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remède dans son excès même ; les bons obtiendront grâce pour les méchans, et fléchiront en faveur des coupables ce Dieu terrible , mais miséricordieux , qui ne frappe que pour guérir , et ne punit que pour sauver. Ce qui nous confirme dans un si doux espoir, c'est que , malgré cette corruption systématique et raisonnée qui se déborde , comme un torrent , la foi chrétienne s'illustre chaque jour , et fait sur le mensonge et sur l'erreur de nouvelles conquêtes j c'est qu'à travers tous les outrages que reçoit chaque jour la religion , au milieu de tous les malheurs qu'elle éprouve , de toutes les pertes qu'elle fait , on la voit honorée par les plus grands exemples, par les plus héroïques vertus , par les conversions les plus éclatantes ; c'est que , parmi tous les scandales dont nous sommes témoins , nous n'en voyons pas moins de pieux établissemens s'élever partout à travers mille obstacles , et s'affermir p9r les obstacles mêmes ; partout les écoles chrétiennes sortent victorieuses de la persécution , et le pauvre reçoit la seule instruction qui lui convient; partout enfin se forment ces honorables confraternités , rivalisant entre elles de zèle , dirons-nous de passion? pour faire le bien , et se disputant à qui remportera la palme des bonnes œuvres.
Autrefois on jouissoit de, la religion comme d'un bien dont la conservation nous étoit assuré , on n'en connoissoit pas assez tout le prix ; c'étoit le bien de la santé qu'on n'apprécie parfaitement qu'après l'avoir perdu : aujourd'hui elle nous
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devient d'autant plus chère et plus précieuse , que j ne ]a possédant plus que d^une manière précaire , nous craignons encore de perdre jusqu'à ses derniers restes , et nous nous attachons à la faire d'autant plus régner dans nos mœurs , qu'elle règne moins dans nos lois et dans nos institutions.
Autrefois on insultoit à notre zèle, quand du haut des chaires chrétiennes nous annoncions tous les malheurs que devoit entraîner la perte de la. foi ; aujourd'hui les faits parlent trop haut et ont trop confirmé ngs sinistres présages \ soutenues par les événemens et renforcées par l'expérience, nos instructions ont plus de poids et plus d'autorité , et on est d'autant plus disposé à nous entendre, que l'on a été plus ardent. à nous ac* cuser et à nous contredire.
Autrefois il étoit très-possihle qu'on ne défendit la religion que par intérêt, par vanité,, par ambition , par politique ; aujourd'hui^on ne peut plus l'aimer que poujr elle-même , et dégagés de tout motif humain , les hommages qu^on lui rend ne s'adressent qu'à la beauté de sa morale , à la ' sainteté de son culte , à la magnificence de ses promesses. Comme on ne peut plus la pratiquer que par devoir et par conviction , on ne peut plus la défendre que par admiration et par res-i^ pect, par sentiment et par reconnoissance.
Enfin , autrefois on pouvoit croire à l'hypocrisie religieuse , et au besoin , pour quelques' eprits , d'emprunter le masque d'une piété réelle; au jourrà'im en ne peut plus servir Dieu que pou;* lu>^
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même et pour la gloire de son nom^ Quels hypocrites pourroit-il y avoir encore? à moins qu'on ne parle des hypocrites de la liberté à laquelle ils ne croient pas 9 des hypocrites de riiumanitéqui ne brille que sur Içurs lèvres, des hypocrites de la bienfaisance qui ne vit que dans leurs écrits^ des hypocrites de la modération qu^ils défendent avec fureur, des hypocrites de la tolérance dont ils ne veulent que pour eux , des hypocrites du bonheur public qu'ils ne voient que dans leur bien-être particulier, enfin ^ des hypocrites des nouvelles lumières qui mesurent les progrès, que fait la raison par ceux que fait leur fortune, •
Ainsi tout est admirablement compensé dans les oeuvres de la divine Providence , qui sait tirer du mal et de la mort même tout ce qui peut nous rendre et au bonheur et à la vie. Ainsi tout tourne à bien dit l'apôtre (rom. viii, 28.), à ceux qui craignent le Seigneur; et jamais on n'a mieux senti la vérité de cet autre oracle , qu'il est nécessaire que les désordres et les scandales arrivent ( MATTH. xvni 5 7. ) , puisqu'ils ne servent qu'à rendre la foi plus vive, le zèle plus ardent, la charité plus active et plus courageuse : semblables à ces éruptions des volcans d'où sortent des tourbillons de cendres et de fumée qui fécondent ces mêmes champs qu'ils désolent et qu'ils épouvantent, ou à ces sombres nuages qui renferment à la fois et la foudre qui embrase les forêts , et la pluie qui arrose les prairies et qui fait prospérer les moissons.
C'est surtout en ce jour , que. deviennent frap-