‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 48 sur 51 · R ^^ SACRE · texte numérisé non relu

R ^^ SACRE

dure jamais plas qu'avec l'iiérédité des trônes ! Aveugles , qui ne voient pas que la perpétuité des familles royales est ce qui attache le plus les peuples aux souverains , comme les souverains aux peuples , et que cette légitimité , qui ne meurt jamais, est la plus grande force qui puisse être donnée au pouvoir, et la plus sure garantie de la dignité des couronnes, de la paix des nations et de la durée des empires !

O est par moi que les rois régnent. Par là est condamnée et proscrite à jamais cette doctrine irréligieuse et antisociale de la souveraineté du peuple , principe destructeur de toute souveraineté , de toute légitimité , de toute fixité et de toute perpétuité j système qui ne connoît riea d'inviolable ni de sacré , que la volonté changeante et capricieuse de la multitude ; doctrine véritablement antifraoçaise , et avec laquelle la cérémonie du sacre, qui convient si bien à un roi , considéré sur la terre comme le réprésentant de la Divinité , deviendroit étrangère et inapplicable à un roi qui ne seroit que le représentant du peuple souverain. Qui donc ne sent pas l'inconséquence , disons plutôt la dérision qu'il y auroit à répandre l'onction sainte sur un roi que Dieu ne couronneroit pas , et sur le front duquel il n'iraprimeroit pas un rayon de sa gloire an le déclarant son ministre et l'homme de sa droite ( i ) ?

(i ) Voilà pourquoi les partisans du système révolutionnaire ne sont toujours montrés les ennemis de cette auguste cérémo-

C'est par moi que les rois régnent; mais l'Es-prit sainte ajoute une autre vérité qui est la con* séquence de la première : et éest par moi que les législateurs font des lois équitables^ Oracle remaquable \ que le siècle ne sauroit trop enten^ dre , et qui nous avertit que si sans Dieu il n'y a point de puissance , il n'y a pas de justice non plus sans. Dieu , et que vouloir la justice sans reconnoître Fauteur de toute justice , c'est vouloir

nie. A peine le monarque que nous pleurons a voit -il annoncé son sacre, que les philosophes, qui donnoient alors le ton dans la société , s'élevèrent contre cette inauguration religieuse qu'ils présentoient comme un gothique usage et une mysticité surannée, indignes des progrès de Tesprit humain. Pour peu qu on soit instruit dans les aâfaires du temps , on sait qu'il ne tint pas à eux que l'infortuné Louis XVI ne fut pas sacré, et qu'ils employèrent à cet égard toutes leurs manœuvres^ Des dépositaires mêmes du pouvoir firent tous leurs efforts pour insinuer leurs idées au monarque; ils lui répétolent que la royauté étoit indépendante du sacre ; ce que tout le monde sa voit aussi bien qu'eux, et ce que l'Église n'a jamais contesté ; ils lui montroient , dans cette cérémonie , un acte de vassalité envers le clergé ; et, s'il avoit fallu les en croire, on eût regardé ee même sacre, qui ennoblit et sanctifie la royauté, comme un attentat à la royauté même. Il n'y eut pas même jusqu'au goût de ce vertueux prince pour l'économie et la simplicité , qu'ils essayèrent d'employer pour l'entraîner et le séduire. Hélas! qui auroit pu alors prévoir le sort de ce monarque infortuné, et s'attendre qu'il devoit sitôt être sacré, non-seulement comme roi, mais encore comme martyr, et attester par son immolation que le plus grand malheur qui puisse arriver à un prince n'est pas sans doute d'être vassal de la Divinité et enfant de TÉglise , wais vassal H^ &iis sujets et mandataire de son peuple ?

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