toute la cause de la Providence se réduit à cette question qui se résout par elle-même : Pourquoi Dieu a-t-il voulu que l'bomme fût capable de blâme ou de louange , de mérite , ou de démérite ^ de punition ou de récompense? Mais des raisons plus instructives et plus directes vont nous convaincre que l'état actuel des choses ne rend point témoignage contre la Providence , parce que tous ces objets de scandale qui BOUS révoltent, et que nous ne concevons pas, ne peuvent point eflfacer à nos yeux l'ordre évident que nous admirons et les traits d'une Providence^ que nous concevons clairement , première réflexion ; parce que ces désordres sont notre crime , et non Touvrage de la Providence , seconde réflexion ; parce que, de tous ces désordres , celui qui nous scandalise le plus est celui qui existe le moins, troisième réflexion ; appliquez-vous , Chrétiens , à les suivre et à les comprendre.
Qu'il y ait une Providence^ c'est une vérité aussi constante que l'ordre ravissant et l'adnairable éco-