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B0i9[)ie qui régnent dans cet univers. Si je la cheil*clie dans les cieux , ce jour destiné pour mon travail et cette nuit pour mon repos me l'annoncent à haute Toix^si j'interroge les nuées, leurs pluies salutaires et leur douce rosée se hâtent de me répondre 3 si je consulte les hahitans des airs, ils chantent tous sa vigilance paternelle ; si je la demande à la terre , ses plantes et ses fruits , ses fleurs si magnifiquement parées , ses fertiles campagnes et ses riches moissons s'empressent de m'instruire ; si je m'adresse à Tocéan , ses flots impétueux que brise un grain de sable me rendent témoignage 3 si je me contemple moi-même, tous ces ineffables ressorts qui me font agir, tous ces moyens miraculeux qui me conservent, la pu* blient éloquemment , et il n'est pas un de mes os , dit le prophète (ps. xxxiv, 10.), qui ne me la rende sensible ; si j'étudie les premiers mouvemens de la nature , ils me poussent invinciblement à l'invoquer dans mes besoins, ou à la bénir dans ses merveilles ; si je la suis dans tant d'évènemens, ces périls d'où elle a tiré la foibleisse comme Moïse , ou l'innocence comme Susanne^ me l'attestent visible- Hient;si j'interroge tous les siècles, ils me disent tous qu'ils l'ont crue j si enfin , m'élevant plus haut, je l'étudié dans 4a nature de Dieu même, elle me montre évidemment que celui qui a fait l'œil voit , que celui qui a fait l'oreille entend| et que celui qui a donné l'intelligence ne peut pas en manquer. Il est pour moi tout aussi démontré qu'il gouverne les hommes, qu'évident qu'il les a créés. Je vois sans ombre et sans nuage que l'admirable ouvrier
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qui a si bien perfectionné la construction de Fédifice, n'abandonne point au hasard cette famille immense qu il a faite pour Tbabiter. Je conçois que ce n'est poiot en vain que j'ai reça mon ame, et que, st tout a sa fin dans la nature , tout ne peut pas être un chaos dans les destinées humaines. Je sens enfin que Dieu ne sauroit être saint , s'il n'exige de nous aucune vertu; grand, s'il nous tient quittes de toute adoration ; sage, s'il m'a tiré du néant sans objet, pour m'y replotiger sans dessein; juste, s'il m'a donné une raison pour en abuser sans crime , ou pour la suivre sans mérite. Autant cette divinité distraite, et tristement oisive que se forge l'impici noircit mon imagination et révolte mon cœur^ autant un Dieu protecteur de la vie humaine sa« tisfait mon esprit et parle à mon amour. Ce Père universel que mes lumières me démontrent, mes désirs l'appellent; et il m'est tout aussi impossible de méconnoître son empire que de fermer mes yeux au spectacle des cieux , et ma conscience à Tinvincible sentiment qui la subjugue et la soumet.
Et maintenant que l'on vienne m'opposer quelques doutes , je m'en tiendrai toujours à l'évidence insurmontable de lempîre d'un Dieu qui m'investit de toutes parts; que l'on étale avec affectation tous les désordres de la terre , tant de vices sous un Dieu saint , tant de misères sous un Dieu bon, tant d'iniquités couronnées, tant de vertas dans le mépris , ils n'effaceront point à mes yeux tous ces miracles de sagesse qu'a prodigués le Créateur. En vain voudroit-on s'efforcer de découvrir des
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taches dans le tableau de l'univers , je ne cesserai point d'y voir les traits augustes qui réfléchissent la majesté d'une éternelle intelligence; en vain on montrera dans cette perspective des coups de pinceau qui paroissent n'avoir rien de suivi, j'en conclurai seulement que je ne suis point placé dans un jour favorable pour en saisir l'ensemble et en embrasser tous les rapports. Je pourrai bien être / arrêté par quelque nuage 3 mais , toujours convaincu que la Providence est derrière le voile , je ne le toucherai qu'avec crainte et respect; et content' d'admirer ce qu'il lui plaît me faire connoître , sans me mettre beaucoup en peine des ténèbres mystérieuses dont elle aime à s'envelopper, j'opposerai sans cesse non quelques difficultés à toute ma conviction , mais toute ma conviction aux vains soupçons d'une raison qui veut mesurer l'infini , et qui se perd dans un grain de sablé ; qui veut comprendre Dieu sans se concevoir elle-même.
Telle est, Chrétiens, la conduite que nous prescrivent envers la Providence les premiers principes d'une saine raison. Ce n'est point celle de l'homme téméraire» Semblable à ces enfans dénaturés qui épient leur mère pour lui surprendre quelques vices, dans rintentioa de pouvoir plus impunément méconnoître tous ses bienfaits, il se prévaut maligne* ment de quelque confusion dont il ne peut rendre liaison , pour douter d'une Providence à laquelle d'ailleurs tout est forcé de rendre hommage. II aime mieux se servir contre Dieu de quelques
désordres iaexplicables que de conclure en s^